Assurances: dénouez les méandres de l'assurance automobile

par Nadine Filion

Le mot d'ordre, pour le consommateur à la recherche d'une assurance automobile : magasinez, magasinez, magasinez. Et ciblez bien vos besoins. Une couverture en responsabilité civile ou une plus étendue pour les dommages à votre véhicule ? La valeur à neuf ? Qu'est-ce qui est couvert, qu'est-ce qui ne l'est jamais? Voyons ensemble l'ABC de l'automobiliste bien assuré.

 

Premier conseil : n'achetez pas de véhicule, neuf ou usagé, sans d'abord avoir obtenu deux ou trois soumissions de primes d'assurance. Car pour une même catégorie de véhicules — et même d’un assureur à l’autre — la différence de prix peut s’avérer étonnante et aller jusqu’à tripler.

 

À ce sujet, voyez ci-dessous nos tableaux des véhicules les plus coûteux à assurer, soit parce qu'ils sont populaires auprès des voleurs, qu'ils sont davantage impliqués que la moyenne dans des accidents ou encore que leurs pièces/réparations sont plus coûteuses que d'autres.

 

Dans le jargon de l'assurance, on parle de « sinistralité » des véhicules. Si vous voulez épargner sur votre prime, vous opterez donc pour des véhicules à la sinistralité moindre.

 

Ça dépend de vous

Les contrats de polices d'assurance, mot pour mot, sont identiques d'une compagnie à une autre. Par contre, les coûts varient pour chaque automobiliste, en fonction de l'utilisation qu'il compte faire de son véhicule (aller au travail ou la promenade seulement), de son profil (âge, sexe, état civil, lieu de résidence, parfois occupation) et de son dossier de conducteur.

 

Évidemment, qui dit nombreux accidents, points d'inaptitude et plusieurs réclamations, dit plus à risque, donc plus cher à assurer. Aussi, les femmes s'assurent pour moins cher, tout comme les personnes âgées. Vous êtes un jeune homme de moins de 25 ans? Maintenez un bon dossier et dans quelques années, vous en tirerez (enfin) les bénéfices.

 

D'un bord...

Le coût de la prime, c'est une chose. Mais au-delà du prix, il faut savoir si tel avenant ou telle protection vous convient.

 

Au départ, tout propriétaire d'un véhicule circulant au Québec doit obligatoirement souscrire au moins à une assurance en responsabilité civile. Il s'agit du chapitre A du contrat, autrefois appelé « d'un seul bord ». Qu’importe la désignation, l'omission de souscrire à cette assurance est passible d'une amende ou de la suspension du permis de conduire.

 

La couverture légale de l’assurance en responsabilité civile doit être au minimum de 50 000$, mais ce montant est considéré comme nettement insuffisant. La plupart des assureurs vous offrent donc une couverture d'un million, voire de deux millions de dollars.

 

Le planificateur financier Éric Brassard, auteur du livre Finance au volant, recommande à ceux qui voyagent aux États-Unis de faire augmenter leur couverture en responsabilité civile, le temps de leur séjour au sud de nos frontières. Car contrairement à ce qui prévaut au Québec, le « no fault » n'existe pas chez nos voisins américains : mieux vaut donc se prémunir solidement contre d’éventuelles poursuites en dommages corporels.

 

... ou des deux bords

La responsabilité civile couvrira les dommages subis par votre propre véhicule, mais uniquement lors d'une collision où vous n'êtes pas déclaré responsable. Si vous en êtes responsable ou si vous êtes victime d'un délit de fuite, vous ne serez pas couvert… sauf si vous avez souscrit à une assurance pour les dommages à votre véhicule (le chapitre B de la police).

 

Certes, pour la vieille minoune qui, après une collision, prendra le chemin de la ferraille sans indemnisation aucune, ce n'est peut-être pas une catastrophe en soi. Mais c'est une autre histoire pour la voiture neuve ou celle qui a encore de bonnes années devant elle. Pour celles-là, on devrait donc souscrire au chapitre B — autrefois, on disait « s'assurer des deux bords ».

 

Cette assurance facultative fait évidemment grimper le coût de la prime, mais elle a le mérite de couvrir non seulement les collisions qui sont de votre responsabilité (moyennant une franchise variant entre 250$ et 1000$), mais aussi les accidents sans collision (le fameux « feu/vol/vandalisme »).

