Alfa Romeo 4C, une étrangère parmi nous

L’avant est associé à la marque avec un museau qui se termine en pointe et une grille triangulaire

On dit qu’il y a du bon dans tout, même dans les épreuves. Chrysler a certainement souffert de la crise financière et de la restructuration qui en a suivi, mais sa prise de contrôle par le groupe Fiat lui a apporté une nouvelle saveur, chose que l’on n’aurait probablement pas connue autrement. Non seulement ce mariage interculturel a permis de partager ressources et développement, mais on a droit depuis ce temps à la venue de belles italiennes en Amérique du Nord, notamment la Fiat 500.

Cette fois, c’est l'Alfa Romeo 4C qui débarque sur notre continent, au grand plaisir des amateurs de performances. Pour vous situer, la 4C peut rivaliser sans gêne avec des modèles comme la Porsche Cayman ou la Jaguar F-Type, mais la philosophie de la 4C, son format compact, sa petite cylindrée et son poids réduit, nous font surtout penser aux bolides de chez Lotus. En voilà une qui se sentira certainement comme une étrangère dans les salles d'exposition actuelles de chez Chrysler! Il y a cependant fort à parier que les quelques concessionnaires sélectionnés pour la vendre, quatre au Canada dont deux au Québec, la mettront sûrement en valeur.

De nobles racines

La marque Alfa Romeo n’est pas étrangère pour plusieurs. Elle est née à Milan au début des années 1900 et on se souvient surtout des nombreux modèles de courses qui ont marqué les années 20 à 60. Elle s’est par la suite un peu plus démocratisée et fut rachetée par le groupe Fiat en 1986 alors qu’elle croulait sous les dettes. Le groupe Fiat fait d’ailleurs l’envie de plusieurs avec son portefeuille de marques assez impressionnantes, dont Ferrari, Lancia et Maserati.

Cette affiliation explique pourquoi la 4C est construite avec la collaboration de Maserati et assemblée à Modena, lieu culte de la voiture sport. Avec de telles racines, la 4C dispose déjà de ses lettres de noblesse, mais un court essai au centre de développement de Chrysler à Chelsea dans le Michigan nous aura confirmé qu’elle n’a pas usurpé son identité.

Proposé à un prix de base légèrement supérieur à 60 000 $, l’Alfa Romeo 4C se présente sous les traits d’un coupé sport à moteur central, tout comme la Porsche Cayman. Son appellation, 4C, lui vient de son quatre cylindres de 1,7 litre turbocompressé qui développe 237 chevaux et un excellent couple de 238 lb-pi dont 80 % sont disponibles dès 1 700 tr/min. C’est une puissance moindre que ses rivales, mais son poids réduit, environ 400 lb de moins qu’une Porsche Cayman et 800 lb de moins qu’une BMW Z4, lui redonne l’avantage.

Voilà d’ailleurs le crédo de la 4C, sa légèreté. C’est le mot d’ordre dans son développement, et grâce à l'utilisation massive de la fibre de carbone, de l'aluminium pour le châssis et de la fibre de verre pour la carrosserie, la 4C ne fait osciller la balance qu’à 1 050 kg (2 315 lb). Tout un exploit!

Malheureusement, le travail des ingénieurs a été légèrement miné dans le cas de la 4C nord-américaine car elle accuse un surplus de poids de 342 lb (155 kg) par rapport à la version européenne. Cela est dû aux équipements supplémentaires et à une mise niveau pour répondre à nos législations. Une tragédie! Elle en perd même sa répartition de poids idéale qui passe à 49/51.

Étonnement, à la 4C ne propose qu’une seule transmission. Et non, ce n’est pas une boîte manuelle, mais bien une automatique TCT (twin-clutch transmission) à double embrayage qui dirige la puissance du moteur aux roues arrière. Connaissant la popularité des boîtes manuelle en Europe, on se demande pourquoi Alfa Romeo n’offre pas plus de possibilités.

