Connaissez-vous les micro-influenceurs?

par Pier-Luc Ouellet

Vous avez sûrement déjà entendu parler des influenceurs, ces personnalités populaires sur les réseaux sociaux qui se font payer des sommes astronomiques pour vanter des produits, ou pour faire la promotion d’entreprises et de services

Ça me semble une vie idéale. Moi aussi, j’aimerais être payé une fortune pour aller me faire bronzer dans le sud avec une casquette CORONA®. 

Par contre, pour être un influenceur populaire, il faut répondre à l’un de ces critères : être célèbre pour ses autres accomplissements (je n’ai rien fait de ma vie), être jolie en maillot (je ne suis pas joli en maillot) ou alors être musclé et donner des conseils de fitness (je suis bien trop paresseux). 

Heureusement, une nouvelle tendance qui pourrait mettre mon rêve à ma portée connaît un fort essor en 2018 : les micro-influenceurs. 

C’est quoi, un micro-influenceur? 

Pour bien comprendre ce qu’est un micro-influenceur, il faut comprendre ce qu’est un influenceur. 

Si vous ne connaissez pas trop le phénomène, je vous le résume rapidement : les influenceurs sont des personnalités populaires sur les réseaux sociaux qui acceptent de vanter les mérites d’un produit, souvent en échange d’une rémunération (mais des fois, les compagnies ne font que fournir leurs produits gratuitement, et laissent les influenceurs donner leur véritable opinion). 

Habituellement, ces influenceurs ont de larges auditoires. L’une des influenceuses les plus connues dans le monde est probablement Kim Kardashian, avec ses 118 millions d’abonnés.

(D’ailleurs, note intéressante, elle ne détient même pas le record du plus grand nombre d’abonnés! La palme va plutôt à Selena Gomez, avec ses 143 millions d’abonnés. Mais rendu là, 25 millions d’abonnés de plus ou de moins…)

Un micro-influenceur est donc un influenceur qui a beaucoup moins d’abonnés, parfois moins de 1000. Sinon, le principe reste fondamentalement le même : les entreprises leur offrent des produits, ou des contrats, en espérant faire rayonner leurs marques, et augmenter leurs ventes. 

Pourquoi prendre un micro-influenceur?

Reste une question : pourquoi faire affaire avec une micro-influenceur? Tant qu’à mettre de l’argent, aussi ben choisir un turbo-influenceur, non? Si j’étais le Casse-croûte chez Gérard, j’aimerais mieux faire faire ma pub par Rihanna que par Gastonne, la madame qui vient téter son café chaque matin. 

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les entreprises s’intéressent soudainement aux micro-influenceurs. 

La première est très simple : un micro-influenceur, ça coûte pas mal moins cher. Pour une publication commanditée, les rumeurs veulent que Kylie Jenner, la petite sœur de Kim Kardashian, chargerait jusqu’à 1 million de dollars. 

Moi, j’ai à peu près 500 abonnés. Pour vrai, tu m’offres un gratteux et je me fais tatouer le logo de ton entreprise si tu veux. 

Mais il y a une raison beaucoup plus importante qui explique l’intérêt envers les micro-influenceurs. Et cette raison va vous surprendre :

Les consommateurs ne sont pas niaiseux. 

L’affaire, c’est que les gens se sont bien rendu compte que ces méga-vedettes ne sont pas sincères. Kim Kardashian pourrait bien essayer de nous faire croire le contraire, on le sait qu’elle ne mange pas de Kraft Dinner chaque soir pour souper. 

Mais il semble que le public fasse davantage confiance aux individus qui ont moins d’abonnés sur leurs réseaux sociaux. Ils ont l’impression d’avoir une relation plus sincère avec ces pas-si-cool de l’Internet, et leur font donc plus confiance dans leurs achats. 

Le taux d’engagement (ça, c’est le pourcentage de gens qui vont liker, cliquer, commenter, bref, tout sauf passer tout droit) serait même 5% plus élevé!

Bref, les compagnies récupèrent tout. Si votre tante Ginette qui n’a pourtant que 200 amis Facebook se met à poster constamment sur la Four Loko, méfiez-vous. Elle est peut-être devenue une micro-influenceuse!