ComicCon de New York: Silent Hill: Revelation 3D

La suite hautement attendue du film Silent Hill, basé sur la franchise de jeu d'horreur du même nom, sortira en salle le 26 octobre prochain. À l'occasion du ComicCon de New York, Michael J. Bassett réalisateur, Adelaide Clemens interprète d'Heather Mason, Kit Harington, interprète de Vincent Carter et Samuel Hadida, producteur (aussi producteur des films de la franchise Resident Evil), sont venus parler du film et des défis de la production. Compte-rendu.

Modérateur : Michael, pouvez-vous nous parler du film et de ce que vous y avez apporté?

Michael J. Basset : J'ai été introduit à la franchise de Silent Hill en 2006. J'avais eu la chance de travailler avec Samuel sur le film Salomon Kane et lorsque l'opportunité de faire la suite de Silent Hill s'est présentée à moi, j'ai tout de suite sauté sur l'occasion, car j'adore le jeu. C'est un univers tellement atmosphérique et riche. Pour ce film, il me semblait logique d'utiliser l'histoire du troisième jeu de la franchise afin d'être en continuité avec le premier film. À mon humble avis, Silent Hill est un des univers possédant une des mythologies les plus riches et innovatrices dans le domaine du jeu. J'ai pris un réel plaisir à jouer dans cet univers et je crois que j'ai réussi à rendre justice à l'esthétique du jeu dans ce film. J'en suis très fier.


Modérateur : Beaucoup d'amateurs de jeux vidéo critiquent les films basés sur les jeux, car ils considèrent que ces adaptations ne sont pas assez fidèles au jeu. Que pensez-vous de ces critiques?


Michael J. Basset : Personnellement, je ne suis pas d'accord avec les gens qui font ce genre de critique. On a affaire ici à deux médiums différents. Pour moi, un film basé sur un jeu vidéo ne devrait pas bêtement être une relecture de la même histoire. Comme joueur, l'expérience est totalement différente. Les joueurs interagissent avec l'histoire du jeu, explorent et sont actifs dans l'univers. Lorsque vous êtes spectateur d'un film, vous vous faites raconter une histoire dont le but est de vous immerger dans un univers et de vous faire vivre une aventure. Les réalités étant différentes, il est donc dangereux à mon avis, de vouloir les comparer. De toute évidence, j'ai voulu faire un film fidèle à l'univers du jeu. Nous avons donc pris des éléments du troisième jeu et nous les avons placés dans la continuité du premier film. J'ai donc dû adapter l'histoire pour faire un film intéressant à regarder pour les gens n'ayant pas vu le premier film et n'ayant pas joué au jeu, ce qui était un défi en soi. Donc, tout ça mis ensemble, voilà ce qui donne le film Silent Hill : Revelation 3D et je dois dire que je suis assez content de notre travail.


Adelaide Clemens
 

Modérateur : Adelaide, peux-tu nous parler du personnage que tu interprètes dans le film?

Adelaide Clemens : J'interprète Heather Masson, une demoiselle de 17 ans, en fuite avec son père, interprété par Sean Bean. Elle est hantée par des cauchemars terrifiants  et se trouve happée dans le monde de Silent Hill.

Modérateur : Et toi Kit? 

Kit Harington : J'interprète Vincent Carter, mais malheureusement  je ne peux pas vous dire grand-chose sur mon personnage sans révéler des éléments de l'intrigue. Il faudra donc aller voir le film pour savoir qui je suis! Si vous connaissez le jeu, vous connaissez le personnage de Vincent. Je dois cependant vous prévenir que le personnage que nous avons placé dans le film est un peu différent de celui dans le jeu. Essayez d'aller voir le film sans attentes par rapport à mon personnage. Je ne vous en dis pas plus!

Kit Harrington

Modérateur : J'ai vu le film en 3D ce matin et c'est très impressionnant ce que vous en avez fait. Pouvez-vous nous parler du tournage et des défis associés à la 3D?

Michael : Je sais que plusieurs spectateurs dans la salle ne sont probablement pas des grands amateurs du 3D car souvent la façon dont les films en 3D sont faits, ce n'est pas bien adapté au médium. Les premières fois où Samuel (le producteur) m'a parlé de faire le film en 3D, je dois avouer que je n'étais pas chaud à l'idée moi non plus. Mais lorsque nous regardons ce que nous tentons de faire avec Silent Hill, c'est-à-dire, créer un monde rempli de monstres et placer le spectateur en totale immersion dans ce monde, la 3D devenait un nouvel outil pour pousser plus loin l'expérience artistique de l'univers de Silent Hill. Nous l'avons tourné en 3D, il n'y a pas eu d'ajout après tournage comme certains films le font.