Des lignes exquises

Au premier coup d’œil, on remarque la taille compacte de la biplace et son profil bas. Elle est large et courte, loin des proportions typiques d’un roadster comme la Z4. Ses lignes sont exotiques à souhait, surtout à l’arrière où l’on perçoit l’inspiration de certaines Ferrari, notamment en raison de ses feux ronds. Ses prétentions sportives sont soulignées par son échappement double et son large diffuseur d’air au bas du parechoc. La version Launch, un peu plus exclusive, hérite d’un petit béquet supplémentaire. De côté, on voit les prises d’air latérales – juste derrière les portes – qui alimentent en air frais le moteur alors que les jantes, 18 pouces à l’arrière et 19 pouces à l’avant, ancrent bien le style de la voiture. L’avant est associé à la marque avec un museau qui se termine en pointe et une grille triangulaire. Côté exotisme, la 4C ne déçoit pas. On croirait être en face de Ferrari, format réduit.

À bord, on a droit à un habitacle qui diffère de ce que l’on est habitué de voir. Oubliez les nombreux gadgets et équipements, le tout est minimaliste. On tente de réduire au maximum le poids de la voiture, ce qui justifie la grande sobriété et les quelques attentions, dont les poignées de porte conçues avec une bande de cuir.

Une fois glissé dans le siège, on a véritablement l’impression d’être à bord d’une voiture de course. Les seuils et dessous des portes sont très larges et recouverts de panneaux en fibre de carbone, le conducteur dispose d’un large repose-pied en aluminium, même chose pour le passager qui en a aussi un, pleine largeur, et situé au fond du puits histoire de bien s’ancrer en conduite plus sportive.

L’instrumentation et claire et bien en vue alors que la partie centrale du tableau de bord est bien orientée vers le conducteur. Seuls la prise en main et le design du volant ne nous ont pas épatés. Difficile également de trouver une bonne position de conduite car les sièges disposent de peu d’ajustements. Une fois le moteur démarré, on cherche le levier d’embrayage. En fait, il n’y en a pas, il faut se rabattre sur quatre boutons au fini métallisé servant à contrôler l’embrayage. Ce n’est pas très intuitif dans la présentation, mais ça fait plus « voiture de course ».

Excellent rapport poid/puissance

Dès qu'il est lancé, on est étonné de la sonorité du moteur. Malgré sa petite cylindrée, on a réussi à le faire chanter tout comme celui d'une formule un! Les Italiens sont des experts en « acoustique de moteurs » et ils le prouvent une fois de plus. On se paierait la voiture rien que pour écouter son vrombissement! Côté performance, les 237 chevaux du quatre cylindres ne sont pas ce qu’il y a de plus éloquent, mais son couple généreux ajoute à l’effet de « punch ». Le format ultracompact de cette auto et son poids réduit apportent un excellent rapport poids/puissance, 4,7 kg/chevaux, ce qui lui permet de réaliser le 0 à 100 km/h en moins de 4,5 secondes.

Ce bolide dispose également de l'Alfa DNA (Dynamic, Normal et All Weather) qui, grâce à un sélecteur monté sur la console centrale, permet d'adapter le comportement routier entre trois modes : Dynamique, Normal et Toutes conditions. Ce système fait notamment varier la réponse de l’accélérateur et de la direction. Un quatrième mode, Course, est disponible et déconnecte toutes les aides à la conduite, donnant libre cours à vos talents de pilote. Il ne reste plus beaucoup de voitures offrant une telle latitude.

L'Alfa Romeo en fait certainement rêver plus d’un. Malheureusement, il y aura peu d’élus, surtout la première année puisque très peu d’exemplaires se retrouveront dans nos salles d'exposition.

Fiche d'évaluation

Modèle à l'essai

Alfa Romeo 4C Coupé Launch Edition 2015

Fourchette de prix

61 995 à 75 995$

Prix du modèle à l'essai

75 995$

Garantie de base

3 ans / 60 000 km

Garantie du groupe motopropulseur

3 ans / 60 000 km

Options

n.d.

Concurrents

Audi TT, BMW Z4, Lotus Evora, Mercedes-Benz Classe SLK, Porsche Cayman