Entrevue exclusive avec Tahmoh Penikett

Le comédien Tahmoh Penikett était de passage à Montréal à l’occasion du ComicCon. Ztélé en a profité pour discuter avec lui de son personnage de Karl Agathon dans Battlestar Galactica, de son travail avec Joss Whedon sur Dollhouse, et de sa prochaine série de science-fiction, intitulée Star-Crossed
 
Vous êtes le fils de l’ancien Premier ministre du Yukon. Est-ce que c’est le côté théâtral de la politique qui vous a donné envie de devenir comédien?
 
Tahmoh Penikett : C’est une observation intéressante (rires). Mon père était comédien bien avant d’entrer en politique; mon grand-père aussi était acteur. Mon père a fondé sa propre troupe de théâtre. Il a écrit et monté plusieurs pièces, dans lesquelles il jouait également. Il a fréquenté l’Université en même temps que Michael Ondaatje. C’est là qu’il a commencé à écrire. La carrière politique de mon père le tenait très occupé, mais il trouvait toujours le temps de m’emmener au cinéma. Il m’a fait voir des films intelligents, provocants, des drames adultes. C’est ainsi que j’ai développé le goût du cinéma dès mon jeune âge. Il y a aussi plusieurs conteurs dans ma famille, et ultimement, c’est ce qu’on fait lorsqu’on est comédien : on raconte des histoires. D’aussi loin que je puisse me rappeler, j’ai toujours voulu devenir acteur et jouer dans des longs-métrages.
 
Tahmoh Penikett
 
Vous participez souvent à des productions de science-fiction. Recherchez-vous ce genre de rôles, ou est-ce simplement un hasard?
 
Tahmoh Penikett : J’ai effectivement un faible pour la science-fiction, mais ce n’est pas quelque chose que je recherche à tout prix. C’est seulement la tangente que ma carrière a prise. J’ai eu l’immense privilège de travailler sur des émissions significatives. À mon avis, Battlestar Galactica est un drame. Oui, ça se déroule dans un monde fantastique, mais les problèmes abordés par la série dépassent largement le cadre de la science-fiction. C’est presque réducteur de décrire Battlestar comme une simple émission de science-fiction. On l'a souvent qualifié de West Wing de l’espace, et j’en suis fier, parce que durant les cinq années où elle a été diffusée, c’était probablement l’émission de science-fiction la plus politique sur les ondes.
 
Est-ce que la science-fiction propose des rôles moins stéréotypés pour un comédien, en comparaison à jouer un détective dans une série policière par exemple?
 
Tahmoh Penikett : Je ne crois pas qu’il y ait vraiment de différence, peu importe le genre. C’est l’humanité du personnage qui prime en fin de compte. Comme acteur, on peut uniquement puiser dans notre expérience personnelle pour interpréter un rôle. Bien sûr, je n’ai pas personnellement vécu d’attaque extraterrestre, mais je peux quand même imaginer ce que c’est d’être envahi par un autre pays, par des gens avec une religion et des convictions différentes qui voudraient opprimer mon peuple. On doit toujours trouver des liens avec la réalité. C’est surtout important de croire à la situation dans laquelle son personnage est plongé, et de trouver des correspondances avec sa propre vie.
 
Tahmoh Penikett
 
Karl Agathon ne devait pas revenir à l’origine dans Battlestar Galactica
 
Tahmoh Penikett : Non, je devais mourir dans la minisérie…
 
Le public l’a tellement apprécié qu’il est demeuré dans l’émission. Selon vous, qu’est-ce qui rend ce personnage si attachant?
 
Tahmoh Penikett : Je pense qu’il était très bien écrit dans la minisérie. Dès le début, on saisissait immédiatement la personnalité de ce jeune homme, grâce à cette scène où tout explose autour de lui. Il ne reste qu’un seul siège à bord du vaisseau qui évacue la population. Karl aperçoit le plus grand génie de Caprica, et juge que cet homme mérite davantage d’être sauvé que lui-même pour la survie de l’humanité. Ce geste à la fois brave et altruiste en dit long sur le personnage, dès sa première apparition à l’écran. Au cours des cinq années qu’a duré l’émission, il a beaucoup évolué, mais ce premier geste laissait entrevoir tout son potentiel.
 
Vous êtes aussi connu pour votre rôle dans la série Dollhouse. Comment est-ce de travailler avec Joss Whedon? 
 
Tahmoh Penikett : Tout le monde aime Joss Whedon (rires). Ça fait plusieurs années que les geeks savent à quel point il est génial, mais aujourd’hui, les studios le savent aussi. Il réalise des films disposant de 300 millions de dollars de budget, des films qui rapportent encore plus d’argent aux studios. Ce n’était qu’une question de temps avant que le secret ne s’évente, et que le monde entier ne réalise le talent de ce gars-là. Je suis vraiment content pour lui, parce qu’il mérite amplement tout le succès qu’il remporte. Travailler avec Joss était un véritable honneur, et un grand plaisir. J’espère bien que j’aurai encore l’occasion de travailler
avec lui. 
 
Tahmoh Penikett
 
Vous œuvrez surtout en télévision. Aimeriez-vous tourner davantage de films, ou est-il plus intéressant comme acteur de faire évoluer son personnage sur une plus longue période de temps?
 
Tahmoh Penikett : J’aimerais travailler davantage en cinéma. C’est aussi gratifiant pour un comédien de connaître le début, le milieu et la fin d’une histoire. De faire évoluer son personnage sur une période de deux heures, puis c’est terminé. On ne m’a pas encore proposé de rôles assez substantiels au cinéma pour combler mon appétit, et j’espère bien participer à plus de longs-métrages. Ça a toujours été mon rêve.
 
 
Tahmoh Penikett : C’est difficile d’en parler, puisque je ne sais pas ce que j’ai le droit de dire, ou non (rires)… J’ai déjà tourné quelques épisodes. L’émission trace des parallèles très intéressants avec l’histoire du Sud profond des États-Unis, en intégrant l’idée de la division, du racisme, de la tolérance…
 
On peut donc s’attendre à une autre série de science-fiction à saveur politique?
 
Tahmoh Penikett : Oui, en quelque sorte. J’espère que ça va fonctionner, parce que l’émission est bourrée d’acteurs fantastiques, et j’ai eu énormément de plaisir à tourner avec eux. Ça devrait être diffusé au début de l’année prochaine…