Fantasia: Detention

La première internationale du second long-métrage de Joseph Kahn (Torque), Detention, avait lieu vendredi soir à la salle Hall, en présence de Kahn, du co-scénariste canadien Mark Palermo, du rappeur torontois Organik et de l’actrice principale, Shanley Caswell (Le Mentaliste, Bones). Et ceux qui ont manqué le film entièrement produit par Kahn devraient s’en mordre les doigts longtemps (aucune date de sortie n’est encore disponible pour le film qui a finalement trouvé un distributeur).

Detention est une comédie d’horreur de type slasher entremêlée de science-fiction, de voyage dans le temps et de films pour adolescents. Il raconte l’histoire de Riley Jones, une adolescente suicidaire qui va à l’école secondaire de Grizzli Lake en compagnie de toutes les classes sociales habituelles (elle fait partie des losers). Mais la banlieue tranquille où elle réside est maintenant menacée par un tueur en série portant le masque d’un tueur de films d’horreur, Cinderhella. S’ensuivent alors une série de rebondissements plus échevelés les uns que les autres qui pousseront Riley et son ami Clapton à voyager dans le temps afin de sauver le monde.

Rempli à ras bord d’éléments sans queue ni tête et de références culturelles et sociales, le film de Kahn pourrait se résumer en 2 mots: dément et hilarant. Empruntant autant à Frissons qu’à The Breakfast Club et de nombreux autres longs-métrages s’adressant à un public adolescent, le tout semble assez déjanté et incohérent. Mais il fonctionne. En effet, le scénario, les acteurs et la réalisation du film en font un tout remarquablement bien ficelé et drôle, très drôle. Et malgré tous les efforts de Kahn et Palermo afin d’en faire une oeuvre actuelle (même aux dépens de sa longévité), ce qui est aussi réussi, Detention est tellement bourré de clichés et de références qu’il n’est pas uniquement amusant pour la génération présentement au secondaire, mais bien pour tout le monde.

Detention assis sur le trottoir

Ce qui rend aussi le long-métrage si singulier est l’intelligence avec laquelle il a été fait, se démarquant d’autres films similaires (ex.: Film de peur, Pas encore un film d’ados) par une imagination débordante et des personnages intéressants. Et si l’on considère les maigres moyens et les difficultés de production du film (courte durée de tournage et de la pré-production, acteurs difficiles à convaincre, etc.), il apparaît clairement que pour Kahn, la nécessité est effectivement mère de l’invention.