12 questions aux vedettes de la série Defiance

par Caroline Cloutier le 8 janvier 2015

Lors du Comic Con de New York, les fans de Defiance ont pu en apprendre davantage sur leur émission préférée, lors d’une session de questions et réponses en présence du producteur et réalisateur Michael Nankin et des comédiens Jaime Murray, Julie Benz, Grant Bowler et Stephanie Leonidas. Voici les moments forts de l’événement.

 

Je ne peux m’empêcher de remarquer que vous avez tous des accents très différents. Comment cette diversité s’est-elle prêtée au monde de Defiance, où humains et extraterrestres doivent cohabiter?

Grant Bowler : Defiance dépeint une ville où chacun est un immigrant. En plus de provenir d’ethnicités variées, une bonne partie des habitants vient carrément d’une autre planète! Ils possèdent tous leurs propres références culturelles et religieuses. À mon avis, le fait que la distribution soit composée d’acteurs de multiples nationalités contribue à donner plus de crédibilité à cet univers. En tant que comédiens, nous avons des approches différentes, nous venons de pays différents, et ça fonctionne bien dans le cadre de l’émission.

 

Julie Benz de la série Defiance lors du ComicCon de New York

Le plateau de Defiance est massif, avec ses maisons, ses commerces. Est-il plus facile de se mettre dans la peau de son personnage avec des décors d’une telle ampleur?

Jaime Murray : Ça me rappelle la fois où Stephanie a voulu magasiner au marché…

 

Stephanie Leonidas : Je savais bien que quelqu’un allait parler de ça (rires)… C’était durant les tout premiers jours, et je pensais que la production s’était installée à côté de véritables boutiques. Je me suis dit qu’il y avait des trucs vraiment cools dans ce marché… Jusqu’à ce qu’on m’explique que ça faisait partie des décors (rires).

 

Grant Bowler : Elle me demande : « Grant, est-ce que tu as aperçu ce marché juste à côté du plateau de tournage? Il est rempli de gens en train d’acheter des légumes ». Je lui ai répondu : « Les légumes sont en plastique et ces gens sont des figurants. Reste ici, et ne t’éloigne pas trop de papa » (rires). Comment ne pas aimer Stephanie Leonidas? C’est la seule femme au monde capable d’être séduisante avec un gros front rouge en latex (rires). Il faut lui accorder ça (rires).

 

Les vedettes de la série Defiance lors du ComicCon de New York

Jaime et Stephanie, à quel moment avez-vous appris que vous alliez devoir porter des prothèses et du maquillage?

Jaime Murray : J’ai vu des esquisses du look des personnages, et je me souviens avoir trouvé le concept de Stahma très intéressant dès le départ. Manifestement, j’ai de longs cheveux noirs, et je me suis demandé comment ils allaient procéder pour les blanchir. Puis, j’ai appris qu’on allait simplement me peindre en blanc, et mettre une perruque sur ma tête. Ça prend environ deux heures chaque matin.

 

Ça paraît raisonnable pour une telle transformation…

Julie Benz : C’est le temps que ça me prend pour me maquiller (rires). Pas me couvrir de blanc de la tête au pied, juste pour un maquillage de beauté (rires). Jaime, pourrais-tu dire que ça prend plutôt trois heures?

 

Jaime Murray : Donc, comme je le disais, ça prend trois heures et demie chaque matin pour me transformer (rires)… Lorsqu’on tourne des scènes de bain, j’ai cinq maquilleurs qui me collent au derrière. Ils sont littéralement collés à mon derrière (rires). Ils tournent autour de moi avec leurs petits pinceaux, et appliquent des retouches sur mon corps entre chaque scène…

 

Julie Benz : Ils aiment beaucoup leur travail (rires)…

 

Grant Bowler : On a vu des gens qui ne bossent même pas sur l’émission venir lui faire des retouches (rires)… J’ai vendu des passes pour prendre la place du cinquième maquilleur. Pour 500$, vous pouvez brosser le corps de Jaime Murray avec un petit pinceau (rires)… Elle ne se doute de rien, elle s’en fout (rires).
 

 

Les vedettes de la série Defiance lors du ComicCon de New York

Defiance contient des personnages féminins forts, et bon nombre de femmes s’identifient à l’émission. Est-ce que c’est un phénomène unique en science-fiction?

