Chevrolet Spark 2013

Offerte en huit couleurs dont ce vert Jalapeno. Parmi les couleurs les moins ordinaires, on retrouve le jaune limonade, le bleu denim, le rose techno et le rouge salsa!

Après des décennies de folies automobiles, le temps est à la sobriété. On pense environnement, on pense simplicité (pas toujours volontairement!) et on pense petit, question d’éviter le gaspillage. La présence de micro voitures sur notre marché reflète parfaitement cette tendance. On a tout d’abord vu la diminutive smart arriver d’Europe, puis la Fiat 500, ensuite la Scion iQ. Puis, il y a quelques jours, une autre petite bibitte se promenait dans les rues de Montréal, la Chevrolet Spark.

Première expérience de General Motors avec ce type de voitures en Amérique, il aurait été suicidaire pour le moins-géant-mais-toujours-géant-de-Détroit de créer sa propre micro voiture. De toute façon, GM est propriétaire de Daewoo, une entreprise coréenne qui possède, dans sa gamme, une aussi sympathique que petite voiture, la Matiz. Cette dernière étant due pour un changement de mi-cycle, pourquoi ne pas en profiter pour l’amener en Amérique? On la baptisera Spark, tout simplement et en espérant que l’étincelle se fera entre le public et elle, se sont dit les bonzes de General Motors.

Micro peut-être mais pas microscopique

Bien qu’elle fasse partie des micro voitures, la Spark est passablement plus longue qu’une smart (991 mm), qu’une Scion iQ (635 mm) et qu’une Fiat 500 (127 mm) ce qui, vous l’aurez deviné, l’avantage nettement au niveau du coffre et à celui des places arrière. En passant, soulignons que la smart est un biplace. De son côté, la Spark possède le look « toit cathédrale » des voitures aussi hautes que larges. Au niveau de la silhouette, les avis sont très partagés et certaines couleurs sont appréciées des uns et détestées des autres. Comme on dit, des goûts et des couleuvres on ne discute pas.

Grâce à ses dimensions extérieures, l’habitacle est franchement impressionnant. Bien entendu, on n’est pas au volant d’un Chevrolet Suburban mais l’espace intérieur a été optimisé et deux adultes à l’avant ne se frottent pas les coudes. À l’arrière, deux personnes « de format régulier » peuvent prendre place sur la banquette sans avoir envie de s’assassiner mutuellement, l’espace pour la tête et les jambes étant fort généreux. Félicitons Chevrolet pour avoir résisté à l’envie d’offrir une place centrale, ce qui aurait frisé l’arnaque. En lieu et place, on retrouve des porte-verres. Le dossier de la banquette s’abaisse en deux sections (40/60) pour former un fond presque plat. Sous le mince tapis du coffre, on retrouve… rien. Pas de roue de secours! Il y a cependant un compresseur et un liquide colmateur. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour sauver quelques kilos! Le hayon est léger, donc facile à manipuler et l’ouverture qu’il dégage est suffisamment grande.

Le tableau de bord est d’une désarmante simplicité tout en étant joliment stylisé. Il reprend à sa manière le concept déjà vu sur la grande sœur de la Spark, la Sonic. Au centre de la planche de bord, trône un écran tactile de 7 pouces. En option sur le modèle de base LS mais livré d’office sur les versions 1LT et 2LT, on y retrouve le MyLink qui offre, entre autres, la radio satellite, SiriusXM, Bluetooth et un système de navigation. Ce dernier élément ne vit pas grâce à un disque dur mais plutôt grâce à une application qui offre une foule de service pour un coût minime. Lors du lancement, les gens de GM n’ont pas confirmé le prix de cette application mais elle pourrait être d’environ 60$. Mais, plus intéressant encore, on retrouve pas moins de 10 (dix!) coussins gonflables dans l’habitacle.

Oubliez les shows de boucane

Sous le capot, se terre un quatre cylindres de 1,2 litre (1,25 insistent les ingénieurs de Chevrolet), de 83 chevaux et autant de livres-pied de couple. La Spark a beau ne peser que 1029 kilos (curieusement, la version dotée de la boîte manuelle est plus lourde à 1060 kilos), les performances sont loin d’être épatantes. Remarquez que la voiture est une citadine avouée et que les autoroutes, très peu pour elle. Alors que le moteur soit faiblard n’est pas tellement important.

