Fantasia : Critique The Sorcerer and The White Snake

Le réalisateur Ching Siu-tung, à qui l'on doit la série de films Histoires de fantômes chinois (le premier est magnifique) s'est lancé dans l’adaptation d'une très ancienne légende chinoise, ayant pour résultat le long-métrage intitulé The Sorcerer and The White Snake.

Serpent Blanc et Serpent Vert sont deux sœurs qui aiment bien observer les humains. Un jour, Xu Xian, un herboriste, se promène non loin de l'endroit où vivent les deux femmes-reptiles appartenant à la classe des démons. Cherchant à donner une leçon au jeune homme un peu trop aventureux, Serpent Vert l'effraie, lui faisant perdre pied alors qu'il escalade une montagne. Serpent Blanc, intriguée par Xu Xian et qui aimerait bien connaître l'amour, décide de lui sauver la vie et parvient à le charmer à l'aide d'un baiser magique. L'Idylle naissante entre ces êtres ne sera pas sans conséquence, surtout lorsqu'un moine bouddhiste dont la mission est de chasser les démons découvrira la chose. 
 
Ce drame fantastique qui m’apparaissait prometteur à la vue de la bande-annonce se révèle au final plutôt décevant. La mise en situation nous présentant le personnage campé par Jet Li (ce moine chasseur de démons) semble donner le ton à ce qui sera un heureux mélange d'arts martiaux et de fantaisie, mais il en est tout autrement quant à l'ensemble de la production. The Sorcerer and The White Snake mise finalement davantage sur la romance entre le Serpent Blanc et sa conquête. Cette histoire d'amour est certes au cœur de la légende, mais le traitement est tellement sirupeux qu'on a le sentiment qu'il s'agit d'une transposition d'un roman Harlequin dans un univers fantaisiste. Pas tellement ma tasse de thé.
 
Avec des effets générés par ordinateur à la limite de l'acceptable (pour ne pas dire douteux par moments) et des personnages animés tels qu'une souris, une tortue et un lapin qu'on retrouve de temps à autre dans le récit, on a l'impression que le long-métrage s'adresse surtout à un public âgé entre 10 et 12 ans. Les créatures maléfiques qui s'en prennent aux humains sont rarement menaçantes et les chorégraphies sont correctes, sans plus. D'ailleurs, les scènes d'action se font plutôt discrètes. Il y en a bien quelques-unes, mais elles sont noyées dans les effets spéciaux, faisant en sorte que les combats ne sont pratiquement jamais corps à corps. Les fans de Jet Li seront sans doute heureux de le voir à l'écran, mais ce dernier passe malheureusement plus de temps à méditer qu'à faire la démonstration de ses talents en arts martiaux. 
 
Dans l'ensemble, certaines images sont très jolies et quelques séquences bien menées (le premier combat dans un paysage hivernal entre le moine et une sorcière vêtue d'une toge d'un rouge écarlate séduit), mais il n'y a rien de véritablement extraordinaire pour emballer le spectateur familier avec ce type de cinéma. Dommage.
 
Une deuxième représentation a lieu le 7 août à 16h, au Théâtre Hall