Julie Benz : C’est le dynamisme des personnages féminins qui m’a séduit lorsque j’ai lu le scénario. Il n’y a pas de rôle du type « mère-épouse-victime » dans la série. Est-ce que c’est unique en science-fiction? Bien sûr que non, mais c’est plus fréquent.  C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je joue dans des productions de ce genre depuis de nombreuses années. Ça permet aux actrices d’interpréter des rôles aussi complexes que leurs alter ego masculins, sans que l’emphase ne soit mise là-dessus pour autant. La science-fiction permet aux femmes de simplement exister sur un même pied d’égalité que les hommes.

 

Jaime Murray : Les thèmes abordés par la science-fiction sont épiques, mais les protagonistes évoluant à l’intérieur de ces univers se doivent d’être à la hauteur des thèmes. Voilà pourquoi on se retrouve avec des personnages aussi forts, et des relations beaucoup plus intéressantes.

 

Michael Nankin : En plus, avec l’arrivée des extraterrestres, la population humaine accorde beaucoup moins d’importance au sexe, à la race… Ces distinctions s’évaporent rapidement quand des créatures d’une autre planète débarquent! 

 

Grant Bowler : Pour être honnête, avec plusieurs de ces extraterrestres, il est difficile de différencier un homme d’une femme (rires). Mon personnage passe beaucoup de temps à simplement essayer de discerner s’il est en présence d’un homme ou d’une femme (rires). À partir de ce moment, le sexisme prend le bord, puisqu’on ignore le sexe de la personne à qui on a affaire (rires).

 

Grant Bowler de la série Defiance lors du ComicCon de New York

Michael, jusqu’à quel point avez-vous développé la culture des différentes espèces votanes?

Michael Nankin : Après avoir été plongé là-dedans durant une année et demie, je dirais qu’on s’y connaît pas mal (rires). Je sais instinctivement comment un Irathien réagira, peu importe la situation. Toute l’équipe a approfondi sa connaissance des différentes races extraterrestres. Je discutais avec David Peterson, qui s’occupe de traduire les répliques de l’émission dans les nombreux dialectes votans. Il n’a même plus besoin de consulter son vocabulaire de référence tellement il maîtrise ces langues! Il peut traduire de l’anglais à l’irathien de mémoire maintenant.

 

Grant Bowler : On doit apprendre la langue de plusieurs races extraterrestres qui n’existent même pas au cours de la série. C’est une compétence qui, une fois le tournage terminé, n’a absolument aucune utilité dans la vraie vie (rires). Sauf peut-être quand on vient au ComicCon (rires).

 

 

Combien de saisons sont prévues, et est-ce que les acteurs savent ce qui arrivera à leurs personnages, ou s’ils l’apprennent épisode par épisode?

Michael Nankin : On ignore ce qu’on va tourner le jeudi (rires). Sérieusement, on développe présentement des idées pour les troisième et quatrième saisons. Oui, on est optimistes (rires). On ajoute quand même toujours des trucs en cours de route, même si on respecte les grandes lignes du plan qu’on a élaboré. Parfois, quelque chose survient sur le plateau qui nous donne une idée, et on modifie le scénario en conséquence.

 

Les vedettes de la série Defiance lors du ComicCon de New York

Est-ce que l’écriture de la deuxième saison a été plus facile, maintenant que l’univers est bien établi?

Michael Nankin : Il y a un certain facteur de confort, mais on considère la première saison un peu comme un tremplin. On a appris énormément sur la manière de réaliser l’émission, la façon dont les personnages interagissent les uns avec les autres, mais plutôt que de rester dans notre zone de confort, on essaie de se mettre constamment au défi, et de lever la barre encore plus haute à tous les niveaux, autant des costumes, de la direction photo, des décors et des performances, que des scénarios. On ne veut surtout pas devenir confortables.

 

Grant Bowler : Seulement au niveau des costumes, les fans de l’émission seront éblouis par ceux de la seconde saison. Les artistes se sont définitivement surpassés, et leurs costumes sont absolument épiques.

