ComicCon de Montréal : Battlestar Galactica, 10 ans après

Même si Battlestar Galactica est terminée depuis une décennie, l’émission de science-fiction suscite toujours l’engouement, comme on a pu le constater par l’imposante foule réunie pour poser des questions à Edward James Olmos, James Callis, Michael Hogan et Tahmoh Penikett lors du ComicCon de Montréal. Voici notre résumé de l’événement.
 
Comment avez-vous été approchés pour jouer dans la série?
 
Michael Hogan : J’ai failli ne pas auditionner pour Battlestar Galactica. Je n’avais jamais vu l’émission originale, donc, ça ne me disait rien. J’ai ensuite entendu que la réalisation serait confiée à Michael Rymer. J’avais vu un de ses films, paru quelques années auparavant, une petite production indépendante intitulée Angel Baby, et je m’étais dit que j’aimerais bien travailler avec lui. Quand j’ai appris qu’Edward James Olmos avait accepté de faire partie de la distribution en plus, ça a achevé de me convaincre (rires). J’ai donc finalement auditionné et j’ai été chanceux, puisque me voici ici avec vous. 
 
Conférence Battlestar Galactica
 
Tahmoh Penikett : Je ne connaissais la série originale que de nom seulement. J’ai dû me faire une opinion sur la qualité du projet à partir des quelques pages qu’on m’a envoyé pour préparer l’audition. La scène prenait place durant l’évacuation de la planète, et je cède mon siège à ce gars-là (il pointe James Callis). 
 
James Callis : C’est l’une des meilleures décisions qu’il n’ait jamais prise (rires).
 
Tahmoh Penikett : Quand j’ai lu la scène, j’ai été immédiatement interpellé, ce qui ne m’est pas arrivé souvent durant ma courte carrière. J’avais très hâte de la jouer. Je trouvais que c’était magnifiquement écrit. J’ai rencontré Michael Rymer, j’ai passé l’audition, et quelque temps après, on m’a rappelé. J’ignorais quels acteurs faisaient partie de la distribution. À la première lecture de groupe, j’ai croisé quelques comédiens de Vancouver que je connaissais. On est allé fumer une cigarette dehors, et j’ai alors vu Edward James Olmos arriver. Je me suis dit « Merde! ». J’étais complètement intimidé (rires). Je pense que j’ai marmonné mes répliques durant toute la lecture.
 
Conférence Battlestar Galactica
 
James Callis : J’ai dû coucher avec beaucoup de monde pour avoir un rôle dans Battlestar Galactica (rires et applaudissements). Les auditions m’ont tellement épuisé (rires). Le processus a été assez long. J’ai subi sept ou huit auditions; c’était un peu comme participer à Survivor. Je pense que j’ai traversé un processus de sélection plus compliqué que celui auquel est soumis le Président des États-Unis (rires). Ça ne m’intéressait pas vraiment initialement. J’avais vu la série originale, et je ne voulais pas jouer Baltar (rires). J’ai ensuite pensé que j’aurais l’air cool dans une tenue de vol avec un pistolet futuriste (rires). 
 
Edward James Olmos : David Eick et Ronald D. Moore m’ont confié qu’ils songeaient à engager un sosie d’Edward James Olmos pour mon personnage, avant de se dire « Pourquoi ne lui demande-t’on pas directement? » (rires). Et c’est ce qu’ils ont fait. Je n’avais pas vu Battlestar Galactica, parce que je jouais au théâtre tous les soirs en 1978, et je regardais peu la télévision. Je ne connaissais donc rien de la série originale. J’ai reçu le scénario, mais je ne l’ai pas lu tout de suite. Mon agent m’a incité fortement à le lire. J’ai évidemment joué dans Blade Runner, mais j’ai aussi refusé un rôle dans Star Trek : The Next Generation. Quand on m’a proposé Battlestar, je travaillais déjà : je jouais dans American Family sur PBS (rires). 
 