 

Cette dernière option (moyennant une franchise de 100$ à 250$) couvre plus large qu'on ne le pense, puisqu'elle inclut les dommages causés par la grêle, le vent ou la foudre, par une explosion ou une émeute populaire, par la crue des eaux, voire un tremblement de terre. Elle couvre également les dommages résultant d'une collision avec des personnes ou des animaux.

 

Qui plus est, ce chapitre B couvrira les dommages causés à votre véhicule dans les situations de délits de fuite. Ce n’est pas le cas avec l'assurance de responsabilité civile, puisqu'on ne pourra alors établir (et vous décharger) de la responsabilité de l'accident.

 

Bref, le chapitre B vaut généralement son pesant d'or en ce sens que vous récupérerez au moins, en cas de pépin, la valeur de votre véhicule. Choisissez-en la franchise (le bon vieux « déductible ») selon votre capacité financière à assumer ce montant, advenant un sinistre.

 

Valeur à neuf : pas que pour les neuves

D'autres avenants à la police d’assurance élargissent les protections : location d'une voiture en cas de sinistre, que vous soyez responsable ou pas; assurances lors de ladite location; assurance individuelle bonifiant les indemnités de la SAAQ déjà prévues à la Loi; et, surtout, la valeur à neuf.

 

En gros, la valeur à neuf, aussi désignée « avenant 43 », assure qu’en cas de perte totale de votre véhicule, vous obtiendrez un véhicule neuf... même si le vôtre ne l'était plus. Autrement dit, c'est l'indemnisation sans tenir compte de la dépréciation.

 

Il existe une multitude de protections du genre — et ça se complique avec l’assurance de remplacement, une couverture similaire à la valeur à neuf mais d’une durée déterminée allant jusqu’à huit ans (et qui se termine à la suite d’une réclamation). Il faut donc prendre soin d’analyser ses besoins avant de se commettre.

 

Parce que ça coûte des sous, ces protections. Le planificateur Éric Brassard estime toutefois que la valeur à neuf est fort utile, non seulement pour la voiture neuve, mais aussi pour la voiture qui vieillit.

Car après trois ou quatre ans, un véhicule aura perdu la moitié de sa valeur — une valeur qui diminue généralement plus vite que le solde de la dette contractée pour le financer. Avec la valeur à neuf, l'automobiliste victime d'une perte totale recevra donc, en compensation, la somme nécessaire pour racheter une voiture neuve de même catégorie. Sans cette valeur à neuf, il n'obtiendra que la valeur au jour du sinistre de son véhicule, soit de quoi acheter un véhicule usagé de même catégorie. Pour un véhicule neuf de même catégorie, il devra débourser la différence.

 

Notez que la valeur à neuf (tout comme l’assurance de remplacement) doit être souscrite au moment de l’achat du véhicule. Si on ne peut donc pas « l’ajouter » en cours de route, on peut quand même s’en libérer au fur et à mesure que les années passent, car évidemment, plus la voiture prend de l’âge et plus la valeur à neuf coûtera cher.

 

Quelques questions à se poser

Pour savoir si vous êtes un bon candidat à la valeur à neuf, Éric Brassard vous suggère de vous poser les questions suivantes:

- Ai-je les moyens de faire face à la perte totale de ma voiture?

- Pourrai-je payer le solde de ma dette et me procurer une autre voiture (avec une marge de crédit, un autre emprunt, des économies)?

- Devrai-je sacrifier des dépenses essentielles ou des objectifs importants (comme retarder la retraite ou l'achat d'une maison)?

- Même si j'ai les moyens d'assumer une éventuelle perte totale, ai-je envie de prendre ce risque? Est-ce que je me contenterai d’une voiture usagée en remplacement?

Si, à la lumière de ces questions, vous devenez stressé au volant, à l'affût du moindre pépin qui peut survenir, payez-vous donc la valeur à neuf...

 

Jamais, jamais

Il y a des situations qui, malgré toutes les assurances possibles, ne sont jamais couvertes. C'est le cas pour des pneus crevés, des dommages occasionnés par une panne, les bris mécaniques, la rouille et la corrosion, le gel et l'usure normale — à moins bien sûr que ces situations ne coïncident (mais ne soient pas préexistantes) à d'autres dommages pour lesquels vous êtes assurés.

