Entrevue avec Kristin Kreuk pour Beauty & the Beast

Dans la série Beauty & the Beast
On a vu Kristin Kreuk dans les populaires séries Chuck et Smallville, mais ces jours-ci, c’est son rôle dans la nouvelle version de Beauty & the Beast qui retient l’attention. Alors que l’émission arrive à Ztélé, voici le résumé d’une session de questions et réponses à laquelle l’actrice s’est prêtée.
 
Vous avez joué dans Smallville, mais vous êtes maintenant la vedette de votre propre série télévisée. Sentez-vous davantage de pression, d’autant plus que vous reprenez le rôle tenu par l’actrice culte Linda Hamilton?
 
Kristin Kreuk : On me demande souvent si je sens plus de pression avec Beauty & the Beast. Je pense que c’est une énorme responsabilité d’être la vedette d’une série télévisée, mais c’est aussi très excitant. À mon avis, Linda Hamilton est fantastique. Personne ne pourra jamais la remplacer. Le personnage que j’interprète n’est pas le même que celui qu'elle jouait, et notre émission est très différente de celle qui la mettait en vedette. Pour moi, c’est davantage une source d’inspiration que de pression. C’est une actrice formidable, et je me considère choyée de pouvoir suivre ses traces un tout petit peu…
 
Kristin Kreuk
 
Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle? On vous voit dans des scènes d’action, en train de tirer des coups de feu... Pouvez-vous nous parler du côté physique? 
 
Kristin Kreuk : Tu as cinq questions? D’accord. Commençons par l’aspect physique du rôle. J’ai pratiqué la gymnastique de compétition, je détiens une ceinture mauve en karaté, et j’ai également fait de la danse. Je me sens donc plutôt confortable avec un style de jeu plus physique. Les gens qui ont regardé tous les épisodes de Smallville savent de quoi je suis capable, mais ceux qui ont suivi la série de façon moins assidue ignorent peut-être que je peux aussi livrer un jeu très physique. Ça fait partie de mon bagage. 
 
Avez-vous rencontré de vrais détectives du NYPD? 
 
Kristin Kreuk : Je suis Canadienne, et les armes à feu ne font pas partie de notre culture. Il a fallu que je m’entraîne pour manier un pistolet. Heureusement, je n’ai pas à dégainer trop souvent dans l’émission. C’est étrange de porter une arme. Ça comporte une part d’autorité qui me met mal à l’aise, mais je m’y habitue tranquillement. J’ai rencontré deux femmes détectives pour ma préparation. Elles ne faisaient pas partie de la police de New York, mais de Los Angeles. Ces deux personnes avaient des points de vue assez différents sur le métier. On a surtout discuté des émotions qu’elles vivaient en tant que femmes détectives, parce que j’ai l’impression que ce n’est vraiment pas facile d’accomplir ce travail. Elles m’ont beaucoup parlé du sens des responsabilités; elles protègent une société qui ignore les horreurs dont elles sont témoins de l’autre côté du cordon de police. Ça faisait du sens d’utiliser ces sentiments pour le personnage de Catherine, puisqu’elle se sent responsable et veut sauver la Terre entière. C’est un peu sa motivation. Ces femmes me fascinent. J’ignore comment elles parviennent à conserver leur humanité, en dépit des épreuves qu’elles doivent affronter quotidiennement sur le terrain.
 
Kristin Kreuk
 
J’aimerais connaître les points communs et les différences entre le personnage de Catherine et vous.
 
Kristin Kreuk : C’est drôle, à mesure que l’intrigue se développe, je découvre de plus en plus de points communs entre nous deux. Je n’ai pas vécu d’expérience traumatique comme elle. Alors qu’elle n’avait que dix-neuf ans, sa mère a été tuée devant ses yeux. Elle se sent responsable, et pense à tort qu’elle aurait pu empêcher la tragédie en agissant autrement. On sent ses remords à travers chacune de ses enquêtes, à travers chaque personne qu’elle tente d’aider. Nous sommes tout de même identiques sur d’autres points. Catherine entretient des relations maladroites avec les hommes. Il lui faut du temps pour s’ouvrir. Elle protège farouchement son intimité, ce qui ne l’empêche pas d’être chaleureuse, et capable d’amour. 
 
Vous êtes l’incarnation de la princesse moderne au petit écran. Aimez-vous les contes de fées, et comment ces histoires vous ont-elles touchées?
 