 

Jaime Murray : On a créé un monde à la fois étrange et magnifique dans la première saison. On a donné une facture réaliste à l’ensemble, tout en conservant l’originalité et la créativité d’un univers de science-fiction. Parfois, en tant qu’artiste, on fait quelque chose, et on se croise les doigts pour que ça fonctionne. La première saison nous a permis de voir ce qui marchait, et de prendre de l’assurance. Si vous avez trouvé la première saison étrange, attendez de voir la deuxième! Les choses deviennent vraiment bizarres…

 

Les vedettes de la série Defiance lors du ComicCon de New York

Verrons-nous un côté plus noble de Datak après les événements de la première saison, ou restera-t-il aussi détestable?

Jaime Murray : On risque de voir les deux côtés de Datak. C’est dans sa nature de se battre, mais ce ne sera pas suffisant cette saison-ci. Il devra trouver de nouvelles méthodes d’action qui vont à l’encontre de ses traditions, et c’est très divertissant de le voir aux prises avec ce conflit qui le déchire. J’ai tellement de plaisir à travailler avec Tony Curran, c’est un homme merveilleux. C’est drôle, il est détestable à souhait dans la série, mais c’est l’homme le plus gentil que je ne connaisse. J’aime beaucoup travailler avec lui. 

 

Grant Bowler : C’est un amour. Il est comme la version celte de Mrs. Doubtfire (rires).

 

Julie Benz : Je ne comprends jamais un seul mot quand Tony parle (rires).

 

Les vedettes de la série Defiance lors du ComicCon de New York

Qu’est-ce qui vous a interpelé dans Defiance en tant qu’acteurs?

Stephanie Leonidas : Je le répète souvent, mais ce que j’apprécie le plus de Defiance, c’est que l’émission ne met pas en vedette des extraterrestres auxquels personne ne peut s’identifier. Au contraire. Lorsque j’ai lu le scénario, j’ai pensé que tous les téléspectateurs pourraient s’identifier au drame humain qu’ils traversent, même s’ils viennent d’une autre planète. Cet aspect est encore plus présent dans la seconde saison. Donc, il n’était pas question de simplement jouer un extraterrestre, mais bien de jouer un extraterrestre avec de la substance. C’est ce qui m’a attiré dans le rôle.

 

Jaime Murray : Avant même de débuter le tournage, au moment des lectures de groupe, Michael a dit quelque chose qui m’a marquée. Il a dit : « Examiner la vie de ces extraterrestres nous permet de jeter un regard nouveau sur l’humanité », et je pense que c’est ce qui ressort de la série.

 

Les vedettes de la série Defiance lors du ComicCon de New York

Est-ce qu’on peut dire qu’en général, la deuxième saison de Defiance est plus sombre que la première?

Julie Benz : Beaucoup plus sombre!

 

Grant Bowler : La première saison portait surtout sur la ville de Defiance, et l’introduction de ce monde unique. Dans la deuxième, on se concentre davantage sur chacun des personnages. Tout le monde a perdu son emploi entre les deux saisons. Ils sont maintenant confrontés à eux-mêmes, à leurs démons, à ce qui leur manque, ou ce qu’ils ont perdu. Donc, la seconde saison est beaucoup plus personnelle.
 

 

Êtes-vous influencés par les fans, ou par ce qui se dit sur les réseaux sociaux?

Michael Nankin : On ne sort pas très souvent de nos studios de Toronto, et de constater votre enthousiasme, votre intérêt pour la série, c’est merveilleux… Vous êtes fantastiques (applaudissements). On lit chaque tweet, on lit les forums. On respecte énormément ce que les fans ont à dire sur l’émission. Je veux vous applaudir chaleureusement, puisque sans vous, nous ne serions pas là.

 

Grant Bowler : Depuis qu’on a commencé Defiance, j’entends les amateurs de science-fiction se plaindre que trop souvent, les réseaux de télévision retirent leur série préférée des ondes, mais je vais vous relancer la balle. Vous êtes nos fans, n’est-ce pas? Et bien, exprimez-vous. N’attendez pas que l’émission soit menacée pour vous faire entendre. Faites-le pendant que nous sommes encore en ondes. Manifestez-vous sur Twitter! N’importe qui comprendra alors qu’annuler Defiance est une mauvaise idée, avec un public qui s’investit autant.