12 (autres) jeux de société à ajouter à sa collection

par François Dominic Laramée le 10 septembre 2012

Je vous présente quelques jeux de société geek à la fois relativement courts, faciles à expliquer, et basés sur des thématiques assez fortes pour intéresser même des non-joueurs. En complément d’information, en voici d’autres qui s’adressent à des joueurs plus «avancés» ou à un public plus spécialisé.

1960 - Kennedy contre Nixon

Kennedy contre Nixon
 
Croyez-le ou non, il s’agit bel et bien d’une simulation de la campagne électorale américaine de 1960. Tout un thème pour un jeu de société! Outre son aspect historique, ce qui rend ce jeu particulièrement efficace, c’est que les cartes que l’on accumule peuvent servir de multiples façons totalement différentes selon qu’on les utilise pendant les semaines de campagne, pendant les débats télévisés, ou pour influencer d’autres paramètres de l’élection. Il faut donc tenter de prévoir si une carte X, qui pourrait nous donner un modeste avantage immédiatement, ne serait pas plus utile plus tard dans un autre contexte... Quitte à tout perdre si la stratégie de l’adversaire devait rendre la nôtre caduque. 
 
Notez qu’il s’agit d’un jeu qui ne se joue qu’à deux et que les mécaniques à employer varient énormément d’un tour à l’autre; attendez-vous à ce que la première partie ne soit guère plus qu’une exploration des règles.
 

Airlines Europe

Airline Europe

Ce jeu d’investissements et de construction dans lequel tous les joueurs développent des routes aériennes commerciales et tentent de s’approprier les profits de chacune d’entre elles, peu importe qui a contribué quoi à leur établissement, à été l’une de mes plus belles découvertes de l’année jusqu’ici. 
 
Pas étonnant quand on pense que son auteur, Alan Moon, a aussi conçu l’indémodable Les Aventuriers du Rail. Mais si quelques mécaniques d’Airlines Europe rappellent ce classique, il s’agit tout de même d’une expérience tout à fait différente et significativement plus complexe. Ne vous laissez pas tromper par les jolis petits avions en plastique; il y a matière à réflexion! 
 

World of Warcraft: le jeu de plateaux

World of Warcraft

Deux équipes de 1 à 3 personnes, représentant la Horde et l’Alliance, s’affrontent pour l’honneur de faire la peau à un superméchant choisi parmi une sélection d’ennemis diaboliques. En chemin, les héros devront accomplir une variété de quêtes, monter de niveau, accumuler des objets magiques, etc. 
 
Le système de combat est relativement simple: avec l’expérience, on accumule un certain nombre de dés de trois types (attaque, défense, polyvalent) que l’on pourra utiliser pour affronter ses ennemis. Il y a aussi beaucoup, beaucoup de matériel d’excellente qualité: une bonne centaine de figurines de monstres et de héros, des cartes à n’en plus finir, etc. Et on peut assez facilement modifier les règles pour jouer en solo ou en mode 100% coopératif. Mais attention: prévoyez au moins 4 heures pour les premières parties, et sachez que pas mal toutes les quêtes sont du genre «allez ici, tuez tout ce qui bouge, ramassez les trésors, recommencez». Il est donc probable que votre conjoint(e) vous fasse les gros yeux si vous proposez de sortir ce jeu quand sa famille viendra souper...
 

Alhambra

Alhambra
 
Voici un jeu qui aurait fort bien pu se retrouver dans ma liste télévisée puisqu’il est relativement simple et que plusieurs personnes à qui je l’ai fait essayer ont décidé de l’acheter tout de suite après. 
 
On y achète des tuiles représentant des édifices d’un palais, que l’on assemble un peu à la manière d’un puzzle puisque l’on ne peut ajouter une tuile à son palais que si ses murs correspondent à ce qui s’y trouve déjà. Pour acheter ces tuiles, on doit collectionner des cartes qui représentent 4 types de monnaies médiévales; l’idéal est de pouvoir payer une tuile avec le montant exact requis puisque dans ce cas-là on peut rejouer immédiatement. On marque des points en construisant, dans son palais, plus de tuiles d’une couleur particulière que les autres joueurs.
 
