Fantasia : Critique de Game of Werewolves

En visionnant Game of Werewolves (Lobos de Arga), on saisit rapidement pourquoi le film a obtenu le prix du public lors de La semana de terror du festival de San Sebastian, faisant d'ailleurs de ce titre le premier film espagnol à remporter cet honneur en 22 ans.

Le long-métrage ouvre sur une mise en situation joliment illustrée et plutôt sympathique, qui n'est pas sans évoquer The Wolf Man (1941). Désirant perpétuer sa lignée, une aristocrate rigide se voit contrainte d'accepter un mariage de convenance. Par malchance, son époux est infertile. Bien décidée à avoir un enfant, celle-ci décide de violer un gitan. Afin de ne pas éventer la chose, elle exige le massacre de tous les bohémiens qui ce sont installés près de la ville d'Arga. Mais avant de périr, la doyenne des tziganes jette une malédiction à l'enfant que porte la marquise. Celui-ci, vit une enfance normale, jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de dix ans. C'est alors qu'il se transforme en loup-garou. Le mal tombe sur la région et Arga est ainsi condamnée à cette malédiction.
 
Suivant cette introduction, nous faisons connaissance avec Tomas Marino (Gorka Oxtoa), un jeune auteur qui n'a pas vraiment de succès, mais qui est tout de même invité à retourner à Arga, alors que les gens de son village natal désirent lui remettre un prix. Sans se poser de questions, le jeune homme remet donc les pieds dans la maison qu'il n'a pas visité depuis une quinzaine d’années, et renoue avec Calisto (Carlos Areces, The Last Circus) son copain d'enfance. Mais il ne lui faut que très peu de temps pour que Tomas réalise que la réception en son honneur est un leurre, et que toute cette mise en scène est liée à la malédiction qui perdure depuis un siècle. 
 
Game of werewolves
 
La suite des événements donne lieu à des scènes aussi sanglantes que cocasses. Abordé avec un plaisir contagieux, ce film, sans être aussi hilarant, parvient à faire pour le mythe du loup-garou ce que Shaun of the Dead à réussi avec les zombies et Tucker & Dale avec le film de type « slasher ». Campés par une distribution énergique, les personnages excentriques et caricaturaux possèdent tous un côté attachant, et ceux-ci risquent de vous surprendre quant à certains de leurs raisonnements qui sont prétextes à une petite dose d'humour noir bienvenue. Et si le comique est omniprésent, le spectateur en a également pour son argent avec les loups-garous. Il faut faire preuve d'un peu de patience avant de les voir, mais la conception des créatures est très satisfaisante, et les séquences les mettant en scène sont réjouissantes.
 
Au final, en plus d'être le film de loups-garous le plus divertissant depuis An American Werewolf in London, cette comédie d'horreur drôlement distrayante risque de figurer parmi les titres chouchous des festivaliers lors de cette 16e édition. 
 
Présenté le 3 août à 19:15 au Théâtre Concordia Hall
En présence du scénariste/réalisateur Juan Martínez Moreno