Critique: Baldur’s Gate Enhanced Edition

par François Dominic Laramée le 12 février 2013

 

  • Éditeur: Overhaul Games 
  • Prix: 10$ pour iOS, 20$ pour Windows. Versions Android et Mac à venir.
  • Classement ESRB: Inconnu
 
Lancé en novembre 1998, Baldur’s Gate est rapidement devenu un classique dans l’univers des jeux de rôles sur ordinateurs personnels, mais il n’était pas sans défaut, loin de là. Truffé de bogues et terriblement exigeant pour les cartes graphiques de l’époque, le jeu aura connu des problèmes techniques qui en auront découragé plusieurs... Moi le premier! La reconstruction par Overhaul Games (une équipe qui compte notamment dans ses rangs certains des créateurs de la version originale) a-t-elle finalement permis à Baldur’s Gate de devenir tout ce qu’il aurait pu être dès le début?
 
En un mot: oui. En trois mots: oui, ou presque!

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Sommaire rapide: il se trame des choses louches auxquelles votre mystérieuse origine semble liée, et votre père (assassiné avant d’avoir pu vous révéler quoi que ce soit d’utile) vous envoie à l’aventure. Vous devrez acquérir des compagnons de route et combattre une quantité effarante de monstres et d’ennemis maléfiques en contrôlant tous les membres de votre équipe; heureusement, vous pourrez régulièrement mettre les combats en pause pour choisir les armes, sorts magiques et potions que vos coéquipiers utiliseront pour vous protéger, exactement comme si vous étiez assis à une table avec un maître de donjon et que vous contrôliez tous les personnages d’un groupe.
 
En termes de contenu, Baldur’s Gate Enhanced Edition offre non seulement tout le matériel de l’original, mais aussi quelques personnages et quêtes supplémentaires. On n’en demandait pas tant puisque le jeu était déjà immense: c’est un peu beaucoup lui qui a lancé le «standard» des jeux de rôles de 100 heures et plus. Et déjà, à l’époque, on saluait les solutions créatives que les développeurs avaient trouvées pour contourner les limites du système de Donjons et Dragons (2e édition) sur lequel le moteur de combat est basé, notamment le déséquilibre entre les classes de personnages. Par exemple, j’ai toujours préféré jouer des magiciens, mais un magicien du premier niveau dans les vieilles éditions de D&D se retrouvait souvent limité à lancer un ou deux sorts faiblards puis à se cacher pendant tout le reste de la journée; dans Baldur’s Gate, mon cher magicien a non seulement pu, après un quart d’heure de jeu, trouver un anneau magique lui permettant de doubler son arsenal de sorts de premier niveau (et mystérieusement abandonné sous un arbre, comme ça, sans raison), mais il a aussi rapidement acquis une baguette de missiles magiques et quelques autres gadgets lui permettant d’être actif... et de survivre à la première flèche venue, ce qui est loin d’être assuré en temps normal!
 
Ceci dit, n’en concluez pas que le jeu est facile. Oh, que non. Même avec quelques robustes compagnons, vous risquez d’avoir des sueurs froides à de nombreuses reprises. Jamais de ma vie je n’avais connu des koboldes aussi féroces, par exemple. Mais on s’y fait... Une fois qu’on a pris l’habitude de sauvegarder souvent.
 

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Rien à redire sur le contenu des quêtes, qui sont bien conçues et tout à fait assez variées pour garder l’intérêt. Les décors et les personnages aussi sont tout ce qu’il y a de plus satisfaisants, de la druidesse fatigante au gros guerrier qui parle à son hamster après avoir pris trop de coups sur la tête, en passant par les compagnons «chaotiques mauvais» que vous devriez engager pendant quelques minutes, ne serait-ce que pour les entendre se plaindre des voix qu’ils ont dans la tête. 
 
Seules ombres au tableau: il reste des bogues en quantité non négligeable (moins que dans la version originale, et de moins en moins à chaque mise à jour, mais sauvegardez souvent quand même) et les effets visuels associés à certains pouvoirs magiques réduisent soudainement la performance de l’application de 90% ou plus. À moins de jouir d’une patience angélique, vous apprendrez bien vite à vous passer des sorts «Entangle» et «Web», qui paralysent vos adversaires... et votre machine. Dommage.
 
Le verdict: une réussite incontestable qui redonne une seconde vie à un jeu qui le méritait bien. Même si le système de Donjons et Dragons 2e édition n’a pas particulièrement bien vieilli, on passe l’éponge et on en profite allègrement.
 
Note: A-.