Clifford Olson : La bête de la Colombie-Britannique

par Pier-Luc Ouellet

On associe souvent la maladie mentale aux crimes sordides et macabres. Pourtant, non seulement la majorité des crimes commis le sont par des gens qui ne sont pas atteints de maladie mentale, mais ces derniers sont en fait davantage susceptibles d’être victimes que bourreaux. Et une étude menée en Ontario révèle que seuls 2% des meurtres commis entre 1987 et 2012 pouvaient être attribués à la maladie mentale

Mais les crimes commis par les personnes atteintes de problématiques de santé mentale marquent souvent par leur caractère spectaculaire. C’est définitivement le cas de Clifford Olson, «La bête de la Colombie-Britannique ».

Une virée meurtrière

La carrière de meurtrier d’Olson n’a duré que quelques mois, mais dans ce court laps de temps, il a assassiné 11 enfants et jeunes adultes. Il a même prétendu avoir tué plus de 40 enfants et adolescents, en plus d’en avoir violé une centaine.  

Sa première victime, Christine Weller, est découverte le 25 décembre 1980 près de son domicile aux environs de Vancouver. La fillette de 12 ans, qui était portée disparue depuis le 17 novembre 1980, kidnappée à même son domicile, a visiblement été victime d’étranglement en plus d’avoir été poignardée à de multiples reprises.

Puis, la cadence à laquelle on retrouve les corps s’accélère : le 16 avril 1981, Christine Weller, 13 ans, est portée disparue. Quelques jours plus tard, c’est au tour de Darren Johnsrud, 16 ans, de disparaître. On le retrouve le 2 mai, le crâne pulvérisé. 

Il n’y a plus aucun doute : la police de Vancouver a affaire à un véritable tueur en série. 
Les victimes continuent de s’accumuler en mai et en juin, et en septembre ce sont 6 adolescents qui sont retrouvés morts. 

Si la violence des crimes et la rapidité à laquelle ils sont commis ont de quoi déranger, c’est la perversité des comportements du tueur qui choque l’esprit. Non seulement violait-il ses victimes avant de les assassiner brutalement, mais il avait une habitude troublante : il enregistrait ses meurtres pour envoyer les enregistrements macabres sur les répondeurs des familles des victimes. 

 Arrestation et scandales

Clifford Olson est finalement arrêté le 12 août 1981. Des policiers qui le suivaient en filature (il était déjà un suspect dû à son lourd passé criminel) l’arrêtent alors qu’il embarque deux voyageuses qui font du pouce. 

Si les jeunes femmes ne sont pas blessées, les policiers trouvent en revanche dans la voiture d’Olson un carnet qui contient le nom d’une des victimes : Judy Kozma, 14 ans.
6 jours plus tard, Olson est formellement accusé. Sauf que les policiers se retrouvent devant un grave problème : pour le moment, ils n’ont trouvé que quatre des corps, et ils n’ont que très peu de preuves pour accuser Clifford Olson.

Contre toute attente, le meurtrier leur fait une offre : il va leur donner l’emplacement des corps manquants (dont une victime dont la police n’avait même pas encore été informée de la disparition), ainsi que signer une confession, si le gouvernement accepte de donner à sa femme 10 000$ par confession. Il offre une confession « en cadeau », dans l’un des actes de générosité les plus terrifiants de tous les temps. 

Face à la crainte de voir Olson leur glisser entre les doigts, la Colombie-Britannique accepte ce pacte avec le diable. Ça coûtera d’ailleurs la carrière du procureur général responsable de l’affaire. 

Même une fois derrière les barreaux, Clifford Olson a continué à s’amuser avec les forces de l’ordre et les familles des victimes. Il a prétendu avoir commis une trentaine d’autres meurtres, sans toutefois pouvoir fournir de preuves, si bien que les autorités croient qu’il s’amusait surtout à gaspiller le temps des policiers. 

Il a également continué d’envoyer des cartes de souhaits aux parents des victimes, décrivant de façon graphiques les sévices imposés à leurs enfants. 

Le 30 septembre 2011, il décède des suites d’un cancer dans un hôpital de Laval, à l’âge de 71 ans.

Un psychopathe

Comment un homme peut-il en venir à commettre des actes si atroces, tout en semblant s’en amuser? En un mot, Clifford Olson est considéré comme un psychopathe classique. Sur le test de Hare, conçu pour identifier les psychopathes, il a obtenu un score de 38 sur 40. 

Les psychopathes n’accordent aucune importance aux règles de moralité. Comme l’ont résumé des psychiatres qui l’ont évalué lors de son procès, Olson était capable de réciter les règles de morale, mais elles le dégoûtaient. 

On pourrait être tenté de chercher dans l’enfance une explication, mais il semble qu’Olson ait connu une enfance tout ce qu’il y a de plus normal. C’est par lui-même qu’il s’engage dans des activités criminelles dès sa jeunesse, au grand dam de ses parents. 

Comme c’est le cas chez la plupart des psychopathes, il possédait un charisme et une habileté hors du commun pour la persuasion, ce qui lui aurait permis de convaincre bon nombre de ses victimes d’embarquer dans sa voiture. 

Et les psychiatres qui l’ont côtoyé y vont du même constat : il n’a jamais regretté ses crimes. Au contraire, il estimait qu’ils avaient fait de lui une célébrité. 

Au final, de toute sa vie adulte, Clifford Olson n’aura passé qu’environ 1500 jours en liberté. 

 

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