Fantasia : The Devil’s Rock

Véritable huis clos satanique, le premier long-métrage de Paul Campion The Devil’s Rock sera présenté ce soir en grande première nord-américaine, une autre primeur du Festival Fantasia.

Nous sommes en pleine deuxième guerre mondiale, le 5 juin 1944, à la veille du débarquement de Normandie. Pour détourner l’attention des troupes d’Hitler, les Alliés lancent plusieurs opérations de sabotage dans des territoires contrôlés par l’ennemi. Un commando néo-zélandais composé du sergent Joe Tane (Karlos Drinkwater) et du capitaine Ben Grogan (Craig Hall) débarque secrètement sur une île de la Manche pour saboter des installations nazies. Les cris de douleur d’une femme en provenance d’un bunker les incitent à dévier de leur mission pour tenter un sauvetage.

À l’intérieur, ils découvrent un carnage d’une violence extrême. Les corridors sont remplis de cadavres de soldats allemands gisant dans des positions grotesques, et il ne reste qu’un seul survivant, le colonel Klaus Meyer (Matthew Sunderland). Ce dernier révèle que des expériences occultes se déroulent sur la base. Un démon a été invoqué dans le but de s’en servir contre les forces alliées, mais il a sauvagement tué tous les militaires avant que Meyer ne réussisse à l’enchaîner. La créature infernale cherche maintenant à se libérer, et ira jusqu’à prendre les traits d’Helena, l’épouse décédée du capitaine Grogan, pour parvenir à ses fins.

Malgré une prémisse qui laisse présager la série B et l’excès, The Devil’s Rock est présenté avec une sobriété surprenante et un ton résolument adulte. Les images sont non seulement très léchées, mais en plus, la réalisation combine la facture d’un film d’horreur à celle d’un drame de guerre historique. Paul Campion a beaucoup d’expérience dans les effets spéciaux, ayant travaillé sur Le Seigneur des Anneaux, Les Chroniques de Narnia et Sin City, mais en dépit de sa longue feuille de route dans le domaine, il utilise les effets visuels avec parcimonie, et mise davantage sur une ambiance claustrophobique et le jeu des comédiens pour créer le malaise.

Craig Hall, Matthew Sunderland et Gina Varela (dans le rôle du démon aux multiples visages) portent littéralement le film sur leurs épaules, surtout que l’intrigue s’inscrit dans la pure tradition du huis clos. Il s’agit d’une histoire d’horreur classique comme on les aime, toute en subtilité et appuyée par une réalisation soignée. Paul Campion signe ici un premier long-métrage abouti et réussi. La projection de The Devil’s Rock se fera en sa présence, ainsi que celle des acteurs Matthew Sunderland et Karlos Drinkwater, ce soir à 21h30 au Théâtre Hall de Concordia.