Fantasia: Entrevue avec Xavier Gens, Michael Biehn, Jessica Blanc et Michael Eklund pour le film The Divide

Projeté en grande première canadienne ce soir à 21h30 au Théâtre Hall, The Divide s’annonce comme un sombre thriller à saveur post-apocalyptique qui risque d’en ébranler plus d’un. En véritable fan que je suis, c’est avec beaucoup de fébrilité que j’ai pu m’entretenir avec le réalisateur Xavier Gens, mais aussi avec Michael Biehn, que vous avez pu voir dans The Terminator et Aliens. Jennifer Blanc, actrice (et épouse de Biehn), ainsi que le comédien Michael Eklund étaient également présents.

Pouvez-vous renseigner nos lecteurs sur le récit de votre plus récent film?

Xavier Gens – L’histoire réside autour de huit personnages devant se réfugier dans le sous-sol de leur building suite à une attaque nucléaire. D’abord confrontés à Mickey (joué par Michael Biehn), l’intendant du building légèrement paranoïaque suite aux événements du 11 septembre 2001, ils manqueront rapidement de nourriture. Ces individus perdront peu à peu la raison et de nombreux conflits émergeront de la situation.

Michael Eklund – Je ne savais pas qu’il s’agissait d’une attaque nucléaire (pince-sans-rire)! J’aurais juré que la cause de l’attaque n’était pas définie (l’équipe s’esclaffe)! Maintenant je comprends…

Voulez-vous nous parler de vos personnages et de la façon dont vous avez abordé vos rôles?

Michael Biehn – Oui en fait, il y a justement une chose par rapport à notre travail dans ce long-métrage dont je voulais parler. Cela fait plus de 30 ans que je fais des films, et la manière dont nous avons développé nos personnages avec Xavier est un processus que je n’avais jamais expérimenté auparavant. Il y avait un scénario définissant les grandes lignes de l’histoire et un auteur sur le plateau, mais tous les acteurs ont été invités à développer le récit. Le tournage s’est fait entièrement de manière chronologique. Cela nous permettait de prendre librement certaines directions avec l’histoire. Le résultat final est génial et ce qui est vraiment intéressant, c’est qu’il n’était absolument pas ce que j’avais pu imaginer au départ.

Michael Biehn et Jessica Blanc

Par exemple, dans le scénario original, le personnage de mon collègue Michael Eklund ici présent n’avait que quelques répliques ici et là, sans plus. Mais ce qu’il a amené est… Merde, ce gars-là est un acteur exceptionnel! Lui et Milo Ventimiglia (Heroes) ont faits des trucs hallucinants, donnant beaucoup de chair à leur personnage. Et lors des improvisations, les gens devenaient souvent en colère les uns contre les autres…

Dans le film vous voulez dire?

MB - Oh non! Pour vrai, je te jure!

Jennifer Blanc - Et Xavier était ravi et se frottait sadiquement les mains!

Ça vous plaisait que vos acteurs soient en furie les uns contre les autres?

XG – Ouais! En fait, c’était vraiment utile pour le film. Les tensions bien réelles entre les acteurs se transposaient forcément dans leurs interactions sur le plateau. Certains étaient prêts à aller jusqu’au bout et d’autres moins, ce qui engendrait une division naturelle. Tout ce que j’avais à faire était de filmer.

ME – Ce qu’exigeait Xavier nous demandait une certaine forme de courage. En plus de l’exploration de nos côtés les plus sombres, nous suivions un régime particulier où nous devenions réellement affamés. Mettez huit acteurs avec autant de méthodes de jeu que d’égos dans une pièce, et vous obtenez forcément un mélange explosif! Pas étonnant que le film s’intitule The Divide.

À quoi peut donc s’attendre le public lors de la projection ce soir?

XG – Je crois que le public peut s’attendre à un film aussi violent que Frontière(s), mais cette violence est ici bien plus psychologique que graphique.

ME – Il n’y a pas d’emphase sur le gore et la violence n’est pas un simple prétexte de provocation. Tout se passe intérieurement, mais l’intensité est belle et bien présente.

JB – C’était déjà une expérience prenante que d’y participer en tant qu’actrice, mais le fait de le voir est tout aussi intense, vraiment!

MB – Je dirais aussi que c’est un film assez sombre et très dur. En même temps, Xavier oppose la laideur de ce que l’Homme est capable de faire à des images superbes et une musique prenante. Vous ne resterez pas insensibles!

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Vous avez exploré le cinéma d’horreur avec Frontière(s) et l’action avec Hitman. Vous venez de vous attaquer au suspense de science-fiction. Désiriez-vous toucher à un genre en particulier pour chacun de vos films?

XG – Non. Ce qui compte pour moi, c’est d’avoir l’opportunité de faire du cinéma avec un maximum de liberté. Ça n’avait pas été le cas avec Hitman. Le film a connu un succès commercial, mais je n’avais pas eu grand chose à dire. Toutes les décisions étaient dictées par le studio. The Divide est une façon pour moi de leur répondre: «Allez vous faire voir»!

En terminant Michael Biehn, sachant que j’allais vous rencontrer, je voulais brièvement vous parler du film The Victim. Quelques mots sur ce projet?

MB – Certainement! Il s’agit du premier film que j’ai écrit et réalisé et Jennifer l’a produit. Suite à ma rencontre avec Robert Rodriguez pour Grindhouse, j’ai eu envie de faire un film dans ce style. The Victim est un métrage à petit budget qui comprend à peu près tout ce qu’on aime retrouver dans un film d’exploitation. J’aimerais qu’il soit distribué l’automne prochain, mais rien n’est encore joué de ce côté pour le moment. Je vous promets que vous pourrez le voir bientôt!

*** The Divide devrait connaître une sortie en salles dès mars 2012, dans une version prolongée.