Fantasia : 13 Assassins (Director’s Cut)

Le Festival Fantasia a fait salle comble hier soir avec la présentation de 13 Assassins de Takashi Miike, un film de samouraïs épique qui enrobe son histoire de vengeance dans une réalisation majestueuse.

Takashi Miike (Audition, Ichi The Killer) est non seulement le réalisateur le plus prolifique de notre temps (lançant parfois jusqu’à quatre films dans la même année), il est aussi le plus inclassable. Il a touché à la science-fiction, à l’horreur, à l’action hyper-violente et à la comédie noire musicale, en passant par le western et le long-métrage poétique. Peu importe le style qu’il aborde, le cinéaste y ajoute toujours sa touche très personnelle, et réussit coup sur coup à nous surprendre par son inventivité. C’est encore le cas avec 13 Assassins, un remake d’un film de Eiichi Kudo paru en 1963.

L’histoire se déroule dans le Japon féodal des années 1830, alors que s’achève l’époque glorieuse des samouraïs et que leurs katanas ne servent guère plus qu’à couper des radis. Malgré cette paix apparente, le seigneur Naritsugu règne en despote sur la population, qu’il torture, mutile et tue selon ses caprices. Comme il fait partie de la famille du Shogun au pouvoir, il est au-dessus des lois et peut agir en toute impunité. On confie donc au samouraï Shimada Shinzaemon (Kôji Yakusho) la tâche de venger les victimes innocentes et de tuer le tyran.

Shinzaemon réussira à recruter onze guerriers et un chasseur redoutable pour cette mission suicide. Malgré leur nombre, les 13 hommes tenteront leur chance contre le puissant Naritsugu et sa garde rapprochée de 200 soldats. Cette fois-ci, Takashi Miike ne nous sert pas le même anticlimax cinématographique que dans Ichi The Killer. Les tensions entre les deux groupes ennemis culmineront en une bataille spectaculaire où un village entier se verra transformé en piège mortel. Cette confrontation finale dure près de quarante minutes, et vaut à elle seule le déplacement.

Cette histoire de vengeance est étoffée par le jeu de qualité de l’ensemble des comédiens. Il y a longtemps qu’on a autant détesté un vilain à l’écran, grâce à la performance éblouissante de Gorô Inagaki dans le rôle du sadique Naritsugu. La réalisation possède tout le lyrisme visuel des films classiques de samouraïs, avec en plus un rythme bien moderne. La direction photo est magnifique, et produit de véritables cartes postales. À travers ses scènes de bataille d’une barbarie intense, le cinéaste se permet même quelques moments comiques, et touchants.

Avec 13 Assassins, Takashi Miike livre probablement son film le plus accessible, un chef-d’oeuvre qui pourrait bien le faire connaître auprès du grand public nord-américain. Le long-métrage sera présenté dans sa version intégrale (141 minutes) cet après-midi à 15h00, ainsi que le 7 août prochain à 17h00 au Théâtre Hall de Concordia.