ComicCon de Montréal : Questions et réponses avec Stan Lee

Monument de la bande dessinée américaine, Stan Lee était l’invité d’honneur du ComicCon qui se tenait cette fin de semaine à Montréal. Il a bien voulu se prêter à un événement de questions et réponses hier, dont voici un résumé.

Comment êtes-vous entré dans le monde du comic book?

SL - Ils engageaient n’importe qui (rires)! À l’époque, personne n’avait de respect pour les bandes dessinées, pas même les gens qui les publiaient. Une maison d’édition m’a embauché comme auteur, et ils m’ont envoyé travailler avec des dessinateurs… Je n’y connaissais rien, mais je voulais écrire et je n’allais pas refuser un emploi. Lorsque j’ai commencé, mes consignes étaient de ne pas utiliser de mots de plus de deux syllabes et de limiter les dialogues. Ça a bien changé, aujourd’hui, il faut être scientifique ou récipiendaire d’un prix Nobel pour obtenir un boulot dans l’industrie!

Vous avez accompli beaucoup de chemin depuis ces débuts…

SL - Je pense que je suis très chanceux que les choses se soient déroulées de cette façon… Ça a fonctionné pour moi… Au commencement, on essayait seulement de vendre assez de copies pour conserver nos emplois, nous ne rêvions jamais qu’un jour ces personnages se retrouveraient à l’écran. Quand j’ai commencé à assister à des conventions, c’était rempli d’enfants et il n’y avait que quelques adultes. Les gens ne nous prenaient jamais au sérieux. Aujourd’hui, c’est principalement des adultes qui les fréquentent, et quelques enfants…

Stan Lee 2

Vous avez inventé le super héros “humain”, avec des défauts. Comment vous est venue l’idée?

SL - C’était facile, parce que j’ai moi aussi beaucoup de défauts (rires)! Sérieusement, quand je lisais les autres histoires de héros, ça m’ennuyait, parce que les personnages étaient trop parfaits. Je me posais des questions… Que faisaient-ils lorsqu’ils retiraient leurs costumes, quels genre de problèmes avaient-ils au quotidien, de quoi pouvait bien avoir l’air leur vie amoureuse? L’envie de montrer le côté fragile du héros est venue de là, mais je n’ai pas réalisé à l’époque que c’était une inspiration de génie…

Parmi tous les personnages que vous avez créés, lequel est le plus près de votre coeur?

SL - Je les aime vraiment tous beaucoup. Mon préféré a toujours été celui que j’étais en train d’écrire… Mais si vous insistez, je peux dire que mon chouchou est Spider-Man (applaudissements dans la salle), parce qu’il est pareil comme moi, puissant, intelligent, et un bon gars (rires).

Stan Lee 3

Quel est votre vilain préféré?

SL - Doctor Doom. Parce qu’il est le Roi de son propre pays. À chaque fois qu’on essaie de le mettre en état d’arrestation, ça complique les choses parce qu’il possède l’immunité diplomatique… Ça a de bons côtés d’être Roi…

Selon vous, quel est l’avenir des bandes dessinées?

SL - Je ne suis pas un prophète, mais je pense qu’il y aura toujours des bandes dessinées, ne serait-ce que pour le plaisir de tourner les pages, de les collectionner… On va bien sûr vendre moins de copies sur papier, mais les histoires vont se retrouver dans votre télévision, sur votre ordinateur, votre téléphone intelligent. Nous sommes dans une véritable ère électronique, et tout change rapidement… Les bandes dessinées vont changer aussi, mais les super héros continueront d’être partout, dans les films, les jeux vidéo… Et ça sera toujours mieux d’être un héros qu’un vilain.