 

De même, et c’est peu connu de la population, toutes les protections n'ont absolument plus cours si le propriétaire (ou quelqu'un d'autre qui obtient sa permission) utilise le véhicule à des fins illicites ou dans une épreuve de vitesse.

 

Comment réduire sa prime?

Vous trouvez que ça coûte cher, s’assurer? Il y a moyen de réduire la facture, notamment en choisissant des véhicules à faible sinistralité (voir notre tableau des véhicules les moins coûteux à protéger).

 

Aussi, faites le tour de plusieurs compagnies (ou faites affaire avec un courtier qui le fera pour vous) afin de dénicher la prime qui vous convient le mieux. Il y en a qui « pardonnent », il y en a qui gèlent la prime pour plusieurs années, il y en a qui « récompensent les bons conducteurs ».

 

La plupart des assureurs offrent des rabais si vous protégez plus d'un véhicule et/ou une maison. Il peut donc être avantageux de combiner vos assurances. Recherchez les autres rabais, notamment pour les plus de 50 ans ou pour les conducteurs de véhicules hybrides.

 

Vous avez le pied pesant? Ralentissez et pensez à ces points d'inaptitude qui, nécessairement, influeront à la hausse votre prochaine prime. Équipez votre voiture d'un système d'alarme ou d'un anti-démarreur, votre assureur vous le revaudra. Vous êtes prêts à assumer une franchise plus élevée? À délaisser quelques avenants? Votre prime diminuera d'autant. Enfin, demandez-vous si vous devez être « assuré des deux bords » ou si la seule responsabilité civile (obligatoire) fait l’affaire.

 

Cependant, avant de trop couper dans les dépenses, dites-vous qu'une assurance vous protège contre le risque. Et ce risque, il faut bien que quelqu'un l'assume. Si ce n'est pas vous, ce sera votre compagnie d'assurance.

 

Et c’est exactement pourquoi vous la payez.

 

Infos en vrac

Vous avez du mal à vous assurer? Les agents du Centre d'information sur les assurances peuvent étudier votre dossier et vous aider à trouver une solution. Le service est gratuit : de Montréal faites le 514 288-4321 et d’ailleurs au Québec le 1-877-288-4321.

 

Vous voulez résilier votre contrat d'assurance? Vous pouvez le faire en tout temps en avisant votre compagnie par écrit. Vérifiez cependant les pénalités qui pourraient vous être imposées : plus la date d'échéance de votre contrat est éloignée, plus celles-ci seront élevées.

 

Pour plus de détails sur l’assurance automobile, visitez le site du Bureau d’Assurance du Canada, au www.infoassurance.ca.

 

Tableau des véhicules (neufs) les PLUS coûteux à assurer (au Québec) - excluant les modèles à petit volume (Ferrari, Porsche et autres bolides du genre)

 

Modèles les plus coûteux            Prime moyenne (en 2010)

1) Hyundai Genesis (coupé)                       951$

2) Lexus RX350                                                 919$

3) Mitsubishi Lancer                                      884$

4) Ford Ranger                                                 883$

5) Mercedes GLK350                                     882$

6) Ram 1500 (crewcab)                                 866$

7) Subaru Impreza (à hayon)                     851$

8) Honda Civic (coupé)                                 845$

9) Jeep Wrangler                                            845$

10) Volkswagen Tiguan                                843$

 

Tableau des véhicules (neufs) les MOINS coûteux à assurer (au Québec) - excluant les modèles à petit

volume (Ferrari, Porsche et autres bolides du genre)

 

Modèles les moins coûteux        Prime moyenne (en 2010)

1) Kia Rondo                                                     539$

2) Hyundai Sonata                                          579$

3) Chevrolet Malibu                                       592$

4) Hyundai Santa Fe                                       594$

5) Hyundai Tucson                                          616$

6) Toyota Camry                                              621$

7) Hyundai Elantra                                          623$

8) Kia Soul                                                          624$

9) Hyundai Elantra Touring                          623$

10) Nissan Sentra                                            629$

 

Source : Bureau d’assurance du Canada