Euphony, un projet de jeu étonnant fait au Québec qui vous en mettra plein les oreilles

Alors que les nouvelles générations de consoles commencent à envahir nos salons avec leurs promesses de rendus toujours plus époustouflants, le jeu Euphony mise principalement sur l’ouïe, un sens encore trop peu exploité dans les jeux vidéo. 
 
Euphony

Euphony plonge le joueur dans une pièce sombre. Une note se fait entendre au loin, dont l’onde crée des vagues colorées sur les murs. En retirant des pans de murs, il faut se frayer un chemin à travers le labyrinthe afin d’en trouver l’origine. Rapidement, des sons supplémentaires se font entendre, compliquant la tâche de se repérer à l’oreille. Le but est de récolter le plus de notes possible dans un laps de temps limité, ce qui est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Pour cette raison, il est fortement recommandé de porter des écouteurs et d’augmenter le volume pour profiter pleinement de cette expérience sensorielle qui ne ressemble à rien d’autre.
 
C’est dans le cadre d’un cours de conception de jeux vidéo que l’idée d’Euphony a commencée à germer dans la tête des étudiants Jonathan Clermont et Ian Lafontaine du Centre NAD. Leur concept de départ tournait principalement autour de l’exploration d’un labyrinthe dans une vue subjective, mais au fil du temps et des diverses expérimentations, l’ouïe a fini par prendre une place prédominante. Durant les quelques mois des vacances d’été, ces deux artistes 3D ne possédant aucune expérience préalable en programmation sont parvenus à compléter un prototype fonctionnel grâce au moteur de jeu Unreal.
 
Ian Lafontaine et Jonathan Clermont

Même s’il constitue une expérience ludique s’adressant à tous, Euphony possède aussi des qualités didactiques, puisqu’il peut aider les malentendants à pratiquer les déplacements dans l’espace. C’est ce qui lui a valu de se retrouver parmi les quatre finalistes du « Serious Games Showcase & Challenge », un concours qui récompense des projets utilisant les mécaniques du jeu pour favoriser l’apprentissage. Les gagnants seront dévoilés à Orlando au mois de décembre, et les deux créateurs seront sur place pour présenter leur travail en compagnie des prestigieuses équipes du MIT et de l’Université de la Californie du Sud.
 
Euphony pourrait bien être disponible au grand public dans un futur rapproché, puisqu’il n’en coûte que cent dollars pour ajouter un titre sur le service de distribution numérique Steam. Il reste toutefois quelques améliorations à apporter, selon Ian Lafontaine. La gradation de la difficulté demande encore des ajustements. À part les musiciens, peu de gens trouvent plus de trois ou quatre notes lors de leurs premières parties. Les créateurs veulent également ajouter un tableau de scores, puisque pour l’instant, ils ne sont pas conservés en mémoire, mais déjà, le prototype est impressionnant.
 
Avec sa mécanique très originale, Euphony est un jeu dont on n’a pas fini d’entendre parler. Une autre preuve que le Québec est un terreau fertile pour les créateurs de titres triple A comme pour les développeurs indépendants.