Entrevue exclusive avec Manu Bennett alias Slade Wilson dans Arrow

On a pu voir Manu Bennett dans des productions comme 30 Days of Night, The Hobbit: An Unexpected Journey, ou Spartacus, mais ces jours-ci, c’est sa participation à l’émission Arrow qui retient l’attention. Ztélé a profité de son passage à Montréal lors du ComicCon pour s’entretenir avec l’interprète de Slade Wilson dans la série télévisée.
 
On vous a décapité dans 30 Days of Night et dans Spartacus… Qu’est-ce que ça fait de se voir mourir ainsi à l’écran?
 
Manu Bennett : C’est vrai, on m’a coupé la tête à plus d’une reprise (rires)… C’est assez intense dans 30 Days of Night. Billy Kitka a été mordu, et il est sur le point de se transformer en vampire. Je me souviens avoir fait deux ou trois cents push-ups avant de tourner cette scène, simplement pour avoir l’énergie nécessaire pour crier et rugir de la sorte. Je me suis vraiment époumoné. En comparaison, la décapitation de Crixus dans Spartacus a été beaucoup plus subtile. Tout se passe dans le regard de Naevia, ce qui crée un moment très différent de 30 Days. C’est drôle, ce sont deux scènes où on me coupe effectivement la tête, mais elles n’ont pas beaucoup de points communs, grâce à la façon très différente dont elles sont interprétées.
 
Manu Bennett
 
Maintenant que Spartacus est terminé, qu’est-ce qui vous manque le plus du personnage de Crixus et de l’émission?
 
Manu Bennett : Je n’ai pas encore eu le temps de m’en ennuyer, parce qu’on m’en parle tous les jours (rires). Pas une seule journée ne passe sans qu’une douzaine de personnes ne m’abordent dans la rue pour me demander si c’est moi qui jouait Crixus, et ils n’ont habituellement que des compliments pour la série. Ce rôle est probablement le plus grand accomplissement de ma carrière jusqu’à maintenant. Ça m’a ouvert les portes pour travailler sur des films, comme The Hobbit de Peter Jackson. L’expérience est assez différente. On capture mes mouvements en studio durant environ une semaine pour donner vie au personnage d’Azog, tandis que sur une série télévisée, la longévité permet de développer davantage son personnage, d’y apporter plus de nuances. On dispose de beaucoup moins de temps sur un long-métrage. C’est la grande force de la télévision. 
 
Manu Bennett
 
Arrow est de plus en plus populaire. La série vient à peine de débuter et déjà, on peut voir plusieurs personnes déguisées en Oliver Queen pour le ComicCon cette année…
 
Manu Bennett : Arrow possède déjà un plus grand auditoire que Spartacus n’a jamais eu. C’est en voie de devenir la sensation de l’heure. Je me considère très chanceux d’avoir obtenu le rôle de Slade Wilson, un personnage d’antihéros qui provient directement de la culture populaire, et j’ai très hâte d’approfondir sa personnalité au cours des prochaines années. C’est fantastique de participer à une émission qui remporte un tel succès, et dont le public se répartit à l’échelle planétaire. J’adore ça!
 
Comment avez-vous été approché pour jouer dans Arrow? Étiez-vous familier avec les bandes dessinées?
 
Manu Bennett : J’étais sur le point de prendre l’avion à Los Angeles, lorsque mon agent m’a téléphoné et m’a demandé si je pouvais me libérer quelques heures pour une audition, pour un rôle dans un truc intitulé Arrow. Je connaissais déjà Stephen Amell, parce qu’il avait auditionné pour Spartacus quand ils ont dû remplacer Andy Whitfield. Je me suis donc rendu à l’audition à la dernière seconde. Comme acteur, je favorise une approche réaliste, j’essaie toujours me rapprocher le plus possible de la vérité. Durant l’audition, on m’a demandé de faire une prise de tête au comédien qui me donnait la réplique, mais j’y suis allé un peu fort et je l’ai littéralement étranglé (rires). Il s’est évanoui, avant de tomber par terre. Je suis en pleine audition. Je regarde le réalisateur, et je me confonds en excuses. On dit au pauvre comédien d’aller se passer de l’eau sur la figure. Il se lève pour aller à la salle de bains, et son visage est rouge comme une tomate. Je me sentais mal. J’ai pensé qu’on allait m’expulser sur le champ, ou encore appeler la police pour procéder à mon arrestation, quelque chose du genre (rires). Au lieu de ça, on m’a dit que j’étais parfait pour jouer Slade Wilson, et que j’injectais la bonne dose de réalisme au personnage. J’ai donc décroché le rôle par un étrange concours de circonstances, et parce que j’ai étranglé le comédien qui me donnait la réplique (éclate de rire).
 
Manu Bennett
 
Slade Wilson un rôle assez demandant physiquement. Avez-vous rencontré des défis particuliers durant le tournage de la première saison?

 
Manu Bennett : Honnêtement, il y a beaucoup d’action dans Arrow, mais contrairement à Spartacus, je travaille maintenant dans un pays où la sécurité sur le plateau n’a rien à voir avec ce qu’on retrouve en Nouvelle-Zélande. En Nouvelle-Zélande, ils se fichent qu'on se blesse durant le tournage et nous laissent faire à peu près toutes les cascades, parce qu’on ne peut pas poursuivre pour des blessures. Les règlements encadrant le travail des acteurs là-bas ne couvrent que les factures médicales, des trucs comme ça, alors qu’en Amérique, les comédiens peuvent entreprendre des démarches légales et poursuivre les studios en Cour s’ils se blessent. C’est donc très différent. Durant le tournage de Spartacus, j’étais constamment à l’hôpital pour des points de suture. Je me suis cassé trois côtes lors d’une seule scène de bataille (rires). Je joue encore un dur à cuir dans Arrow, mais le rôle n’est pas si demandant physiquement… Du moins, pas encore, parce que ça ne fait que commencer. Je pense que le personnage de Slade Wilson va être pas mal plus exigeant physiquement dans le futur (rires).
 
Manu Bennett
 
Vous êtes maintenant devenu un personnage récurrent dans Arrow. Que pouvez-vous nous dire sur la deuxième saison?
 
Manu Bennett : Je sais que Slade Wilson souhaite définitivement quitter cette île… S’il réussit, je me demande bien à quel endroit on va le voir apparaître (rires). On n’a pas encore vu le vrai Deathstroke dans Arrow, tu sais… La série possède sa propre chronologie des événements. L’évolution se fait un peu différemment dans l’émission que dans les bandes dessinées originales de DC, mais je pense que le public peut faire confiance à son intuition pour deviner la suite des choses (rires)…