Sur le plateau, nous pouvions voir ce que nous filmions et ajuster la profondeur de champ au besoin. J'avais un technicien spécialisé en tout temps à mes côtés pour s'assurer que ce que nous faisions allait donner des résultats extraordinaires à la fin. C'était tout un défi, car les caméras étaient grosses et encombrantes. Ce genre de matériel ralentit le processus de tournage, ce qui rend les journées encore plus exigeantes. Mais, maintenant, je pense fermement que cet outil nous a permis de créer une oeuvre vraiment immersive pour le spectateur. Nous avons fait le film en 3D, et je dois dire que si vous faites le choix de ne pas aller le voir en 3D, je peux vous assurer que vous ne verrez pas le film que nous avons fait, car nous avons porté une attention particulière pour le faire de cette façon. Même le son a été pensé pour ajouter une dimension supplémentaire au film.

Modérateur : Et vous Adelaide et Kit, pouvez-vous nous parler de votre expérience d'un tournage en 3D?

Adelaide : Je pense que la 3D est l'outil parfait pour décliner un jeu vidéo en film. C'est un naturel. Effectivement, tourner en 3D est un processus plus long. De plus, comme acteur, ce type de tournage pose certains défis dans le positionnement et c'est quelque chose que j'ai dû garder en tête toute la durée du tournage. Au final, ce fut quand même pour moi une expérience fascinante à laquelle j'ai aimé prendre part.

Kit : Pour moi aussi c'était une expérience excitante. Michael m'avait prévenu lorsque j'ai décidé de prendre part au projet que ceci rendrait le tournage plus long. Personnellement, je n'ai pas trouvé que de tourner en 3D a ajouté tant de longueur à nos journées. Je m'attendais à pire. C'est évident qu'il y a eu des moments, comme l'a mentionné Adelaide, où je devais être plus conscient de mon positionnement dans l'espace, car celle-ci affectait ce que nous allions voir à l'écran (exemple : une main qui sort de l'écran). Je pense que les défis étaient plus imposants pour l'équipe technique et pour les caméramans, mais pour moi, en tant qu'acteur, ce n'était pas si difficile.

Modérateur : Et vous Samuel, comment avez-vous approché l'utilisation de la 3D? 

Samuel Hadida : L'approche que nous avons prise est selon moi la meilleure. Le spectateur ne veut pas avoir des mains qui sortent constamment de l'écran. Nous avons donc gardé le focus à utiliser la 3D comme outil pour bonifier les qualités d'immersion de l'histoire. Et c'est là, à mon avis, que ça devient intéressant. C'est le même sentiment que recherchent les joueurs lorsqu'ils jouent à Silent Hill dans le noir. Les gens aiment vivre des sensations fortes et tout ce qui peut contribuer à augmenter leur expérience ne peut qu'être positif.

Michael J. Bassett

Modérateur : Il y a beaucoup de créatures dans le film, pouvez-vous nous parler de la façon dont vous vous êtes pris pour les créer?

Michael : Effectivement, Silent Hill est un univers foisonnant de monstres. De toute évidence, nous avons utilisé des éléments générés en CGI pour le film, mais comme je suis un puriste qui croit dans les bonnes vieilles méthodes, plusieurs des créatures sur le plateau étaient vraies. Je voulais que les acteurs puissent réagir de la façon la plus authentique possible aux horreurs présentes dans le film. De plus, la plupart des créatures de Silent Hill sont des déformations ou de la corruption du corps humain. Il est donc facile de créer ce genre de créatures à l'aide de costume ou de maquillage. Dans le film, il y a au final seulement une créature générée entièrement par ordinateur. Il s'agit de l'araignée formée de morceaux de mannequins démembrés. J'ai eu la chance d'être appuyé par une équipe très créative pour la confection des monstres présents dans le film.


Adelaide: Pour moi, c'était vraiment super d'avoir un réalisateur disposé à investir dans la création de ces monstres. J'avais donc en face de moi le personnage de Pyramide rouge mesurant dix pieds de haut, et je devais l'affronter, mais en plus le cascadeur jouant le personnage, Roberto, est devenu mon ami et ajoutait de sa personnalité au monstre ce qui le rendait encore plus crédible et terrifiant à mes yeux.  

Kit : J'adore pouvoir discuter avec un humain versus un élément généré par ordinateur. Ce qui est un peu dommage avec le CGI c'est que maintenant, il est possible de tout faire, comme faire sauter une bâtisse par-dessus une autre. Les spectateurs sont de moins en moins impressionnés. Dans ce film, je pense que nous avons de bons éléments de CGI, mais ce n'est pas ce qui en ressort comme élément dominant.

