Critique: Ni No Kuni: la vengeance de la Sorcière Céleste

par François Dominic Laramée le 4 février 2014

Plate-forme: PlayStation 3
Éditeur: Namco Bandai
Prix: 60$
Cote ESRB: E 10+ (recommandé à partir de 10 ans)
Site Web en français: http://www.ninokunigame.eu/fr.html

 
Ni No Kuni («Mon second pays», selon mes connaissances rouillées de la langue japonaise) vient joyeusement démentir le truisme selon lequel il ne se passe jamais rien de bon au mois de janvier dans le petit monde du jeu vidéo. S’il ne réinvente rien des conventions du jeu de rôles à la japonaise, Ni No Kuni les peaufine quasiment à la perfection et saura plaire à la grande majorité des joueurs.
 

Le principe

 
Un jeune orphelin visite un monde parallèle dans le but de ressusciter sa mère. En chemin, il développe ses talents surnaturels et rencontre quantité de créatures aux pouvoirs uniques qui l’aideront à combattre ses ennemis, montent de niveaux comme lui, etc. Ce qui n’est pas DU TOUT calqué sur les Pokémon, non non non, il ne faut pas dire ça... (En fait, oui, ça ressemble pas mal à du Pokémon. Mais ça marche très bien.)
 

Le contenant

 
Amateurs d’animation de haute qualité, vous serez servis. Le mélange d’imagerie 3D et de personnages au «look» traditionnel surpasse même, à mon avis, ce que l’on a vu avec Borderlands 2 l’automne dernier, ce qui n’est pas peu dire. (Le style est différent, bien sûr, mais la qualité est tout à fait comparable.)
 
Le scénario n’a rien de révolutionnaire, mais il est bien écrit et suscite des sentiments de «chaud au coeur» fréquent et d’émerveillement occasionnel. Seule mise en garde: il faut être capable de supporter certaines conventions du jeu à la japonaise, notamment les compagnons un peu niais qui s’expriment en argot parisien ou, si vous choisissez la version anglaise, comme Jar Jar Binks.  
 
Quant à la trame musicale du jeu, elle vous hantera pendant des jours. Du grand art.
 

Le contenu

 
Si le monde dans lequel le jeu nous plonge reste assez convenu (combien de fois avons-nous vu des produits japonais mettant en vedette de gentils orphelins et leurs compagnons soi-disant rigolos?), les développeurs l’ont pimenté de juste assez d’idées charmantes pour que l’on ne s’en formalise pas du tout. J’aime particulièrement l’idée de reconstruire des âmes brisées en leur redonnant les émotions manquantes, quitte à les «récolter» auprès d’autres personnages qui en ont trop. Une manière tout à fait mignonne d’utiliser la fantaisie et les pouvoirs magiques.
 
En cours de route, il faudra combattre des tonnes et des tonnes de monstres, soit en leur tapant dessus soi-même à coups de baffes et d’attaques magiques, soit en confiant la tâche à des «créatures familières» dotées de leurs propres talents. En début de partie, combattre en tant qu’Oliver n’est pas une mauvaise idée; par la suite, ça devient dangereux. 
 
Les mécanismes qui régissent le combat fonctionnent très bien: le tout se déroule en «faux temps réel» puisque l’on peut assigner des commandes à nos personnages (en arrêtant le temps quand il s’agit de choisir un sort magique, par exemple), puis regarder ce qui se passe et interrompre une action en cours de route si on réalise qu’elle risque de se retourner contre nous. Un système qui n’est pas sans rappeler le bon vieux Knights of the Old Republic, toujours invaincu dans ce domaine. Et assez rapidement, les combats quittent le un-contre-un pour se complexifier avec l’apparition de monstres multiples aux pouvoirs décuplés et d’alliés supplémentaires, ce qui fait que même si on affronte plusieurs fois les mêmes créatures la routine ne s’installe pas trop.
 
Évidemment, de la bagarre, il y en a beaucoup. Tout ce qui grouille dans le monde de Ni No Kuni en veut à notre peau, on dirait; je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été interrompu dans une mission urgente (ou que j’avais simplement envie de faire vite) parce que Bibitte X a détecté ma présence et a décidé de me sauter dessus. Résultat: la progression du jeu semble parfois très, très lente, du moins jusqu’à ce que... Ah, non, je ne vous le dis pas! :-)
 

Le verdict

 
Si vous avez le moindre intérêt pour les jeux de rôles à la japonaise, pour l’animation de haute qualité, ou même pour le jeu vidéo en général, il faut que vous essayiez Ni No Kuni. Pas de discussion! 
 
Mais abstenez-vous de choisir la version téléchargeable car les 5$ de rabais risquent de vous coûter une fortune de bande passante compte tenu des... 27 Go du fichier d’installation du jeu. Ouch!
 
Note: A.