Plus important, la transmission manuelle à cinq rapports qui m’a horripilé. Rarement ai-je manié un levier aussi mou et imprécis aidé dans sa médiocrité par un embrayage sans substance. Pour faire avancer la voiture, il faut apprendre à faire monter le régime avant de relâcher l’embrayage sinon on en est quitte pour faire du surplace. Mais sans doute qu’une fois habitué, c’est moins frustrant. Il faut toutefois avouer que le « Hill Start Assist », un système qui empêche la Spark de reculer lors des départs dans des montées d’au moins cinq degrés, s’avère fort utile pour quiconque n’est pas un pro de la « clutch ». De son côté, l’automatique n’aide pas vraiment la cause de la petite écurie mais, au moins, ce n’est pas une CVT et le bruit dans l’habitacle est relativement bien contenu à des vitesses folles, entre 100 et 120 km/h. À noter qu’à 100 km/h, la manuelle fait tourner le moteur à 3 000 tours/minutes et à 3 500 à 120 km/h. Ces régimes sont très élevés mais, on l’a dit, la Spark est, d’abord, une voiture de ville. Chevrolet annonce une consommation de 7,1 L/100 km en ville et de 5,2 sur la route (automatique) et 6,3 et 5,1 (manuelle). Sachant que les données fournies par les constructeurs sont toujours optimistes, on peut anticiper une consommation un peu élevée pour la catégorie. Cependant, seul un véritable essai d'au moins une semaine nous en dira davantage.

Au chapitre des suspensions, on a choisi des jambes de force à l’avant et une poutre de torsion à l’arrière. Cet agencement a l’avantage d’être bien adapté au caractère citadin de la voiture et est peu coûteux à réparer tout en n’empiétant pas dans le coffre. Les freins sont à disque à l’avant et à tambour à l’arrière, une combinaison encore une fois bien adaptée à la voiture. La direction, assistée électroniquement, n’est pas un modèle de précision ni de retour d’informations mais, au moins, le rayon de braquage est très court, 9,9 mètres, ce qui est une bénédiction en ville.

Un coin de rues pris un peu rapidement fait ressortir un roulis certain et même si nous n’avons pas le moindrement exploité les limites de la voiture, il est évident que la sportivité ne fait pas partie de l’offre. Par contre, le confort est étonnant et une virée dans le coin du marché Bonsecours où les rues sont pavées de macadam n’a pas été le moindrement éreintant. Aucun bruit de caisse non plus.

La question du prix

Dans la catégorie des petites voitures, sous-compactes et micro, le prix fait foi de tout. On aurait beau avoir le meilleur produit de la planète, s’il est trop cher, il est voué à l’échec. Et c’est sans doute là le talon d’Achille de la Spark dont le prix de base (LS) est de 13 495$. Ajoutez 1 000$ pour le climatiseur. Ou optez pour la 1LT, dotée, entre autres, du climatiseur et de la connectivité Bluetooth pour 16 695$. Enfin, la 2LT à 18 495$, offre beaucoup d’accessoires, utiles ou pas. La Spark de base est l’une des voitures les moins dispendieuses sur le marché et, franchement, elle est, je crois, une bonne affaire. Mais rendu à plus de 17 000$, une Sonic, plus grosse, devient plus intéressante… tout comme une Hyundai Accent, aussi coréenne que la Spark.

Infiniment plus agréable à conduire et pratique que la smart Fortwo ou que la Scion iQ, la Spark risque de connaître une belle carrière. Il y a bien la Fiat 500 dans l’équation mais la Spark, bien que moins sportive, est plus logique et moins typée. L’avenir des micro voitures s’annonce électrisant… Eh oui, Chevrolet annonce déjà une Spark électrique pour 2014!

Fiche d'évaluation

Modèle à l'essai

Chevrolet Spark 2LT 2013

Fourchette de prix

13495 à 18495$

Prix du modèle à l'essai

18495$

Garantie de base

3 ans / 60 000 km

Garantie du groupe motopropulseur

5 ans / 160 000 km

Options

n.d.

Concurrents

Fiat 500, Scion iQ, smart Fortwo

Points forts

Vaste espace habitable
Coffre logeable
Confort étonnant
Éléments mécaniques simples
Niveau de sécurité élevé (10 coussins)

Points faibles

Look qui ne plait pas à tous
Consommation pourrait être meilleure
Moteur amorphe
Boite manuelle décevante
Prix de la version 2LT élevé

Fiche d'appréciation

Consommation

70.0 %

Valeur subjective

70.0 %

Esthétique

80.0 %

Confort

80.0 %

Performance

50.0 %

Apréciation générale

70.0 %