Fantasia: The Last Ronin

Si vous étiez au théâtre Hall hier soir, vous avez peut-être eu la chance de voir la première montréalaise du film japonais The Last Ronin, qui était aussi l’unique représentation du long-métrage lors de cette édition du festival Fantasia.

Saigo no Chushingura en version originale se base, comme son nom l’indique, sur la légende des 47 ronins ayant vengé la mort de leur maître, Naganori Asano, acte pour lequel ils ont été condamnés à mort. Dans le film, l’un d’entre eux, Terasaka Kichiemon, a survécu, ayant reçu l’ordre d’aider financièrement les familles des samouraïs morts pour l’honneur. Mais alors qu’il termine sa mission 16 ans plus tard, il croise la route de Senoo Magozaemon, l’un des samouraïs ayant déserté la veille du combat, sans véritable raison. Le long-métrage suit alors Magozaemon, qui vit retiré avec Kane, une jeune femme qu’il a élevée et protégée toute sa vie. Lors d’un spectacle de bunraku (spectacle de marionnettes), un jeune homme issu d’une famille riche tombera amoureux de Kane, transformant ainsi les vies de la jeune femme et de Magozaemon, et révélant une vérité cachée depuis longtemps.

The Last Ronin est un drame historique typiquement japonais, si cela existe, racontant une légende populaire avec lenteur et calme. Magnifiquement filmé, souvent en extérieur, le film présente davantage les restrictions imposées à la classe des guerriers que la gloire des combats. Les prises de vue, tout comme la narration et la trame sonore font preuve de sobriété et ramènent à l’échelle humaine un mythe grandiose.

The Last RoninLe long-métrage ne met pas l’accent sur les batailles, mais bien sur les personnages et les drames et devoirs que chacun d’eux portent. Le travail des acteurs étaient donc particulièrement important et est impeccable dans le cas de Koji Yakusho (Soie, Babel), interprète de Magozaemon, et de Koichi Sato (Sukiyaki Western Django), interprète de Kichiemon. Ceci rend parfois le jeu de l’actrice tenant le rôle de Kane, Nanami Sakuraba (Summer Wars), restreint et figé en comparaison. Mais ce détail n’est rien dans l’ensemble de la tragédie présentée à l’image de la cérémonie du thé, pleine de silences et de rituels.

Bref, The Last Ronin était un film magnifique, dont les quelques longueurs étaient facilement effacées par le drame des personnages, le jeu des acteurs et la beauté des décors. À ne pas manquer si vous avez l’occasion de le voir.