Fantasia : Sushi Girl

Amateurs de films d'exploitation ainsi que de l'univers de Quentin Tarantino, vous devriez vous régaler devant le menu que vous réserve Sushi Girl, premier long-métrage réalisé par le nouveau venu Kern Saxton.

Il va sans dire que c'est d'abord la distribution qui pique la curiosité. En effet, parmi la brochette de comédiens, nous retrouvons Tony Todd (Candyman), James Duval (le type déguisé en lapin dans Donnie Darko), Andie Mackenzie et Noah Hathaway. Plus jeune, ce dernier était de la version des années 70 de la série télé Battlestar Galactica. Mais plusieurs d'entre vous se souviendront peut-être mieux de lui en tant qu'Atreyu dans L'Histoire dans fin.
 
Apparaissent également dans le film Danny Trejo (Machete), Jeff Fahey (Lost, Planet Terror, Machete), Sonny Chiba (Kill Bill) et Michael Biehn (Terminator, Planet Terror, The Divide). Et puis il ne faudrait surtout pas oublier la présence remarquée de Mark Hamill. Bien qu'il ait prêté sa voix au Joker dans quelques films d'animation de Batman, mais également sur diverses séries animées et jeux vidéos, il y avait fort longtemps que l'on n’avait pas vu celui qui a incarné Luke Skywalker dans un rôle de composition au cinéma. 
 
Pour résumer, Sushi Girl raconte l'histoire de Fish (Hathaway), un criminel venant de purger une peine de six ans pour vol de diamants. Dès sa sortie de prison, il est attendu par une voiture qui le conduira à une soirée organisée en son honneur. Afin de célébrer son retour, Duke (Todd) a réuni toute la bande qui avait participé au crime six ans plus tôt. L'endroit isolé où se déroule les inquiétantes retrouvailles comporte une table, avec au centre, une jeune femme nue (Cortney Palm) étendue de tout son long sur laquelle est servi du poisson cru. Cette dernière ne doit pas flancher, peu importe ce qui se dira ou se passera durant ce qui sera finalement un terrible interrogatoire, puisque Duke aimerait beaucoup savoir ce qui est advenu des diamants.
 
Un peu à la manière du Reservoir Dogs de Tarantino, ce sombre huis clos tourne rapidement au bain de sang. Dans une orgie de torture, Fish doit donc répondre de ses actes auprès de Crow (Hamill), un personnage aussi sadique que maniéré et de Max (Mackenzie), un type impatient et brutal. Duke, l'hôte de cette soirée, observe la séance avec amusement et grand intérêt, mais Francis (Duval) lui, semble trouver que le petit jeu va trop loin. Son comportement étrange dissimulerait-il d'autres secrets?
 
De nouveaux soupçons émergent, les esprits s'échauffent, la tension monte, et c'est à l'aide de flashbacks que l'on découvre petit à petit ce qui s'est déroulé lors du fameux vol ne s'étant pas déroulé exactement comme prévu. Nous alimentant de surprise en surprise, Sushi Girl réserve bien quelques séquences habiles et des moments de tensions extrêmes (certaines scènes sont difficiles à regarder). Pourtant, il faut mettre sa patience à l'épreuve avant de pouvoir réellement se laisser entraîner dans l'univers du film. Suite au générique d'ouverture digne d'un grindhouse, les dialogues paraissent parfois clichés et le rythme du premier tiers semble un peu lourd. Passé ce stade, la production demeure toutefois suffisamment divertissante dans l'ensemble.
 
Même si le désir du réalisateur à vouloir rendre hommage au cinéma d'exploitation est on ne peut plus sincère, il est difficile de faire abstraction du fait que plusieurs autres cinéastes ont récemment tenté l'expérience avant lui. En revanche, il ne faudrait pas s'arrêter à ce détail et bouder son plaisir. Surtout lorsque ce titre marque le retour d'un Mark Hamill en pleine forme, comédien aperçu trop peu souvent sur grand écran depuis la première trilogie des Star Wars.
 
Présenté le samedi 21 juillet à 19h00 au Théâtre Hall
En présence des acteurs Mark Hamill, Tony Todd, James Duval, Noah Hattaway, Andy Mackenzie et Michael Biehn
 
 
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