Entretien et réparations mécaniques

Une moyenne 800 $ par année, c'est de bonne guerre

par Nadine Filion
 
À moins de savoir lire dans les boules de cristal, personne n’est en mesure d’estimer avec exactitude les coûts d’entretien et, éventuellement, de réparations d’un véhicule. Par contre, la plupart des études sur le sujet révèlent que ce poste de dépenses automobiles est beaucoup moins inquiétant que la dépréciation et les coûts en carburant.
 

Pour une Civic : 2,18 cents/km 

Les coûts d'entretien d'un véhicule vont varier selon la marque et le modèle, mais aussi selon l'utilisation qu'on en fait, le type de conduite que l'on adopte et le nombre de kilomètres que l'on parcoure, les équipements qui montent à bord et si l'entretien est régulier ou s'effectue juste « quand ça fait mal ». 
 
Ceci dit, l'Association canadienne des automobilistes (CAA) livre chaque année une évaluation des coûts d'utilisation d'une automobile. En 2012, elle a estimé que l'entretien de routine d'une Honda Civic (voiture compacte) représente une facture de 2,18 cents par kilomètre parcouru — et de 4,6 cents pour une Toyota Carmy (berline intermédiaire). 
 

Bon entretien : que des avantages

Plus qu'un gage de santé mécanique, un bon entretien a une incidence positive sur la durée de vie d'un véhicule, aide à en conserver une bonne valeur de revente et, au quotidien, réduit sa consommation en carburant.
 
Encore faut-il bien l'exécuter, cet entretien. Pour ce faire, disent les experts, il faut religieusement respecter le carnet mis au point par le constructeur et qui fait partie intégrante du manuel du propriétaire — vous savez, cet épais bouquin refoulé dans la boite à gants et dont les pages n’ont jamais été tournées…
 
Le carnet d'entretien livre tous les détails nécessaires, pour un véhicule donné, quant au moment et à la fréquence des vérifications de fluides, vidanges d’huile, rotation des pneus, remplacement des filtres et inspections mécaniques. Bref, tout ce qui compte pour que ça tourne rond!
 
Deux programmes y sont généralement proposés : le régulier et l'intensif. « Choisissez l’intensif, intime Raynald Côté, de CAA-Québec. C’est ce que nous recommandons pour nos conditions routières, particulièrement celles hivernales. »
 

Réparations : inévitables

Les réparations sont inévitables pour une voiture qui prend de l’âge. Mais lorsqu'on les met en perspective, « ces coûts sont presque toujours inférieurs à la dépréciation que subit une voiture neuve », dit Éric Brassard, planificateur financier et auteur de Finance au Volant.
 
Dennis DesRosiers, le grand guru de la statistique automobile au Canada, est du même avis. Selon ses calculs, l'entretien et les réparations d'un véhicule représentent une facture variant entre 10 000 $ et 15 000 $ sur 15 ans, alors que la dépréciation fait beaucoup plus mal : entre 25 000 $ à 35 000 $ sur 15 ans.
 
Bien sûr, les premières années de vie d'une voiture ne coûtent pas grand-chose d’autre que l'entretien régulier, puisque la garantie du constructeur est encore en vigueur. Puis, les factures se font un peu plus salées au fil des nouveaux alternateurs et batteries qui doivent être installés. 
 
M. DesRosiers a évalué (en 2012) ces coûts moyens annuels à :
- 756 $ pour les véhicules âgés de quatre à cinq ans;
- 944 $ pour ceux âgés de six à sept ans;
- de 913 $ pour ceux âgés de 8 à 12 ans.
 
Surprise : les véhicules de 13 ans et plus s'en tirent avec une moyenne annuelle qui chute à 801 $. Soit leurs propriétaires sont moins diligents à les faire réparer ou soit... tout a déjà été réparé!
 
Reste que dans l'ensemble, une voiture coûtera en moyenne 800 $ par année d'entretien et de réparations, traditionnellement un peu moins pour les véhicules japonais et un peu plus pour les véhicules américains, dit M. DesRosiers. Notez que 800 $, c'est moitié moins que les frais de transport et de préparation facturés à l'achat d'un nouveau véhicule...
 

Plus, c'est mieux

Les Québécois visitent leur garagiste ou concessionnaire pour l’entretien de leur automobile moins souvent que les autres Canadiens : 2,9 fois par année contre 3,2 fois. Dommage, car il faut savoir qu'un véhicule bien entretenu permet d'économiser sur plusieurs plans, notamment sur celui du carburant. 
 
L’Office de l’efficacité énergétique du Canada soutient que les systèmes mécaniques d’un véhicule, lorsqu'ils sont mal entretenus, peuvent faire augmenter jusqu’à 50 % la consommation en carburant. C'est énorme. 
 
De fait, parcourir 100 kilomètres dans une petite voiture mal entretenue peut coûter plus de 15 $ en essence – contre moins de 10 $ à bord de celle mécaniquement tenue en ordre.
 
Parfois, il suffit d’un petit détail. Un filtre à air bouché? La gloutonnerie du véhicule peut augmenter de 10 %. Une huile trop usée? Non seulement fait-elle augmenter la consommation en carburant, mais elle peut sérieusement endommager le moteur. Des freins qui collent? Le moteur doit travailler plus fort – et inutilement.
 

L'envers de la médaille

C’est bien beau, entretenir son véhicule pour le faire durer, mais à l’envers de cette médaille, il y a... l’acharnement mécanique. 
 
La réparation coûte plus cher que ce que vaut la voiture? On y pense deux fois avant de l’entreprendre. Aussi, un moteur ou une transmission qui rend l’âme peut signifier que l'heure de la mise au rancart a sonné. 
 
La plus grande alarme du changement, selon George Iny, président de l'Association pour la protection des automobilistes (APA), demeure toutefois celle de la carrosserie : « Votre voiture est rouillée, trouée? Ne pensez pas à la faire repeindre ou réparer, ça ne vaut ni le coup… ni le coût! »