Il existe aussi plusieurs expansions pour Alhambra, mais je ne crois pas qu’elles soient nécessaires.
 

L’Âge de Pierre

L'âge de pierre
 
Dans la catégorie dite: «Jeu de placement d’ouvriers», L’Âge de Pierre constitue probablement l’un des meilleurs compromis entre la simplicité, la variété des stratégies, et la rapidité d’exécution. On y joue le rôle d’une tribu d’hommes préhistoriques qui doivent développer leur village en accumulant des ressources, en construisant des huttes, en développant l’agriculture et quelques outils scientifiques de base, etc. Tout ça, avec du matériel magnifique - sauf l’espèce de gobelet en cuir pour brasser les dés, qui dégage une odeur pestilentielle.
 
Notez que L’Âge de Pierre est aussi agréable à deux qu’à quatre, ce qui n’est pas aussi fréquent qu’on le souhaiterait.
 

Smallworld

Smallworld

Un territoire trop petit sur lequel s’entredéchirent des elfes, des zombies et des magiciens, on a déjà vu ça. Mais dans Smallworld, chaque joueur devra probablement contrôler deux ou trois espèces différentes en cours de partie puisque les empires surgissent de nulle part, installent leurs hégémonies et dégénèrent vers la décadence à une vitesse folle. Ajoutez à cela le fait que l’on crée de nouvelles races à jouer à chaque partie, en combinant une espèce «de base» avec un trait génétique particulier (ex.: les Nains «Marins» ont le droit de coloniser les lacs) et vous obtenez une rejouabilité exceptionnelle... À condition de ne pas trop se formaliser d’avoir assez peu d’options stratégiques, hormis le choix du moment où changer d’empire. Disons qu’il s’agit d’un jeu de stratégie plus léger que la moyenne.
 

Glenn Drover’s Empires: The Age of Discovery

Age of Empires

Voici maintenant mon jeu de société favori, toutes catégories confondues, depuis des années. Autrefois connu sous le nom de «Age of Empires III» (et peut-être encore trouvable sous ce nom quelque part), ce jeu n’avait pourtant pas grand-chose à voir avec le RTS du même nom - ce qui explique sans doute pourquoi la nouvelle édition abandonne la licence. Il s’agit d’un autre jeu de placement d’ouvriers dans lequel on développe un empire colonial au Nouveau Monde par l’exploration, la migration, le commerce, la construction d’édifices, etc. Une expérience plus complète que L’Âge de Pierre, mais qui requiert un peu plus de temps de jeu, surtout à plusieurs.
 
Notez que l’expérience varie énormément selon le nombre de joueurs, mais en restant toujours très agréable: à 2, on développe des empires immensément riches et complexes, tandis qu’à 5, la lutte est très, très vive et on explore le monde beaucoup plus vite tout en étant forcés de se spécialiser dans un domaine ou deux. Avis aux belliqueux: les guerres sont présentes, mais rares et coûteuses - je ne crois pas qu’il soit possible de gagner en se fiant à ses gros bras.
 

Le Seigneur des Anneaux (de Reiner Knizia) 

Seigneur des anneaux

Mon favori dans la catégorie «Jeu coopératif»: on y joue les rôles des Hobbits qui tentent d’aller détruire l’anneau de Sauron à Mordor, et il ne faut pas avoir peur de se sacrifier (parfois littéralement) pour permettre à un coéquipier d’accomplir la quête. Un excellent choix pour ceux qui trouvent que Pandémie est un peu trop limitatif et/ou trop court.
 
Le jeu se divise en chapitres (Moria, Mordor, Tanière de Shelob, etc.) qui requièrent tous des tactiques légèrement différentes. Il faut aussi savoir quand investir ses précieuses ressources et quand encaisser un vilain coup pour le bien commun. Seul problème à mes yeux: les victoires sont rares. L’expansion «Friends and Foes» permet d’ajouter une nouvelle façon de gagner qui permet d’éviter certaines frustrations, mais qui dénature un peu l’expérience de jeu.
 

