Entrevue avec Jean-Claude Van Damme

Déjà numéro un au box-office nord-américain depuis sa sortie en salle vendredi dernier, The Expendables 2 compte plusieurs légendes du film d’action parmi sa distribution, dont Jean-Claude Van Damme, qui incarne le rôle non pas d’un quelconque vilain, mais bien de Jean Vilain. Il est de passage à Montréal ces jours-ci, et c’est en compagnie de quelques journalistes que Ztélé a eu l’occasion de participer à une table ronde en présence du célèbre comédien, connu sous le sobriquet de « Muscles from Brussels ».

Voici le compte-rendu de cette rencontre.

Jean-Claude Van Damme

J’ai lu que vous vous êtes fait proposer… 

 
Jean-Claude Van Damme : Tu lis (rire général)? Je ne savais pas que tu lisais…
 
Oui, ça m’arrive à l’occasion. J’ai lu que vous vous êtes fait proposer de jouer dans le premier Expendables et que vous avez refusé. Pourquoi avez-vous refusé, et qu’est-ce qui vous a convaincu de participer au deuxième volet?
 
JCVD : Ah, bonne question... C’est parce que j’étais à Hong Kong, et je dirigeais un film qui s’appelait Full Love, qu’on avait fait en Thaïlande. Je découpais le film, et c’est là qu’on m’a téléphoné. Donc, j’étais un peu dans ma fièvre de directeur, on a parlé, moi, Stallone, ensemble, tout ça, on a parlé du script. Il avait déjà une vision bien précise, où aller avec la distribution, mais il n’avait pas encore complètement fini l’histoire, si tu veux. Il avait une vision de prendre nous tous dans un film, sachant nos specialties, et il devait y avoir des points de rencontre où le film et l’histoire progressent. Et c’est là où il a mis chaque different Expendable, so that they have a... un temps pour briller. To shine. 
 
Jean-Claude Van Damme
 
Mais, qu’est-ce qui vous a fait accepter de jouer dans le deuxième film?
 
JCVD : Ah oui, c’était ça la question (rire général). Donc, alors moi, je ne savais pas encore quel rôle Stallone avait en tête pour moi, et je venais justement finir un film comme réalisateur. Et c’est très dur après des films comme réalisateur de ne pas savoir, en tant qu’acteur, mon chemin de A à Z. Donc, tout ça ne s’est pas tellement bien arrangé pour le premier film, mais on s’est quittés de très bonne façon. Stallone sait que je suis un fan. Et alors, Expendables 2 est arrivé. Et puis, je me suis proposé comme vilain. Il a adoré l’idée. Voilà. 
 
Jean-Claude Van Damme
 
Est-ce que c’est difficile de jouer un vilain?
 
JCVD : Non, parce que, tu dois savoir où tu vas en tant que vilain et savoir pourquoi t’es un vilain, qu’est-ce qui t’a rendu, comment on dit, euh… un peu… pas trop normal. Donc, je me suis mis dans ce rôle du méchant, mais j’ai demandé à Stallone « Mais, what do you want from me? ». Et il me dit : (imite Stallone parfaitement) « When you fight, we both have something in common. » (rire général)… Il n’aime pas que je l’imite, mais c’est important, parce que je l’aime bien, quoi. Je lui ai donc répondu « What, Mister Stallone? », et il me dit « We both believe in the code of honor ». Mais, très sérieusement, alors, j’ai été très impressionné. (Imite Stallone encore) « But of course, you like money. You love money. Ok now (claque ses doigts), get away from my trailer » (rire général). J’ai donc pu comprendre que je devais faire un peu ce genre-là… Alors, j’ai su que la priorité pour mon personnage c’était l’argent et que c’était un mec qui était, excusez-moi l’expression, fucked-up. C’est pour ça que je crois avoir fait un bon travail. J’ai vu le film hier au cinéma ici, à Montréal, pour la première fois, et j’ai gardé une certaine réalité. Parce que même si c’est un film qui est un popcorn, ils ont des blagues partout et de l’action et tout ça, moi, j’ai quand même gardé mon rôle de vilain très… vilain, très, enfin euh… vilain (rire général). Et ça apporte une certaine cohérence, au film. Parce que si je commence à faire des blagues à la Van Damme ou des trucs comme ça, le vilain n’a aucun sens. 
 
Donc, j’ai vraiment pris mon rôle au sérieux. Au point même que, lorsque je suis arrivé sur le set, il y avait toujours une distance entre moi et les Expendables. Parce que c’est des gens avec qui j’ai grandi à l’écran, au cinéma. Ça a été mes idoles, ils m’ont donné un point de rendez-vous pour être envieux et pour être mieux qu’eux. 
 
Jean-Claude Van Damme
 
Pas être jaloux, mais être envieux, c’est une grande différence. Donc, j’ai envié ces héros, et évidemment, eux, ils ont progressés. Et c’était un peu comme ça sur le set. Entre Arnold, Stallone, Dolph, myself, on a tous une spécialité, on était tous envieux l’un de l’autre. Ils se gonflent comme des cocoricos le mieux qu’ils peuvent, mais d’une manière très très très Expendables, très groupe. Et moi le vilain, j’étais dans mon rôle, et j’ai gardé une distance, et ils m’ont pris pour un snob, et ils m’ont pris pour un timide… 
 
Jean-Claude Van Damme
 
Avec toute cette panoplie d’acteurs, est-ce que ce serait le mot de la fin du genre héroïque?
 
JCVD : Non, parce qu’on a nos super héros. Je crois que l’héroïsme va toujours rester, parce que c’est dans le DNA de l’homme. Ça dépend des situations cinématographiques qui se trouvent dans le script et tout ça, mais ce qui est bien avec ce film, c’est la vieille garde. C’est des gens qui ont appris, le film d’action, enfin certains, des gars comme Mister Stallone, Mister Schwarzenegger, when they saw Charles Bronson and the Steve McQueen of the day, c’était leurs héros… Spartacus, Hercule, et Tarzan. Moi aussi je l’ai vu. C’était leur modèle, et il fallait aller à la salle de sport pour faire ça. Moi, c’est pareil, quand j’ai vu Bruce Lee avec ses nunchakus, ses coups de pieds et tout ça, quand j’ai vu Rocky frapper BAM! BAM!, et tu sens qu’il y va avec son cœur, ça m’a encouragé et inspiré. On vient tous de la vieille école. Parce qu’on a appris comme ça. On savait qu’à l’époque, il y aurait une caméra, et qu’il y aurait de l’action dedans. 
 
Anyway, this is a great interview, I never did an interview like this. It’s half-french, half-english… À moitié français, à moitié anglais! 
 
Jean-Claude Van Damme