Fantasia: Burke And Hare

Cette année, le Festival Fantasia remet un prix honorifique à John Landis pour souligner l’ensemble de sa carrière cinématographique, et présente pour l’occasion le film Burke And Hare, son premier long-métrage en douze ans.

Il y a de très bonnes chances que vous ayez déjà vu une oeuvre signée John Landis. Sa prolifique carrière, qui alterne entre humour et horreur, compte des classiques comme An American Werewolf in London, The Blues Brothers et Animal House, en passant par le célèbre vidéoclip Thriller de Michael Jackson. Après une absence remarquée, il nous offre Burke And Hare, un film qui marque son retour à la comédie noire, et qui sera projeté en présence du réalisateur ce soir à 21h30 au Théâtre Hall de Concordia.

L’histoire de Burke And Hare est inspirée d’un fait vécu. En 1828, les facultés de médecine de la ville d’Édinbourg sont réputées pour leur enseignement de l’anatomie humaine, qui s’effectue à l’aide de cadavres provenant de l’échafaud. Le jour où cette source d’approvisionnement est donnée en exclusivité au Dr Monro, les cimetières de la ville deviennent victimes de pillage, et le Dr Knox doit faire appel à William Burke et William Hare pour lui trouver des dépouilles de qualité. Les deux escrocs tenteront de répondre à la demande, quitte à précipiter un peu le décès de leurs concitoyens pour s’assurer de la fraîcheur de la « marchandise ».

Le film met en vedette un duo hors-pair composé de Simon Pegg (Shaun of the Dead, Hot Fuzz) dans le rôle de William Burke, et d’Andy Serkis (Gollum dans Le Seigneur des Anneaux) dans celui de William Hare. Pegg livre ici une performance avec plus de retenue qu’à l’habitude, mais les deux comédiens sont à la hauteur des attentes. Ils partagent la vedette avec Isla Fisher, dans le rôle d’une ambitieuse comédienne qui désire mettre sur pied la première production exclusivement féminine de Macbeth. On remarque aussi des apparitions de Christopher Lee, Tim Curry, Costa-Gavras et plusieurs autres.

Étrangement, pour une histoire où les cadavres s’empilent, John Landis réussit à conserver un ton assez léger à travers le récit, qui oscille entre morbide et slapstick. En trame de fond, il nous présente une Écosse aux prises avec la marche du progrès, une cohorte de personnages colorés, et une hécatombe tout à fait shakespearienne. Dans l’ensemble, la réalisation possède une facture très classique, mais devrait plaire à tous les amateurs d’humour grinçant.

Si vous ne pouvez vous déplacer ce soir pour assister à la présentation de Burke And Hare, une projection supplémentaire a été confirmée pour le vendredi 5 août à 21h45 au Théâtre J.A. De Sève. Vous aurez donc une seconde chance de découvrir ce film original, à la fois burlesque et gothique.