Mégawatts

Megawatt

Électrifier le Québec ou la France en construisant et en alimentant des centrales, ça vous dirait? C’est la thématique un peu bizarre de Mégawatts, un très bon jeu de stratégie rempli de mécaniques inhabituelles, qui repose sur la manipulation des marchés des ressources. 
 
Attention: pour avoir du plaisir à Mégawatts, il faut être prêt à faire un certain effort de calcul mental et à supporter du matériel franchement pas très joli. Mais le jeu en vaut la peine.
 

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

 
Une expérience unique que ce jeu basé sur la télésérie d’il y a quelques années. On y joue les rôles des survivants humains qui doivent s’évader de la poursuite des Cylons en coopérant le mieux possible... Sauf qu’il y a au moins un Cylon caché parmi nous, peut-être plus. Et certains Cylons ne savent pas qu’ils sont des Cylons avant le milieu de la partie. Il est donc tout à fait possible d’être forcé de changer de camp en plein milieu du match, ce qui fait qu’on fait mieux de ne pas «trop bien» jouer lors des premiers tours! Et en plus, le jeu est conçu pour que la plupart des actions puissent être «mal interprétées» et pour qu’un joueur habile puisse presque toujours faire passer le blâme pour ses mauvais coups (ou pour ses erreurs) sur un autre joueur ou sur le hasard. Le climat de paranoïa qui s’ensuit est franchement indescriptible!
 
Malheureusement, les mécaniques de jeu autres que les accusations mutuelles de traîtrise ne sont pas particulièrement inspirées. Et il se pourrait qu’une partie très animée cause quelques chicanes de couple. (Fait vécu.)
 

Battle Lore

Battlelore

 
Un excellent jeu de guerre tactique de fantaisie basé sur des figurines, Battle Lore impose des choix déchirants aux «généraux» puisque les cartes que ceux-ci détiennent dans leurs mains déterminent le nombre et le type d’unités militaires qui ont le droit d’agir lors d’un tour donné. Avec un peu de chance et de prévoyance, on peut planifier un piège mortel... Mais si jamais notre meilleure cavalerie se retrouve coincée quelque part et qu’on ne possède aucune carte susceptible de lui permettre de bouger, on ne peut que souffrir en silence et espérer que le vent tourne plus tard.
 
Battle Lore n’est pas un «wargame» traditionnel, en ce sens qu’il faut être prêt à accepter un degré de hasard relativement élevé pour en profiter. Sachez aussi qu’il existe aussi une multitude d’expansions si jamais vous venez à bout d’épuiser les possibilités de tous les scénarios du jeu de base.
 

Agricola

Agricola

 
Difficile à croire, mais ce jeu dans lequel on développe une ferme de l’Ancien Régime est absolument passionnant. On commence la partie avec deux fermiers et une cabane de bois; notre objectif consiste à développer notre lopin de terre en labourant des champs, et plantant légumes et céréales, en bâtissant des enclos, en agrandissant la maison et la famille, et en élevant des animaux... Tout en n’oubliant pas de nourrir notre marmaille de temps en temps!
 
Ce qui fait la force d’Agricola, c’est qu’on a presque toujours l’impression qu’il nous manque «juste un personnage» ou «juste un tout petit bout de bois» pour accomplir tout ce qu’on veut, ce qui nous force à faire des choix déchirants... Surtout que chaque action ne peut être accomplie que par un seul joueur lors d’un tour et que la lutte pour les actions les plus convoitées est très intense. Du bonbon!
 

Et le prochain sur ma liste: Richelieu

 
Il y a quelques années, je faisais partie du jury d’un concours qui a décerné à Richelieu, une création du Québécois Olivier Lamontagne, son premier prix. Le jeu a beaucoup évolué depuis l’époque de ce prototype aux règles à la fois très originales et extraordinairement simples (elles tenaient en une page) alors j’ai très hâte de voir de quoi le produit fini aura l’air... Et ça tombe bien, puisqu’il vient d’arriver dans les boutiques il y a quelques jours.
 
Voilà; je pourrais continuer encore longtemps, mais je crois que ça suffit pour aujourd’hui! ;-)