ComicCon de Montréal : Retrouvailles des générations avec William Shatner et Patrick Stewart

Samedi soir lors du ComicCon de Montréal, les fans de Star Trek ont été doublement comblés puisqu’un événement spécial accueillait non pas un mais bien deux officiers prestigieux de Starfleet sur la scène du Palais des Congrès, et non les moindres. William Shatner et Sir Patrick Stewart ont généreusement partagé quelques anecdotes à propos de deux générations différentes de la célèbre série de science-fiction dans une ambiance digne d’un spectacle d’humour. Ztélé a eu le plaisir d’assister à l’événement, dont voici un large extrait.


William Shatner : Bonjour Patrick!    


Patrick Stewart : Bonjour monsieur Shatner.


William Shatner: J’aime Patrick Stewart (applaudissements). Non, non, vous ne comprenez pas, J’AIME Patrick Stewart. Nous avons souvent travaillé ensemble à travers les années. Il y a quelque temps, nous avons été réunis pour une émission, et on s’est donné l’accolade. J’ignore comment, mais ma main est descendue plus bas (rires), et je lui ai peloté les fesses (rire général)...


Patrick Stewart : Ensuite, j’ai porté plainte contre toi pour abus sur une personne âgée (rire général). Avant de continuer, je dois dire que j’aime Bill Shatner. C’est un ami formidable, pour moi, pour The Next Generation. Il m’a toujours supporté. J’aimerais aussi dire, en tant que visiteur de votre belle ville, que j’ai appris quelque chose hier à propos de William Shatner que je ne savais pas auparavant, et qu’il m’a caché durant toutes ces années. Il parle un français passable (rires). Avec un accent très comique (rire général).


William Shatner : Je connais sept mots. Et je les utilise constamment (rire général).


Patrick Stewart : C’est très rare que ça t’arrive, mais dans ce cas-ci, tu es trop modeste (rire général et applaudissements).


William Shatner : Ça n’est pas gentil de ta part de dire ça. Vous savez, je viens de Montréal. J’étais ici bien avant vous tous (rire général). Je suis sérieux. Personne dans cette salle n’est plus vieux que moi! J’habitais au coin de l’avenue Marcil et Monkland. J’ai étudié à McGill, pas très loin d’ici (applaudissements). J’ai grandi ici, je suis parti à 21 ans. J’ai joué pendant trois ans au Mountain Playhouse... et j’ai toujours été incapable de retrouver mon chemin dans cette ville (rires). Ma femme et moi sommes arrivés hier soir dans une voiture de location. Il fallait faire le plein. Nous étions dans le centre-ville, et il n’y a aucune station-service dans le centre-ville (rires). J’ai tourné en rond de plus en plus loin pour finalement trouver une station-service... sur Marcil (rire général). Je vous jure. J’ai dit à ma femme « C’est là que je suis né », et elle m’a répondu « Dans une station-service? » (rire général).


Patrick Stewart : Tu sais, il y a plusieurs aspects fascinants à ce que tu racontes (rire général), mais pour moi, la parcelle d’information la plus intéressante, et je ne sais pas si vous serez d’accord, c’est que tu es le genre d’individu qui remplit le réservoir de sa voiture louée avant de la retourner.


William Shatner : Ils te facturent un montant exorbitant si tu ne le fais pas!


Patrick Stewart : Oui, mais Bill... Tu es assez riche pour te payer ça (rires)!


William Shatner : Tu ne comprends pas! Vous ne comprenez pas! C’est de l’argent canadien (rires)!


Patrick Stewart : Penses-tu qu’on devrait prendre des questions du public, ou est-ce qu’on continue de seulement discuter comme ça?


William Shatner : Ils vont nous demander quel est notre épisode préféré (rire général)!


Patrick Stewart : Ils ne vont pas nous demander quel est...


William Shatner : Ils vont nous demander quel est notre épisode préféré! Bon, (sur un ton menaçant) qui pose la première question?


(Une personne du public se présente au micro)


William Shatner : Si tu ne me demandes pas quel est mon épisode préféré, je te fais expulser de la salle (rire général).


Personne du public : Premièrement, c’est un honneur d’être dans la même pièce que vous deux (applaudissements nourris). Honnêtement, je ne suis pas un fan de Star Trek depuis si longtemps, on pourrait dire que c’est récent, mais après avoir vu tous les épisodes, je pense que mon préféré est...


William Shatner : Non, non, tu es censé nous demander quel est NOTRE épisode préféré! C’est quoi ce bordel (rire général)?


