CRITIQUE: DIABLO III

par François Dominic Laramée

Développeur et éditeur: Blizzard Entertainment
Plates-formes: Windows et Mac OS X (version testée: Mac OS X)
Prix: 60$
Cote ESRB: M (17 ans et plus)

On l’attendait depuis 12 ans. Le voilà enfin. Est-il à la hauteur, ce Diablo III qui est en développement «officiel» depuis 2008?
 
La réponse, en un mot, n’est ni «oui» ni «non». La réponse, c’est: «bof». 
 

LE BON

 
Diablo III n’est pas dépourvu de qualités, loin de là. Par exemple:
 
La prise en mains du jeu est instantanée.
Le style de jeu bien-aimé de la série ne change pas: il s’agit de massacrer ses boutons de souris pour démolir des hordes et des hordes de bibittes sales dont on connaît pas mal toujours les forces, les faiblesses et les points de vie restants. Du bon hack and slash rapide, pas compliqué, satisfaisant quand on n’a pas trop envie de se concentrer.
Les différentes classes de personnages offrent des styles de jeu assez distincts pour satisfaire la plupart des personnalités de gamers.
Le design audio-visuel est très réussi. La mini-carte qui décrit l’environnement que l’on explore, confinée au coin supérieur-droit de l’écran, est bien plus agréable à utiliser que la carte pleine grandeur en surimpression de Diablo I et II. 
Il y a une bonne variété de monstres à trucider.
Et l’imbuvable système d’inventaire qui ruinait la vie des joueurs a été amélioré sans être dénaturé, au prix de quelques décisions bizarres comme le fait qu’une armure consomme maintenant le même espace qu’un petit poignard.
 
Bref, si ce jeu s’appelait «Pas Diablo Du Tout» et coûtait 10$ sur XBOX Live Arcade, on le trouverait bien mignon. Un peu simplet, parfois même un peu niais, mais tout à fait divertissant.
 
Diablo III
 

LE MOCHE

 
Malheureusement, le jeu s’appelle Diablo III, il coûte 60$, et on l’attend patiemment, l’ai-je dit assez souvent, depuis plus d’une décennie. Les espoirs étaient donc immenses. Peut-être même déraisonnables...
 
Or, si la série Diablo n’a jamais été particulièrement complexe, les développeurs ont choisi cette fois de tout simplifier à l’extrême. À l’intérieur d’une classe de personnages, le système de progression par niveaux ne laisse à peu près aucune marge de manoeuvre au joueur. C’est faible. Il faut se fier sur le changement de classes et sur les quêtes multijoueurs pour obtenir une valeur de rejouabilité satisfaisante - d’autant plus qu’un joueur le moindrement éveillé peut venir à bout de la campagne en 12 à 15 heures.
 
Plus grave: aux niveaux de difficulté «raisonnables», il n’y a pas de tension dans ce jeu-là. On ne se sent jamais en danger, et ça, même si on n’a plus accès à la bonne vieille tactique d’avaler 12 potions de guérison de suite pour se sauver d’un ennemi puissant. Oui, on apprécie de ne pas avoir à mourir à tout bout de champ et à recommencer 50 fois le même bout de scénario, mais on aimerait quand même avoir le sentiment d’accomplir quelque chose!
 
Quant au système de gestion des droits numériques, on peut parler d’un fiasco. Devoir être branché à un serveur sur Internet en tout temps, même pour jouer seul, c’est déjà désagréable quand tout fonctionne... Et impossible au chalet... Mais quand les serveurs font défaut à répétition? Croit-on sincèrement que ce système causera autant d’ennuis aux pirates qu’aux joueurs honnêtes?
 
Diablo III
 

CE QUI EST CONTRE MA RELIGION

 
Je ne dirai pas un mot sur les maisons d’encan où l’on peut acheter de l’équipement pour son personnage avec du véritable argent. Pas un.
 

LA CONCLUSION

 
Diablo III est un bon petit jeu, sans plus. Si Diablo II a martyrisé nos souris pendant des années et des années, Diablo III, lui, nous offre quelques bons moments, mais il sombrera bien vite dans l’oubli. Déjà, je constate qu’une heure à la fois me suffit amplement... Ce qui était loin d’être le cas avec les épisodes précédents de la série. 
 
NOTE: C+