Conférence Battlestar Galactica
 
J’ai lu les trois pages du prologue de Ronald D. Moore. Pas un scénario, mais l’introduction qui présente l’univers. C’est comme une déclaration de principes pour l’émission. Grâce à son écriture brillante, le texte donnait immédiatement une idée de l’intégrité des personnages, de l’esthétique qu’il voulait donner à la série. J’ai accepté d’aller à une rencontre. Ronald D. Moore et David Eick étaient présents. Je pense que Michael Rymer participait par conférence téléphonique. Je leur ai dit : « Le scénario est excellent, mais j’ai une exigence. Je ne veux pas voir d’humanoïdes à quatre yeux, ou avec des doubles lèvres. Pas de Creature from the Black Lagoon. Dès que je vois n’importe quoi du genre, je m’évanouis devant la caméra et ensuite, je quitte l’émission (rires). Il faut que ce monde ressemble à celui dans lequel nous vivons aujourd’hui ». Ils m’ont dit qu’ils n’y voyaient aucun problème. Je les ai remerciés, mais j’ai tout de même fait ajouter cette clause par écrit dans mon contrat (rires et applaudissements).
 
Quelle a été votre pire expérience de costume durant le tournage?
 
Edward James Olmos : Je pense que la pire chose qui soit arrivée, c’est quand les pilotes enfilaient leur combinaison de vol, et devaient ensuite aller aux toilettes (rires). Il faut alors retirer le costume au complet.
 
Tahmoh Penikett : Mon costume était fabriqué en latex. On tournait durant l’été, et chaque fois que je devais le porter, je me préparais à transpirer des litres de sueur. C’était tellement chaud… Je ne pouvais même pas le retirer entre deux scènes. Il était si moulant qu’il fallait que je me contorsionne pour l’enlever. Il était conçu pour bien paraître à l’écran, mais je devais faire beaucoup d’efforts pour en sortir (rires). Le pire, c’est quand j’ai appris que le Chief (Galen Tyrol) ne portait pas de sous-vêtements sous le sien (rires). Maintenant que vous le savez, vous ne le verrez plus de la même façon la prochaine fois que vous regarderez un épisode (rires).
 
Conférence Battlestar Galactica
 
Monsieur Olmos, vous êtes allé aux Nations Unies avec Mary McDonnell pour parler de droits humains. Comment s’est passée votre expérience?
 
Edward James Olmos : Lorsque nous avons été invités aux Nations Unies, c’était très touchant, parce qu’on n’y invite pas les comédiens habituellement. L’ONU s’occupe des problèmes de la planète, et ils n’ont pas besoin de vedettes de télévision pour venir les divertir, mais ils se sont rendus compte que l’émission traitait des mêmes questions auxquelles ils sont confrontés. Quand je suis arrivé là-bas, j’ai été très impressionné. L’endroit était plein à craquer, la presse du monde entier était présente. C’était d’ailleurs leur intention, d’attirer l’attention médiatique planétaire, par le biais de la culture populaire. On abordait cinq sujets, dont la réconciliation. C’est un enjeu majeur pour les Nations Unies. Comment réconcilier un Juif et un Arabe, un Anglais et un Irlandais, la Corée et les États-Unis… Il y a eu tellement de sang versé, comment réconcilier des gens qui ne veulent même pas entendre parler de réconciliation? Dans Battlestar Galactica, la race humaine a été anéantie par les Cylons, alors la réconciliation était aussi un enjeu majeur de l’émission (rires). 
 
Michael Hogan : Merci d’avoir banalisé l’ONU avec ta référence aux Cylons (rires)…
 
De toute la série, quelle a été la scène la plus difficile à jouer, ou votre plus grand défi en tant qu’acteurs?
 
