10 courts-métrages qui sont devenus des longs-métrages

Qu’il soit tourné avec l’intention d’obtenir l’attention et le support financier des producteurs ou simplement pour raconter une histoire dans un format concis ou abordable, le court-métrage permet souvent à des réalisateurs moins connus de faire leurs premières armes derrière la caméra. Le destin de chacun de ces petits films est bien sûr aussi différent que celui des cinéastes qui les ont imaginés, mais en voici 10 qui sont devenus des longs-métrages. 

 

1. Frankenweenie

Frankenweenie

 
Accusé d’avoir gaspillé les ressources du studio en réalisant un film beaucoup trop sombre pour le jeune public auquel il était destiné, le court-métrage Frankenweenie a valu à Tim Burton de perdre son emploi chez Disney en 1984. Preuve que les mentalités ont évoluées, c’est le même Disney qui produira le remake de 2012. En dehors de leurs nombreuses ressemblances, les deux versions comportent une différence majeure. Celle des années ’80 met en vedette des comédiens en chair et en os (et un vrai Franken-toutou), plutôt que des marionnettes animées.  
 

2. Sky Captain and the World of Tomorrow

Sky Captain and the World of Tomorrow
Kerry Conran a créé les six minutes de The World of Tomorrow à l’aide d’écrans verts installés chez lui et d’un ordinateur personnel Macintosh IIci. Cette vision d’un 1939 alternatif où des robots géants attaquent la ville de New York a surtout impressionné par la qualité de ses visuels rétro futuristes. Suite au visionnement, le producteur Jon Avnet et le comédien Jude Law se sont impliqués financièrement dans le projet de long-métrage. Sky Captain and the World of Tomorrow n’a malheureusement pas eu le succès escompté en salles, et depuis, Conran est retourné au court-métrage.
 
 

3. Saw

Saw

 
En 2003, deux étudiants australiens réalisent un film de neuf minutes et demie dans lequel un énigmatique personnage kidnappe une victime et la force à participer à un « jeu » impliquant un piège ingénieusement mortel. Le cinéaste James Wan et l’auteur/comédien Leigh Whannell étaient loin de se douter que leur modeste création, intitulée Saw, allait se transformer en une franchise comptant pas moins de sept longs-métrages et deux jeux vidéo, donnant naissance à une branche du cinéma de genre qualifiée de « torture porn ».
 
 

4. Sin City

Sin City

 
Frank Miller n’a pas tellement apprécié son expérience sur Robocop 2, au point de reprendre ultérieurement la version originale de son scénario dans une série de bandes dessinées. Il n’était donc pas très chaud à l’idée de vendre les droits de Sin City pour une adaptation au grand écran. Dans le but de convaincre l’artiste que l’univers et la facture graphique de son œuvre seraient fidèlement respectés, Robert Rodriguez tourne alors un prototype de trois minutes, basé sur le récit « The Customer Is Always Right ». Le test a manifestement été concluant, puisqu’il se retrouve tel quel en ouverture du film.
 
 

5. 9

9

 
Il aura fallu plus de quatre années pour finaliser la première mouture du film d’animation 9. Le court-métrage s’est retrouvé en nomination aux Academy Awards en 2006, et s’il n’a pas remporté de prix cette année-là, il a quand même piqué la curiosité d’un certain Tim Burton. Séduit par ce conte sur l’âme et son esthétique post-apocalyptique, Burton offre à Shane Acker de produire un long-métrage mettant en vedette le héros en tissu de jute. Malgré un côté plus « artisanal », plusieurs cinéphiles disent préférer la version originale de onze minutes.
 
 

6. Machete

Machete

 
Dans le programme double Death Proof / Planet Terror, Robert Rodriguez et Quentin Tarantino ont poussé l’hommage au cinéma grindhouse jusqu’à inclure quelques bandes-annonces pour des films fictifs « prochainement à l’affiche ». La parodie visait tellement juste que certains sont devenus réalité, dont Machete. Cette farce d’action digne de l’âge d’or des cinéparcs n’a pas dit son dernier mot, puisque Danny Trejo reprendra le rôle du federale mexicain dans Machete Kills et Machete Kills Again.
 
 

7. Excision

Excision

 
Cette œuvre dérangeante, que certains qualifient de croisement entre John Hugues et David Cronenberg, n’était à l’origine qu’une production étudiante. Après avoir récolté 24 prix lors de la tournée des festivals, Richard Bates Jr. a finalement trouvé assez de support pour faire d’Excision un long-métrage. Le cinéaste en a profité pour bonifier la distribution au passage, recrutant des acteurs comme Malcom McDowell, John Waters, Traci Lords, et la comédienne de la série télévisée 90210, AnnaLynne McCord, méconnaissable dans le rôle de Pauline, l’adolescente aux fascinations médico-érotiques.
 

8. 12 Monkeys

12 monkeys

 
La même personne signe habituellement la version courte et longue d’un film, mais il existe des exceptions. Les voyages dans le temps dépeints par 12 Monkeys sont librement inspirés de ceux de La Jetée de Chris Marker. Terry Gilliam a réussi à s’approprier l’œuvre expérimentale de 1962, qui se présente sous la forme d’un diaporama photo en noir et blanc, tout en conservant l’esprit original du court-métrage de science-fiction. Étonnamment, Gilliam n’avait jamais vu le classique avant de s’attaquer au remake
 
 

9. District 9

District 9
 
Neill Blomkamp a signé de nombreux courts-métrages, dont trois prenant place dans l’univers des jeux vidéo Halo. Il devait réaliser un blockbuster basé sur la franchise, mais lorsque le projet s’est perdu dans les méandres juridiques, le producteur Peter Jackson lui a plutôt proposé de faire un long-métrage à partir de son Alive In Joburg. Dans ce faux documentaire de 2005, Blomkamp introduit en six courtes minutes des extraterrestres qui vivent dans la pauvreté extrême d’un bidonville sud-africain, une allégorie sur l’Apartheid qui jetait les bases du film District 9.
 
 

10. The Evil Dead

Evil Dead

 
Lorsqu’ils ont tourné Within the Woods en 1978 avec des caméras super 8 et un mirobolant budget de 1600 dollars, Sam Raimi et Bruce Campbell ne visaient pas le grand public. Ce « démo » projeté une seule fois en salle n’avait pour but que de trouver du financement pour un long-métrage. Le prototype ébauche plusieurs idées qu’on retrouvera dans The Evil Dead, mais avec son côté brouillon, ses excès d’hémoglobine et son humour involontaire, il fallait vraiment être visionnaire pour investir dans ce projet, qui deviendra pourtant l’un des plus grands classiques du cinéma d’horreur. 
 
 

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