Fantasia : Critique Doomsday Book

Film d'anthologie nous provenant de la Corée du Sud et entremêlant horreur et science-fiction, Doomsday Book nous présente trois récits ayant pour thème commun la fin de l'Humanité.

Réalisé par Yim Pil-sung  (Hansel et Gretel) et Kim Jee-woon (A Tale of Two Sisters, A Bittersweet Life, I Saw the Devil) ce film à sketchs explore donc sous divers angles, la fin de la civilisation telle que nous la connaissons, le dénominateur commun des trois contextes imaginés étant l'Homme, seul responsable de sa propre perte.
 
Doomsday Book s'amorce ainsi par une fable environnementale à saveur horrifique intitulée A Brave New World. Yim Pil-sung y raconte la propagation d'un virus transformant la population en zombies. Après avoir consommé du bœuf contaminé dans un restaurant, les gens développent des comportements violents et voient leur libido augmentée. Il n'en faudra pas plus pour que la situation devienne rapidement hors de contrôle. S'inspirant d'événements bien réels tels la grippe aviaire, l'épisode de la vache folle ou l'épidémie de l'influenza, ce segment tente de nous sensibiliser aux risques liés à notre surconsommation et à son impact sur le cycle alimentaire. 
 
La seconde proposition, The Heavenly Creature, agit tel un conte philosophique sur la condition humaine, sur notre évolution et notre rapport avec les machines et la technologie. Dans un futur proche, un robot qui servait à diverses tâches dans un monastère prétend être la réincarnation de Bouddha. Un réparateur en robotique doit alors établir si In-myung, modèle RU-4 de la RU Industry est encore viable ou s'il doit être désactivé. En plus d'évoquer l'univers d'Isaac Asimov, ce chapitre mis en scène par Kim Jee-woon est certainement le plus profond, tout en étant, de manière esthétique, le plus abouti du lot. 
 
Doomsday Book
 
L'anthologie se conclut par le segment fantaisiste et humoristique Happy Birthday. Cherchant à remplacer une boule de billard appartenant à son père, une jeune fille s'empresse d'en commander une autre par internet. On nous transporte ensuite deux ans plus tard, alors qu'un astéroïde s'approche de la Terre. Il ne reste qu'une douzaine d'heures avant l'impact qui risque d'anéantir la planète. C'est alors qu'en regardant le bulletin de nouvelles, la jeune fille réalise que la catastrophe est liée à sa commande effectuée sur le web deux ans auparavant. Ici, en dépit de la fatalité de l'événement, Yim Pil-sung aborde son sujet avec une folie décalée, se permettant une parodie d'info pub plutôt cocasse et des segments d'un téléjournal bourré de moments aussi absurdes que comiques. Enfin, sa conclusion nous laisse sur une note d'espoir.
 
Malgré la lourdeur de la thématique réunissant les récits que composent Doomsday Book, le film, jamais moralisateur, ne tombe guère plus dans le pathos et parvient même à livrer une introspection des plus intéressantes sur nos agissements et leurs éventuelles conséquences à plus ou moins long terme. S'il s'agit de l'objectif que s'étaient fixé les réalisateurs, on peut leur dire : « Mission accomplie! »
 
Présenté le 27 juillet à 18h45 au Théâtre Hall
En présence du coréalisateur et coscénariste Yim Pil-sung