BMW Série 3 2012: Et si c'était ça la maturité?

La sixième génération de la Série 3, qui fera son entrée chez les concessionnaires en février prochain comme modèle 2012, marque tout un changement pour le constructeur bavarois. Au cours des dernières années, la Série 3 était  reconnue d’abord et avant tout pour ses qualités dynamiques et ses fabuleux moteurs à six cylindres en ligne.  Mais voilà que la nouvelle génération change la donne en ajoutant plus de confort et d’équipements de haute technologie. De plus, BMW a choisi d’amender sa philosophie au sujet de ses motorisations à six cylindres. En effet, même si la 335i conserve le six cylindres en ligne suralimenté par turbocompression, la 328i fera plutôt appel au moteur quatre cylindres turbocompressé emprunté au roadster Z4 et au sport utilitaire X1, alors que la 320i recevra une version moins performante de ce même moteur. La nouvelle Série 3 ponctue également le début d’une stratégie de mise en marché différente, BMW ayant décidé d’en proposer trois variantes distinctes en ce qui a trait à la sélection d’équipement, lesquelles ont pour nom « Sport Line », « Luxury Line » et « Modern Line ».
 
Jusqu’à récemment, BMW s’était concentré en priorité sur les qualités dynamiques de ses voitures, alors que chez Lexus on misait principalement sur le confort et les accessoires de luxe, mais maintenant les deux marques commencent à empiéter sur la chasse gardée de l’autre. À titre d’exemple, la nouvelle GS, qui est nettement plus performante que le modèle précédent. De son côté,  la nouvelle 3 peut être équipée en option d’un système de stationnement en parallèle automatique, un gadget d’abord développé par Lexus. Lorsqu’ils apprendront que la nouvelle Série 3 peut se stationner par elle-même, les « fans finis » de la conduite des BMW se lamenteront sans doute en faisant jouer la célèbre chanson Say it ain’t so, Joe de Murray Head et se demanderont si la voiture est toujours fidèle aux standards de dynamique de la marque ou si son comportement routier est devenu plus mou, voire aseptisé.

À la fois plus rigide et plus souple
La réponse, c’est que la nouvelle Série 3 est construite sur un châssis qui est plus rigide en torsion, mais la sensation ressentie derrière le volant, c’est que la voiture est devenue plus « molle ». À l’occasion du lancement international à Barcelone, j’ai eu l’occasion de rouler pendant deux jours sur les routes publiques ainsi que sur le Circuit de Catalunya avec une 328i et, même lorsque le mode « sport » était sélectionné, l’effort demandé au volant était moindre alors que le feed-back était comparable à l’ancien modèle.

Pour ce qui est du comportement routier, on peut maintenant sentir que les mouvements de la caisse sont beaucoup plus perceptibles lors des transferts de poids en décélération, en virage, ainsi qu’en accélération, même en mode « sport ». La nouvelle 3 conserve sa répartition de poids idéale de cinquante pour cent sur le train avant et cinquante pour cent sur le train arrière et son équilibre reste remarquable, tout comme son adhérence latérale en virage, c’est juste que la voiture « bouge » un peu plus sur ses suspensions, ce qui a cependant pour effet de bonifier le confort. Avec la sélection du mode « confort », la souplesse des suspensions devient encore plus évidente au point même d’étonner pour une BMW.

Le moteur du X1
La 328i est animée par un moteur quatre cylindres de 2,0 litres turbocompressé qui est tout à fait adéquat. Avec une pression de suralimentation chiffrée à 18,9 psi et surtout les 260 livres-pied de couple disponible dès la barre des 1250 tours/minute et demeurant constant jusqu’à 4 800 tours/minute, la force d’accélération impressionne.La nouvelle 328i m’a parue aussi rapide que l’ancien modèle qui était équipé d’un six cylindres en ligne atmosphérique grâce en partie à un nouveau système d’échappement qui comporte un clapet le rendant mois restrictif et plus « sonore » à haut régime.

Deux boîtes de vitesses sont au programme, la manuelle à six vitesses vient de série alors qu’une automatique à huit rapports est offerte en option. Comme l’automatique compte sur deux rapports de plus que la manuelle, elle est plus efficace et bonifie la consommation de carburant. La nouvelle 3 est également équipée d’un système « start/stop », qui coupe automatiquement le moteur à l’arrêt, de même que d’un mode appelé « ECO PRO » qui réduit la réponse à l’accélérateur et qui commande des passages plus rapides aux rapports supérieurs tout en réduisant la demande en courant électrique du système de climatisation et des sièges chauffants. Le conducteur voit alors apparaître au tableau de bord une indication des kilomètres supplémentaires qui viennent d’être ajoutés à l’autonomie de la voiture. Les ingénieurs de BMW prétendent que le mode « ECO PRO » permet de réduire la consommation de carburant de vingt pour cent. Les cotes de consommation de la 328i à boîte automatique sont chiffrées à 8,0 litres aux 100 kilomètres en ville et 5,3 sur la route par Transports Canada.
 

En attendant la Série 4
Les berlines de Série 3 seront les premiers modèles à être commercialisés chez nous en février 2012. Par la suite arriveront les coupés et cabriolets, qui recevront le nom de Série 4, ainsi qu’un modèle ActiveHybrid qui sera proposé en cours d’année 2012. Les amateurs de performance devront attendre deux ans avant l’arrivée de la nouvelle M3. L’échelle de prix de cette Série 3 n’a pas encore été établie pour le marché canadien, elle sera annoncée au Salon de l'auto de Montréal, mais on peut s’attendre à ce qu’elle soit comparable à celles des modèles actuels dont les prix sont fixés à 41 500 $ pour le modèle 328i et 51 400 $ pour le modèle 335i.