Critique : Kinect Star Wars

par Patrick Robert le 9 avril 2012

Développeur: LucasArts & Terminal Reality
Éditeur: Microsoft Studios
Plate-forme testée: XBOX 360 (nécessite Kinect)
Prix: 49.99$
Cote ESRB: T (13 ans et plus)

La Force, Luke...

Kinect Star Wars
 
Le mariage entre la technologie Kinect et l’univers de la Guerre des étoiles a fait miroiter bien des promesses. Après tout, se débarrasser de la manette et contrôler l’action avec ses gestes est ce qui s’approche le plus de l’usage de la force par les chevaliers Jedis. Les fans attendaient le lancement du jeu avec impatience depuis sa première démonstration publique en 2010. Il est enfin sur nos tablettes, et même s’il souffre d’une reconnaissance de mouvements inégale et livre une expérience somme toute superficielle, on éprouve tout de même un certain plaisir à se plonger dans Kinect Star Wars.
 

Destin de Jedi 

 
R2-D2 et C3P0 donnent le ton en nous accueillant dans les archives digitales qui servent à choisir l’un des cinq modes de jeu disponibles. La campagne d’environ cinq heures se résume à une compilation de scènes d’action, dans un scénario qui traverse l’ensemble des films de la série. On participe à des courses effrénées, du combat spatial, et bien sûr, des duels au sabre laser contre des adversaires de plus en plus redoutables, allant jusqu’à Dark Vador lui-même. C’est d’abord une expérience sur rails contenant plusieurs mécaniques automatisées. Les périodes où l’on contrôle véritablement le jeu sont courtes et régulièrement interrompues par des cinématiques.
 
Kinect Star Wars
 
Un hologramme d’Obi Wan Kenobi affiché dans le coin inférieur de l’écran illustre en tout temps les gestes à reproduire. On fend l’air d’une main pour manier le sabre laser, tandis que de l’autre, on utilise la force pour projeter les ennemis et soulever les objets. On s’incline vers l’avant pour se déplacer et on esquive les attaques en se penchant de côté. Les mouvements demandés sont simples et naturels, mais la détection s’avère parfois inégale. Les batailles au sol durant la campagne, tout comme le mode « duel de destins » (qui consiste en une série d’affrontements 1 contre 1), souffrent d’un délai substantiel entre nos gestes et leur répercussion à l’écran, auquel on finit par s’habituer.
 

Leia, esclave... de la danse! 

 
Le reste de cette collection de mini-jeux présente heureusement une reconnaissance de mouvements parfaite, sans aucune latence. Dans le « carnage de Rancor », on saccage un village de Tatooine, gesticulant dans son salon pour briser les édifices à coups de poings, ruer sur les habitants ou attraper les soldats pour les lancer à des mètres de distance. C’est rigolo, et défoulant à petites doses. La « course de modules » nous place au volant d’un pod pour des compétitions dignes de l’Épisode 1. On tend ses bras vers l’avant comme si on tenait un volant pour diriger son bolide. À part ces épreuves de course, tous les jeux peuvent accueillir deux personnes simultanément.
 
Kinect Star Wars
 
Ce qui risque de faire hurler les puristes est la « bataille de danse galactique », où l’on se trémousse sous les traits d’Han Solo, de Boba Fett ou même de la princesse Leia dans son costume d’esclave, lors de chorégraphies qui ont pour but de divertir Jabba le Hutt. Il s’agit essentiellement d’une version simplifiée du jeu Dance Central. La quinzaine de chansons qu’on y entend sont des remixes de succès populaires dont les paroles ont été modifiées. « Genie in a bottle » de Christina Aguilera devient « Princess in a battle », et « YMCA » se transforme en « Empire Today ». Il faut un certain sens de l’humour pour apprécier cette transgression, et ceux qui pensent que George Lucas a vendu son âme il y a longtemps n’y verront qu’une preuve de plus. 
 

Le côté obscur

 
Les graphiques reproduisent fidèlement l’univers de Star Wars, quoique de manière un peu stylisée et sans grande profondeur de textures. Plusieurs personnes ont durement critiqué les visuels. S’ils ne sont pas à la hauteur de ce qu’on peut voir sur les consoles aujourd’hui, le titre possède tout de même des rendus supérieurs à la majorité des jeux Kinect, qui affichent la plupart du temps des environnements et des modélisations de personnages simplifiés. Les temps de chargement sont par contre assez longs. La trame sonore et le bruitage respectent à la lettre le matériel original. Le jeu est disponible intégralement en français, mais les comédiens qui assûment la traduction ne sont pas à la hauteur. Si vous êtes bilingue, les voix anglaises proposent une meilleure qualité d’interprétation. Aucun des acteurs originaux n’y reprend toutefois son rôle.
 
Kinect Star Wars
 

En conclusion

 
Kinect Star Wars n’est peut-être pas le jeu épique que plusieurs attendaient, mais malgré ses défauts techniques et le manque de profondeur de son expérience, il fournira quelques bons moments aux jeunes padawans et à tous ceux et celles qui ne vouent pas un culte absolu à cette galaxie très éloignée 
 
Star Wars Kinect mérite une note de B-