D'où vient ce cri ridicule?

par Violaine Ducharme - 37e AVENUE le 29 juillet 2015

Qu’ont en commun les films Star Wars, Indiana Jones, Toy Story, Willow et Aladdin ? On peut y entendre le même hurlement de la mort, baptisé le cri de Wilhelm. Oui, car c'est le running gag préféré des ingénieurs sonores au cinéma depuis plus de 60 ans.

Le cri de Wilhelm fut nommé ainsi en l’honneur du personnage qui l’a crié pour la première fois dans le film Distant Drums, en 1951 : le pauvre s’est fait happer par un crocodile en traversant un marais. Enregistré d’abord en studio par l’acteur Sheb Wooley, on a pu utiliser le cri à plusieurs reprises au cours des années suivantes, notamment dans le western de 1953 The Charge at Feather River, les cowboys et les Indiens s’entretuant à qui mieux mieux. Un cri universel, donc.

 

On l’entend sans véritablement l’entendre, car c’est toujours dans le feu de l’action qu’il jaillit. Tomber du haut d’une falaise ou d’un autobus, se faire canarder ou projeter à 10 mètres à cause d’une explosion, toutes les catastrophes et tous les accidents sont de bons prétextes pour utiliser le cri de Wilhelm, qu’on pourrait qualifier d’un mélange de surprise, d’horreur et de détresse. La petite note aiguë est franchement attendrissante.

 

On doit la récurrence de ce cri à Ben Burtt, celui qui a baptisé le cri dans les années 1950 et qui a décidé de le réutiliser au cours des années 1970, pour chacun des films auquel il travaillait, surtout ceux de George Lucas et de Steven Spielberg (Star Wars, Indiana Jones 1-2-3).

La liste des films y ayant eu recours s’allonge chaque année, dépassant 300 occurrences. Et quand on l’a entendu une fois, on le reconnaît tout de suite !