Personne du public: Donc, ma question à vous deux est : À travers les cinq différentes séries, incluant celles dans lesquelles vous avez joué... Quel est votre épisode préféré (rire général et applaudissements nourris)?


William Shatner : Patrick, quel est l’épisode que tu préfères dans ta série?


Patrick Stewart : L’épisode que je préfère s’appelle Inner light (applaudissements nourris). L’histoire nous a été proposée par une personne qui espérait que son script soit réalisé, pas par un auteur engagé sur la série. C’était le meilleur scénario que nous avions jamais reçu. C’est le seul épisode qui s’est mérité une quelconque forme de prix artistique, il a reçu un Ruban Bleu de la DGA, je crois, et…


William Shatner : N’est-ce pas l’association des emballeurs de viande (rire général)?


Patrick Stewart : Oui, et dans mon cas et celui de mes collègues acteurs, c’était très approprié (rire général). C’est aussi mon épisode préféré parce que mon fils y jouait un rôle.


William Shatner : Et il était merveilleux.


Patrick Stewart : Oui, il était merveilleux. Et toi?


William Shatner : Qui, moi? Je déteste cette question (rires)! Quel est ton épisode préféré… Je ne me souviens même plus de… Tu sais, j’en adore plusieurs, même si nous n’avons jamais reçu de prix de l’association des emballeurs de viande (rire général), mais il y en a un qui s’appelait City on the edge of forever, inspiré par la prémisse du voyage temporel, qui stipule que si on remonte dans le passé et qu’on modifie quelque chose, le futur au complet s’en trouve affecté. Le truc du battement d’ailes d’un papillon.


Patrick Stewart : On a fait cet épisode nous aussi (rires). Plusieurs fois (rire général).

William Shatner : Il fallait que je voyage dans le passé sans rien changer pour sauver une femme que j’aimais. C’était très émouvant. Très émouvant.


Patrick Stewart : Émouvant, mais surexploité (rires). Ce que je veux savoir, c’est si cette question était vraiment celle que le jeune homme voulait poser, ou s’il ne faisait que tenter de plaire à William Shatner (rire général)... Est-ce que tu as une vraie question (rire général)?


Personne du public : Oui, j’en ai une autre si vous m’offrez l’opportunité. Si vous aviez la chance de réécrire n’importe quel épisode de la série, ou n’importe lequel des films dans lesquels vous avez joué, que changeriez-vous, et pourquoi?

William Shatner : As-tu compris cette question (rires)? Ok, on va se poser nos propres questions (rire général).


Patrick Stewart : Je pense que j’aimerais répondre à la question « Comment t’es-tu senti quand on t’a offert le rôle de Jean-Luc Picard? » (rire général).


William Shatner : Posez lui la question (rires).


Modérateur : Comment vous êtes-vous senti quand on vous a offert le rôle de Jean-Luc Picard (rire général)?


William Shatner : C’est une drôle de coïncidence que tu en parles, puisque je suis présentement en train de tourner un documentaire sur The Next Generation, et l’une des questions qu’on aborde est comment Patrick Stewart a été choisi pour le rôle du capitaine. Je pense que tu étais à l’université UCLA, en train de jouer ou d’enseigner quelque chose de shakespearien, et Bob, l’un des producteurs de Star Trek, a entendu ta voix. Il est retourné aux studios en disant qu’il avait trouvé le comédien qu’ils cherchaient. Mais quelle a été ta réaction quand on t’a offert le rôle de Jean-Luc Picard dans Star Trek? « Vous faites erreur, je joue Macbeth? » (rire général).


Patrick Stewart : Bill, tu as formulé cette question de façon si magnifique (rires)… Avec intelligence, éloquence et humour, mais C’EST TOUJOURS LA MÊME QUESTION (rire général)! Pour l’essentiel, ton histoire est vraie, c’est comme ça que c’est arrivé. Quand mon imprésario a reçu la proposition, c’était bien avant l’époque des téléphones cellulaires, j’étais attablé avec une pile de journaux dans un café à Los Angeles. J’avais commandé un gros déjeuner californien, et j’ai passé deux heures et demi dans ce café tandis qu’il tentait désespérément de me trouver. Je n’entrerai pas dans les détails, c’est une longue histoire, mais je me suis éventuellement rendu à l’hôtel où l’un de mes amis anglais séjournait. Quand il a ouvert la porte de sa chambre, le téléphone s’est mis à sonner. Il a répondu, et m’a accueilli avec la phrase classique : « C’est pour toi » (rires). C’est à ce moment que j’ai appris que j’avais le rôle.