Kristin Kreuk : J’adore certains contes de fées, et d’autres me laissent plutôt indifférente. Pour être plus précise, je trouve que l’histoire de Beauty & the Beast contient de très belles métaphores. L’idée centrale du récit est que l’amour transcende. Qu’il permet de mieux s’accepter, mais aussi de mieux accepter les autres. Je ne t’aime pas uniquement pour ce que tu fais pour moi ou parce que c’est facile, j’aime l’ensemble de ton être. Tous les côtés de ta personnalité, même les moins bons. Cette morale est noble, et si nous réussissons à passer ce message d’une façon ou d’une autre, je pense que nous aurons accompli notre boulot. 
 
La réception de l’émission a été parfois mitigée. Comment réagissez-vous aux critiques négatives? Aussi, vous considérez-vous comme une dure à cuire?
 
Kristin Kreuk : Honnêtement, je suis emballée par l’émission. La distribution comme les membres de l’équipe sont merveilleux. Les critiques critiquent. Je pense qu’il faut un peu temps pour établir une nouvelle série, et notre auditoire ne cesse d’augmenter. Est-ce que je me considère comme une dure à cuire? Je ne sais pas. Pour moi, être dure signifie aussi être endurcie. Je ne pense pas être endurcie, puisque je suis encore sensible aux choses qui m’entourent.
 
Kristin Kreuk
 
Smallville et Beauty & the Beast visent surtout un jeune public. Aimeriez-vous jouer dans des productions visant les adultes?
 
Kristin Kreuk : Comme la plupart des personnages de Beauty & the Beast ont de 28 à 35 ans, ce n’est pas comme si je jouais encore les adolescentes! J’ai participé à plusieurs séries qui s’adressent aux adultes, mais personne ne les a vues (rires)! Le jeune public me convient parfaitement pour l’instant. Ça apporte son lot de responsabilités, surtout quand on s’adresse à des jeunes femmes, mais j’espère avoir une influence positive.
 
Aimez-vous travailler Jay Ryan qui interprète "la bête"? 
 
Kristin Kreuk : Travailler avec Jay est un pur plaisir. C’est avant tout un acteur de talent. Il roule sa bosse en Australie et en Nouvelle-Zélande depuis longtemps. Je ne peux vraiment imaginer personne d’autre que lui dans le rôle. Je ne connais pas de comédiens qui seraient capables de tourner une scène incroyablement intime avec Catherine, pour se mettre à grogner comme une bête l’instant d’après. Il s’investit énormément. Si un décrochage survient sur le plateau, tout le monde rit, sauf Jay. Il reste concentré dans son personnage de la Bête. C’est vraiment agréable de travailler avec lui. 
 
Vous parliez de métaphores plus tôt. Pouvez-vous élaborer sur la pertinence de Beauty & the Beast à une époque où nous sommes obsédés par l’apparence physique et la superficialité?
 
Kristin Kreuk : Wow. Voilà une excellente question. C’est vrai que notre société actuelle est assez superficielle, non? J’ignore pourquoi je vous raconte ça, mais en venant ici, j’entendais les conversations des autres passagers dans l’avion. Mes voisins feuilletaient un magazine à potins, et ils passaient des commentaires du genre: « Cette actrice est jolie, mais ses seins sont vraiment trop petits », ou « Pourquoi porte-t’elle ces vêtements horribles? ». Ça m’a abasourdie. Dans notre émission, la beauté ou la laideur ne sont que des allégories sur les facettes intérieures de l’être humain, pas sur l’apparence. On essaie d’aller au-delà de la surface. 
 
Kristin Kreuk
 
Catherine est une femme sympathique que tout le monde aime. Possède-t’elle un côté plus obscur?
 
Kristin Kreuk : Catherine possède définitivement sa part d’ombre. Elle est animée par l’esprit de vengeance, ce qui n’est pas particulièrement positif. Elle pense qu’en arrivant à résoudre le crime dont sa mère a été victime, sa vie s’arrangera d’elle-même, et que la douleur s’en ira. Elle craint aussi de montrer sa vulnérabilité. Elle est introvertie, et refuse de s’engager dans une relation sérieuse. Elle ment également beaucoup. C’est parfois nécessaire dans son métier de détective, mais elle « omet » souvent de mentionner certaines informations aux personnes de son entourage. Plus on ment, plus on entretient une situation de conflit. Il devient difficile d’être authentique à cause de tous ces mensonges dont il faut garder le compte. 
 
Plusieurs émissions populaires exploitent les contes de fées. Qu’est-ce qui explique cet engouement d’après vous?
 
Kristin Kreuk : Je pense que c’est dû en partie au désir d’évasion du public. Certaines émissions au ton plus réaliste remportent aussi du succès, mais les contes de fées demeurent la forme ultime d’évasion. Ce sont de très belles métaphores, qui nous permettent d’explorer différents aspects de la psyché humaine. D’où leur importance, à mon avis.