Fantasia : Entrevue avec Paul Campion, Gina Varela et Matt Sunderland

Quelques heures avant la première nord-américaine de The Devil’s Rock, j’ai eu l’occasion de discuter avec le réalisateur Paul Campion et deux des acteurs du film, soit Gina Varela et Matt Sunderland.

Pour le bénéfice de nos lecteurs, pouvez-vous élaborer au sujet de l’intrigue entourant The Devil’s Rock?

PC - L’histoire se situe durant la seconde guerre mondiale, à la veille du Jour J. Deux soldats néo-zélandais ont pour mission de saboter un repère nazi, afin de détourner l’attention d’Hitler pendant le débarquement en Normandie. Arrivé sur l’île où ils doivent faire exploser l’artillerie, ils entendent des cris étranges provenant d’un bunker allemand. Sur place, ils seront témoins d’un théâtre macabre relié à des séances sataniques perpétrés par les nazis.

Vous avez deux courts-métrages à votre actif, mais il s’agit de votre tout premier long-métrage. Quel a été votre plus grand défi?

PC – Je serais porté à dire le court laps de temps que nous avions. Le scénario a été écrit en février 2010 et nous avons commencé la production en août 2010. Nous n’avions que 15 jours pour filmer, ce qui a compliqué les choses. Mais nous avions l’opportunité de le faire pendant que The Hobbit était retardé. C’était maintenant ou jamais. Autrement nous aurions perdu presque toute notre équipe.

Vous avez vous-même travaillé sur les effets visuels de la trilogie The Lord Of The Rings, est-ce que vous poursuivez toujours dans ce domaine ou vous vous concentrez désormais sur votre carrière de réalisateur?

PC – J’ai délaissé mon travail à titre de spécialiste d’effets spéciaux depuis quelques années afin de pouvoir me concentrer uniquement sur mes propre projets de films.

Je crois que vous avez quand même participé à la création de plusieurs des effets visuels sur votre premier film?

PC – Oui. Pas le choix, c’est un film au budget modeste. J’ai donc fait ce qu’on appelle du matte painting. Je crois que j’ai dû en faire plus que la combinaison de tous les films auxquels j’ai contribué de cette façon.

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Tout comme dans votre premier court-métrage vous abordez l’occultisme. Croyez-vous à ces pratiques ou vous êtes plutôt fasciné par le sujet?

PC – C’est un sujet fascinant. Particulièrement dans le cinéma d’horreur où l’on peut faire ce que l’on veut avec la sorcellerie et les démons. Est-ce que j’y crois? Non. Mais j’aimerais bien partir à la chasse aux fantômes et en croiser un. L’Angleterre est réputée pour ses nombreux lieux apparemment hantés. Je suppose que si les fantômes existent vraiment, ça modifie ta perception et doit te faire réfléchir sur tout le reste.

Pouvez-vous élaborer sur le processus d’écriture, puisque vous avez écrit votre scénario en collaboration avec deux autres auteurs, Paul Finch et Bret Ihaka.

PC - Je suis arrivé avec l’histoire originale. À partir de là les choses se sont passées très vite. Un ami m’a informé de la possibilité d’avoir accès à une équipe pour le tournage. Il fallait donc soumettre un scénario dans un délai de 7 jours pour obtenir du financement. J’ai demandé à Paul Finch s’il était prêt à écrire le premier jet du scénario. Il a accepté. J’ai révisé et retiré quelques passages en fonction du budget. Précisant qu’il n’y avait pas assez de contenu «national», la Commission du film de Nouvelle-Zélande a refusé de financer le projet. Nous avons donc retravaillé le scénario pendant quelques semaines et l’avons représenter. Il a finalement été accepté.

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Gina Varela et Matt Sunderland, pouvez-vous nous parler de vos personnages et de votre expérience sur le plateau?

GV – C’est un rôle qui est tombé du ciel. J’ai toujours voulu jouer dans un film d’horreur et ce rôle (un démon) qu’on me proposait ne pouvait pas être plus à propos. Une fois le contact établi avec Paul, on m’a demandé de passer chez Weta Workshop afin de faire la fonte de la tête pour les maquillages. Découvrir la Weta Cave fut une expériences extraordinaire. Un terrain de jeu où j’ai pu voir plusieurs des monstres et créatures ayant marqué mon enfance. Quant à la façon d’aborder le personnage, Paul et moi avons discuté de quelques pistes. Je crois que le résultat de cette transformation avec les maquillages au milieu de ce décor inquiétant a été un réel plaisir.

MS – J’incarne Klaus Meyrer, colonel nazi en charge de la division des affaires occultes. Sa position l’amène à découvrir un livre noir contenant diverses incantations ouvrant les portes de l’Enfer. Mon rôle a exigé de la recherche historique. Il y avait beaucoup de préparation à faire en peu de temps. Le processus était rapide et c’est bien. Globalement, ce fut une expérience amusante.

Juste avant de vous inviter à rejoindre Paul, il me confiait que le fait d’avoir à diriger des acteurs dans un contexte de long-métrage le rendait nerveux. Comment était la relation entre vous et lui?

MS – C’était super. Dès le premier jour, il nous a fait sentir que nous pouvions contribuer, nous permettant de participer au développement de l’histoire.

GV – Étant donné ses connaissances en cinéma d’horreur, nous savions que nous pouvions faire confiance à Paul. Nous étions entre bonnes mains!

PC – Pendant tout ce temps, j’étais quand même pétrifié (rires)!

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Avant de vous laisser, quels sont vos projets à venir?

MS – Il y a ce western post-apocalypique dans lequel j’ai joué qui est présentement en postproduction et un court-métrage que j’ai écrit sera réalisé.

GV – Je participerai à une comédie romantique avec des éléments d’horreur. Une histoire de vampires. Le tournage est prévu pour l’an prochain. Entre temps, je me prépare à aller passer quelques semaines à Bollywood!

PC – Je développe un nouveau scénario. Le récit se déroule encore pendant la deuxième guerre mondiale, mais cette fois je m’inspire d’un fait véridique. Il y a également la possibilité de travailler sur un film d’action. J’aimerais beaucoup exploré ce genre. Tout dépend du financement en fait.

(Source des photos: Caroline Cloutier)