Michael Hogan : De mon côté, j’ai été chanceux. Je restais à bord du vaisseau la plupart du temps, pas comme ces crétins qui se rendaient à l’extérieur pour les scènes se déroulant sur d’autres planètes (rires). Tourner dehors, avec les caprices de la météo, à la même heure tous les jours, c’est un véritable défi physique. Ce n’est pas une partie de plaisir. La seule épreuve physique que j’ai personnellement endurée est lorsque mon personnage de Tigh se trouve dans l’eau. Elle était un peu froide (rires). Mais bon, on a repris la scène seulement trois fois. Sinon, au niveau artistique, je n’ai pas rencontré de défi particulier. 
 
Conférence Battlestar Galactica
 
Tahmoh Penikett : Dès que j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite su que le rôle ne serait pas facile, mais en même temps, je m’y identifiais beaucoup. Je ne disposais pas d’énormément de scènes non plus au début. Les auteurs ont fini par m’écrire davantage de matériel, parce qu’ils sentaient que mon personnage méritait plus de place. On m’a donc ajouté des apparitions ici et là, de petites choses. Mon plus grand défi dans la première saison, c’est que je n’avais souvent qu’une seule réplique dans une scène. Pour un comédien, ça peut être la chose la plus difficile à faire. Je sais que ce n’est qu’une foutue ligne, mais on se la répète mille fois dans sa tête, sur tous les tons. 
 
Conférence Battlestar Galactica
 
Évidemment, il y a eu des scènes plus émotives à tourner, lorsque j’ai tué mon épouse par exemple, des choses comme ça (rires). Ça peut être difficile à interpréter, mais on travaillait dans un environnement très confortable. Lorsque j’ai lu le scénario où je devais abattre ma femme, j’ai pleuré. Mais je savais que je n’avais pas besoin de répéter la scène. Je pense qu’on l’a bouclée en deux prises. Tout le monde était silencieux sur le plateau. On a fait ce qu’on devait, et on est passés à la scène suivante. L’émission possédait plusieurs moments intenses comme celui-ci, mais on se sentait toujours à l’aise, et appuyés par l’équipe quand venait le moment de les tourner. 
 
L’émission a un ton assez dramatique… Qui était le comédien le plus drôle sur le plateau de tournage?
 
(Michael Hogan, Edward James Olmos et Tahmoh Penikett pointent James Callis)
 
James Callis : On se faisait rire à tour de rôle. Tout le monde sur le plateau avait un excellent sens de l’humour. 
 
Conférence Battlestar Galactica
 
Tahmoh Penikett : Le ton de l’émission était tellement sombre qu’on n’avait pas le choix de déconner (rires). On faisait sans cesse des blagues pour détendre un peu l’atmosphère. Après avoir été obligé de tuer sa douce moitié lors d’une scène, tu as plutôt envie d’un peu de légèreté (rires). Sinon, toutes ces émotions demeurent en toi. Quand on était réunis pour les grosses scènes, ça devenait un peu fou. Ça prend beaucoup de temps, on a des journées de quatorze heures, et nous sommes plusieurs à attendre. Il faut passer le temps. Tant qu’on ne faisait pas rire Mary McDonnell, tout allait bien (rires).
 
Michael Hogan : Oui, parce qu’il était impossible de l’arrêter une fois qu’elle se mettait à rire.
 
James Callis : Je me souviens que certaines de mes blagues sont tombées un peu à plat. Vous savez, ces cônes orange qu’on met pour indiquer que le plancher est mouillé? Je savais qu’ils allaient filmer dans un corridor du vaisseau, et j’en ai placé un juste avant qu’ils ne tournent la scène (rires). Je trouvais ça tellement hilarant (rires). J’ai entendu « Coupez! Qui est l’idiot qui a fait ça? ». Ils n’ont pas beaucoup apprécié mon sens de l’humour (rires). J’ai eu droit à un : « James, tu nous fais perdre du temps, et tu n’es même pas drôle ». 
 
Edward James Olmos : C’était très drôle! J’en ai mouillé mon pantalon (rires).