CRITIQUE: MAX PAYNE 3

par François Dominic Laramée

Développeur et éditeur: Rockstar Games
Plates-formes: XBOX 360, PS3, Windows (à compter du 1er juin)
Plate-forme testée: PS3
Classement ESRB: M (17 ans et plus)
Site web officiel: http://www.rockstargames.com/maxpayne3/

Max Payne est un ancien policier réduit à l’état de loque humaine par un passé tragique dont il n’arrive pas à se libérer. Son seul divertissement: boire à s’en rendre malade, de préférence en avalant un maximum de pilules pour tenter d’endormir sa douleur en chemin. Lorsqu’il obtient un boulot peinard de chef de la sécurité pour une riche famille brésilienne, il pense avoir décroché la semi-retraite dont il a besoin pour s’auto-détruire en paix... Mais une série d’enlèvements le sort de son petit confort «destroy» et le force à redevenir la machine (à tuer) qu’il était auparavant.
 

Le sale monde de Max Payne 

 
On ne peut pas dire que Max Payne vient nous voir trop souvent. Trois jeux en 12 ans, pour une franchise de ce calibre, ce n’est pas beaucoup... Tant et si bien que plusieurs n’auront qu’un vague souvenir des épisodes précédents. Peu importe: la cinématique d’introduction résume le noir passé de l’anti-héros de façon tout à fait adéquate.
 
Il faut aussi dire qu’un personnage aussi chargé d’émotions négatives ne serait peut-être pas aussi percutant si on le voyait plus souvent. Car Max Payne, c’est l’archétype de l’anti-héros: pas spécialement sympathique, accro aux antidouleurs (qui servent d’ailleurs de mécanisme de guérison en cours de jeu), destructeur, incapable de se sortir de son malheur... Et malgré tout terriblement attachant. On ne voudrait pas de lui comme voisin, et encore moins lui ressembler dans la vraie vie. Mais on ne peut faire autrement que de se sentir aspiré dans sa tourmente, tellement qu’on finit par le comprendre mieux qu’il ne se comprend lui-même. Chapeau aux scénaristes: Max Payne3, c’est une oeuvre d’art.
 

Ce qui fonctionne 

 
Si la direction artistique de Max Payne 3 ne balaie pas les honneurs de fin d’année, il devrait y avoir une révolte. Les jeux d’images et de couleurs (dédoublements d’écran, images volontairement hors-foyer, distorsions, etc.), la qualité des textes et du jeu d’acteurs, les espèces de sous-titres stylisés qui viennent parfois accompagner la narration des événements par Max, les prises de vue, tout est deux ou trois niveaux au-dessus de ce que l’on considère habituellement très bon. Du boulot de classe mondiale.
 
Les contrôles, pas tous intuitifs, exigent un certain effort de prise en main, mais une fois qu’on s’y est habitué, on réalise qu’ils sont impeccables. L’extrême ralenti pour tirer très précisément n’a plus l’attrait de la nouveauté qu’il pouvait avoir en 2001, mais il fonctionne à merveille. Les changements d’armes, la couverture, l’assignation automatique des cibles, le mouvement, les petits commentaires subtils que Max émet lorsqu’on s’attarde trop longtemps dans un cul-de-sac: tout est bien pensé.
 
Le niveau de difficulté repose cependant plus sur la rareté des médicaments nous permettant de récupérer des blessures que sur l’intelligence des adversaires, qui est somme toute assez conventionnelle. La taille des environnements de combat, et surtout les nombreuses distractions qui nous empêchent de savoir immédiatement d’où viennent les menaces, constituent aussi des défis intéressants et pas trop courants: essayer de se battre avec quelques bandits masqués dans une discothèque bardée de sources d’éclairage criards, ce n’est pas de la tarte...
 
Et bien sûr, on réalise parfois des exploits «hautement capotés»... Comme par exemple, tirer sur une roquette en plein vol pendant que l’on est suspendu à l’une des pattes d’un hélicoptère. Ridiculement invraisemblable, mais très satisfaisant pour le macho qui sommeille profondément en chacun(e) de nous!
 

Ce qui ne fonctionne pas

 
Il n’y a pas grand chose à reprocher à ce jeu. Le fait qu’il se déroule au Brésil, et que les conversations entre les personnages secondaires se déroulent souvent en portugais, fait en sorte que les non-lusophones parmi la population des joueurs devront parfois passer de trop longs moments à ne rien faire, en attendant qu’on veuille bien nous traduire ce qui se passe.
 
Il y a aussi des modes «arcade» et «multijoueurs», sans doute obligatoires en matière commerciale, mais franchement superflus. Jouez au mode «scénario». Et si vous n’en avez pas assez, rejouez au mode «scénario». Le reste n’est que du vent. Autrement dit: il y a 1000 jeux de tir aussi (ou plus) efficaces que Max Payne 3 en mode multijoueurs, mais très peu qui peuvent rivaliser à lui en termes d’intégration de la jouabilité et de la trame narrative.
 

Le verdict

 
Avec un niveau de tension toujours approprié, une bonne variété d’actions à réaliser, et un anti-héros hors du commun, Max Payne 3 livre la marchandise sur toute la ligne. Chers amis, je pense que nous avons un sérieux candidat au titre de jeu de l’année sous la main.
 
Note: A+