Fantasia : Attack the Block

Présenté vendredi soir devant une salle comble et survoltée, Attack the Block constitue déjà l’un des moments forts de cette édition du Festival Fantasia, qui est pourtant à peine entamée. Voici un film qui n’a pas seulement beaucoup de personnalité, mais aussi une attitude sans compromis.

L’action se déroule dans un quartier mal famé du sud de Londres, un voisinage criblé par la criminalité où les gens se côtoient sans vraiment se parler. La cohabitation n’y est pas facile pour les résidents qui craignent de se faire taxer dès qu’ils mettent le nez dehors, mais la situation est sur le point d’empirer encore un peu. Par un soir de fête, alors que les feux d’artifices illuminent le ciel, une créature extraterrestre commet l’erreur de s’écraser sur le territoire d’un gang de rue local, avant de s’en prendre au chef de la bande. Pas plus impressionnés par ce monstre venu d’ailleurs que par toute forme d’autorité, les jeunes durs à cuire en font une affaire personnelle, et protègeront bec et ongles leur bloc appartement contre ce qui s’annonce être le début d’une invasion interplanétaire.

Comédie d’aventure qui repose davantage sur un scénario original et le jeu des comédiens que les effets spéciaux, Attack the Block est le premier long-métrage que Joe Cornish signe comme réalisateur. Il nous offre un récit de science-fiction inventif et rafraîchissant, rempli de scènes qui débordent d’adrénaline et parfois de gore, mais dont les cascades et l’action restent toujours à l’échelle humaine. Ici, le dernier rempart de l’humanité n’est pas une brigade d’élite armée jusqu’aux dents ou un groupe de scientifiques dotés de la plus récente technologie, mais bien une poignée de gamins de moins de quinze ans, équipés d’un arsenal improvisé et de leur débrouillardise. La bataille qui s’ensuit est un pur bijou de divertissement qui séduira tous les amateurs de film de genre.

À part Nick Frost qui tient un petit rôle dans le film, la distribution est majoritairement composée de jeunes talents inconnus qui livrent une performance exceptionnelle et donnent vie à ces délinquants juvéniles, tous plus attachants les uns que les autres. John Boyega, que l’on découvre pour la première fois à l’écran, vole carrément la vedette dans le rôle de Moses, le charismatique chef de bande qui réussira à rallier des locataires du bloc aux personnalités très opposées pour tenter de repousser les envahisseurs.

En plus d’une direction d’acteurs solide, l’ensemble de la réalisation frise la perfection technique : des images magnifiques, un rythme sans aucun temps mort, une trame sonore urbaine et envoûtante, des dialogues drôles et des monstres terrifiants. Que demander de plus? Attack the Block est rien de moins qu’un classique instantané.