Critique: le jeu vidéo Rock of Ages

TITRE: Rock of Ages

PLATES-FORMES: XBOX Live Arcade, PlayStation Network, Windows (via Steam)
PRIX: 10-12$
 
ROCK OF AGES est un jeu d’action et de puzzles qui combine le style “Tower Defense” (”défendre son château”) avec l’exploration de labyrinthes et la course sur piste. On y joue le rôle de Sisyphe, le héros de la mythologie grecque qui est condamné à pousser un gros rocher jusqu’en haut d’une colline et à le voir redescendre au pied de celle-ci, sans relâche, pour l’éternité; dans le jeu, Sisyphe parvient à s’échapper de l’enfer et défie des personnages historiques (ou pseudo-historiques) de toutes les époques à une série de duels à coups de boulets. Ainsi, on affrontera tour à tour Léonidas le Spartiate, Vlad l’Empaleur, l’Empereur Justinien, et bien d’autres. Chacune des missions est d’ailleurs mise en scène par une courte cinématique en 2D truffée de références à la culture populaire et d’anachronismes souvent très drôles, ce qui rappelle la belle époque de Monty Python.
 
Pendant un duel, on alterne entre deux modes de jeu: le pilotage d’un boulet, et un “mode stratégique” où l’on étudie le parcours et les défenses de l’adversaire et où l’on construit les siennes, pendant que nos sbires sculptent notre prochain boulet. En tout, une bataille dure typiquement entre 3 et 7 minutes.
 
L’ATTAQUE
Pour gagner une mission, il faut guider une série de gros boulets rocheux à travers les défenses de l’ennemi et s’en servir pour enfoncer les portes de son château. Le boulet est soumis aux lois de la physique, mais comme s’il s’agissait d’un véhicule: on peut tourner ou freiner si on le désire, mais pas instantanément. On peut aussi sauter par-dessus les obstacles et les crevasses. Dans l’ensemble, les contrôles sont efficaces, quoique si on n’a pas bien étudié la topographie du parcours avant de se lancer à pleine vapeur on risque fort de plonger dans un ravin, ce qui nous fait perdre de précieuses secondes - parce que le boulet de l’ennemi, lui, roule à pleine vitesse vers notre château.
 
LA DÉFENSE
Justement, pour enfoncer la porte de l’ennemi, il faut que notre boulet frappe celle-ci à la vitesse maximale et en ayant subi un minimum de dommages en cours de route. Il est donc important de bien placer ses défenses pour ralentir le boulet de l’ennemi, le dégrader, ou même le projeter dans un ravin.
 
Le choix de défenses est intéressant (catapultes, tours de garde, éléphants de guerre, même vaches féroces!) mais on ne peut pas placer n’importe quoi à n’importe quel endroit; de grandes sections de la piste sont carrément hors-limites, et les projectiles ne peuvent pas être lancés dans toutes les directions. Il faut donc bien réfléchir - d’autant plus que la construction n’est pas instantanée, ce qui fait qu’il est bien difficile de préparer une défense de dernier recours quand le boulet ennemi a enfoncé nos lignes.
 
Dans l’ensemble, la planification des défenses constitue l’élément le plus difficile (et le plus aléatoire) du jeu. Il est impossible de construire une forteresse imprenable, et même un travail de défense moyennement adéquat risque de coûter cher, en argent et en temps de jeu: n’oubliez pas que, pendant que vous vous défendez, vous ne pouvez pas attaquer.
 
LE BUDGET
En cassant tout avec nos boulets (défenses ennemies, décorations, etc.), on accumule de l’argent qui pourra servir à payer nos défenses et à acheter des power-ups pour nos boulets. J’ai trouvé ces derniers d’un rapport qualité-prix discutable: on peut acheter une dizaine de tours en garde en pierre pour le prix d’un boulet en feu qui perd ses pouvoirs bien avant d’avoir atteint le château adverse. Vaut mieux investir dans les défenses.
 
 
 
LE VERDICT
ROCK OF AGES est une combinaison amusante de plusieurs styles de jeu bien établis. Pas facile du tout, cependant: la marge d’erreur est très mince, et un seul boulet trop affaibli vous fera perdre tellement de temps que vous n’aurez plus la moindre chance de vous rattraper. À déguster en petites doses.
 
Note: B-