William Shatner : Oui, mais comment t’es-tu senti (rire général)?


Patrick Stewart : J’étais stupéfait. À travers tout le processus, qui a duré un bon six mois en comptant les auditions et les rencontres, je n’ai jamais cru une seule seconde que j’obtiendrais le rôle. J’étais nerveux. Je pense que mes genoux tremblaient un petit peu... Et je ne savais pas quoi répondre. Je n’avais jamais joué dans une série télévisée. J’avais quatre jours seulement pour donner ma réponse. Je connaissais quelques personnes à Hollywood, quelques auteurs, un ou deux producteurs, et je leur ai demandé conseil. Ils m’ont tous répondu « Accepte le rôle, parce qu’ils ne vous laisseront même pas terminer la première saison » (rire général). « Tout le monde sait qu’il va y avoir une nouvelle série de Star Trek, et tout le monde sait aussi que ce projet est voué à l’échec. Accepte le rôle, fait un peu d’argent pour une fois dans ta vie, va te faire bronzer, rencontre des gens sympathiques, puis rentre à la maison » (rire général et applaudissements).


William Shatner : J’ai aussi traversé ce processus à quelques reprises, mais il y a une chose que j’ai du mal à comprendre… Tu prends l’avion depuis Londres pour des auditions à Los Angeles, tu passes trois auditions, tu restes six mois sur place à attendre la décision, et quand ils te disent que tu as l’emploi, tu réponds (sur une voix pincée) « Je ne sais pas si je veux le faire? » (rire général). Qu’est-ce qui se passe dans ta tête (rire général)?


Patrick Stewart : J’aime bien visiter la ville de Los Angeles. Et prendre l’avion (rire général).


William Shatner : Permettez-moi de réitérer que j’aime Patrick Stewart (rires). J’aimerais raconter une anecdote. Nous avons joué dans le sixième film de Star Trek ensemble…


(Quelques personnes dans la foule crient « septième ».)


William Shatner : Nous avons joué dans le septième film de Star Trek ensemble (rire général). Quel est ton souvenir le plus vivide du tournage?


Patrick Stewart : Je me rappelle très clairement le jour où nous avons tourné ta première scène, du moins la première dans laquelle j’étais aussi. On se trouvait sur les flancs d’une montagne, et tu fendais du bois. Je me préparais à faire mon entrée, et ce que tu n’as pas vu, c’est à quel point l’événement était spécial pour toute l’équipe, parce qu’ils allaient voir les deux capitaines réunis dans une même scène du film. Les gens sur le plateau étaient tellement excités (applaudissements).


William Shatner : Voici ce que moi, je me rappelle. Parfois, les acteurs qui jouent ensemble tissent des liens intimes. On a apporté les chevaux sur le plateau pour les scènes équestres. J’ai une passion pour les chevaux depuis longtemps, et ça fait un bon moment que je pratique l’équitation et que je participe à des compétitions. Ils ont transporté mon propre cheval pour la scène, et une monture de cinéma pour Patrick, qui n’avait jamais monté à cheval auparavant…


Patrick Stewart : Non, en fait, j’étais souvent monté à cheval (rires). Ils m’ont donné un très mauvais cheval. Ce n’était pas le mien (rire général).


William Shatner : Je lui ai expliqué : « Patrick, j’ai fait des courses d’endurance, et je sais que nous allons êtres physiquement irrités si nous passons toute la journée en selle. Dans ces cas-là, les habitués savent qu’il vaut mieux porter de la lingerie féminine pour diminuer l’irritation. Il m’a répondu : « De la lingerie féminine? D’accord, je comprends… ». Au moment du tournage, il est sorti de sa cabine avec de la lingerie féminine… par-dessus ses vêtements (rire général). Je lui ai dit « Non, non, non Patrick, tu dois porter la lingerie EN-DESSOUS de tes vêtements (rire général). C’est mon souvenir préféré (applaudissements nourris).


Patrick Stewart : Si jamais vous regardez Star Trek Generations à nouveau, gardez à l’esprit que ces deux individus héroïques, le capitaine Kirk et le capitaine Picard, qui s’en vont sur leur monture, portent effectivement de la lingerie féminine en-dessous de leurs vêtements (rire général).


William Shatner : Mais pas de soutien-gorge (rire général et applaudissements nourris).