Samuel : Honnêtement, je ne sais pas comment Kit aurait pu être aussi effrayé par les infirmières si celles-ci avaient été générées par ordinateur.

Kit : Tu as raison!

Silent Hill

Question du public : Michael, j'ai vu Salomon Kane et j'ai adoré. J'ai eu la chance de voir les 30 premières minutes de Silent Hill et j'ai adoré. As-tu d'autres projets sur la planche, car j'aimerais vraiment te voir réaliser un film sur le jeu Bioshock?

Michael : Je pense que je devrais commence à courtiser Gore Verbinski (qui est le réalisateur pressenti pour réaliser le film basé sur Bioshock) tout de suite au cas où il aurait besoin d'un remplaçant, car j'adorerais vraiment réaliser le film basé sur Bioshock!

Question du public : Jusqu'à quel point avez-joué au jeu en préparation du film?

Michael : Je joue à des jeux vidéo depuis que je suis gamin. Selon moi, Silent Hill était le précurseur du genre en matière de jeu d'horreur. Je suis avant tout un joueur PC et je suis un peu moins habile avec une manette dans les mains. J'ai joué beaucoup au premier opus et selon moi, ce qui amène le plus la dimension immersive est la qualité des sons dans le jeu.  Oui, l'histoire est incroyable, oui les créatures sont terrifiantes, mais l'univers sonore est tellement intense. Rien n'était comparable avant. Les gens chez Konami ont fait un travail fantastique lorsqu'ils ont pris les éléments du jeu et ont ajouté la musique et les effets sonores. Plusieurs critiques statuent que le deuxième opus est le meilleur de la série, personnellement j'adore le trois.

Ce qui est bien avec le film c'est que Konami nous a donné accès à la bible du jeu qui explique toute la mythologie. Comme joueur, j'ai tendance à jouer les scènes pour avancer à l'intérieur du monde. Puis, lorsque j'ai fini, je retourne en arrière et je trouve ça fantastique de voir  à quel point le monde de Silent Hill est riche et à quel point certains détails m'ont complètement échappés. Donc, en tant que fan, j'ai tenté d'inclure certains de ces détails comme clin d'oeil aux joueurs. Si vous portez attention, vous pourrez reconnaître certaines scènes "frame par frame" telles que vous les avez jouées, notamment dans la scène du carrousel.  

Adelaide : J'ai joué au Nintendo 64 enfant, mais je ne suis malheureusement plus une joueuse.

Kit : J'ai tenté de jouer environ 10 minutes à Silent Hill, mais j'ai vraiment trop eu la trouille!

Samuel : C'est l'inverse pour moi! Comme ce n'est pas moi qui joue, c'est mon fils, lorsqu'il y a des moments intenses dans l'histoire, je lui demande de continuer à jouer, car je trouve ça passionnant!

Michael: À vrai dire Samuel, c'est un peu la faute de ton fils Laurent qui avait vraiment peur en jouant au jeu que tu as commencé à t'intéresser à cette histoire et à vouloir en acheter les droits pour en faire un film!

Question du public : Dans la franchise de Silent Hill, quels jeux aimeriez-vous adapter dans la continuité du film?

Michael : J'aime tellement l'univers de Silent Hill, mais pour être honnête, j'aimerais vraiment faire un film avec des éléments de l'univers, mais pas nécessairement une adaptation d'un autre jeu. J'aime beaucoup les histoires racontées dans les romans graphiques ayant été produits dans l'univers de Silent Hill. J'aime aussi beaucoup les histoires qui réfèrent au temps où Silent Hill était une prison ou encore l'histoire de Downpour. Il y a d'ailleurs un élément à la fin du film Revelation qui fait référence à Downpour. Mon fantasme serait de faire un film vraiment petit budget, qui ne serait pas du tout grand public, qui explorerait l'univers plus noir, sexuel et tordu de Silent Hill. Ensuite, j'aimerais faire une nouvelle histoire qui n'est pas fixée dans un jeu pour étendre l'univers.

Question du public : Ma question est pour Adelaide, tu en as parlé brièvement tantôt, mais j'aimerais que tu parles un peu plus sur ta façon de travailler sur ce film avec les différents monstres.

Adelaide : C'était très exigeant physiquement. Beaucoup de course, beaucoup de cris. À vrai dire pour me mettre dans l'ambiance, je poussais un grand cri avant chaque prise.

Michael : Dans le DVD, nous allons d'ailleurs inclure un montage fait avec les cris qu'Adelaide poussait avant les prises! Ça va être intense, je vous le promets!

Silent Hill : Revelation 3D sortira en salle le 26 octobre prochain.