Festival Fantasia : Critique I'll Follow You Down

Présenté en primeur mondiale ce dimanche soir dans le cadre du Festival Fantasia, I’ll Follow You Down du réalisateur Richie Mehta est un drame de science-fiction qui substitue les effets spéciaux par de l’émotion.
 
Erol a connu une enfance heureuse jusqu’à l’âge de neuf ans, lorsque son père s’est mystérieusement volatilisé sans laisser de traces pendant un congrès scientifique à Princeton. Douze ans plus tard, le jeune homme est devenu un brillant physicien, mais sa mère et lui sont toujours hantés par cette disparition inexpliquée qui marque chaque moment de leur vie. En mettant la main sur ses travaux de l’époque, Erol découvre que son père a effectué un voyage dans le temps duquel il n’est jamais revenu. Une nouvelle tragédie obligera le fils à retourner dans le passé à son tour pour tenter de « corriger » la situation, même s’il ignore quelles répercussions son intervention aura sur le présent.
 
I’ll Follow You Down est un drame de science-fiction au ton intime, doté d’un scénario intelligent et d’une réalisation soignée. Avec son rythme lent et les questions existentialistes qu’il soulève, le film de Richie Mehta mise davantage sur la psychologie des personnages que les visuels exubérants, ce qui n’empêche pas la direction photo de livrer de belles images. Son atmosphère rappelle beaucoup le Donovan’s Echo de Jim Cliffe. Malgré un soupçon de fantastique en trame de fond, le scénario aborde principalement les thèmes de la destinée, des conséquences qu’entraînent nos choix, et des liens profonds unissant les membres d’une même famille. 
 
Pour que ce genre de drame humain fonctionne, les comédiens se doivent d’être nuancés, et c’est majoritairement le cas dans I’ll Follow You Down. C’est avec plaisir qu’on retrouve Gillian Anderson (The X-Files). La comédienne joue ici dans un registre très différent de son célèbre rôle de l’agent Scully, et s’avère touchante dans la peau de la mère éplorée. En comparaison, la performance de Haley Joel Osment (The Sixth Sense) est un peu plus figée. Même s’il dispose de peu de temps à l’écran, Rufus Sewell (Dark City) réussit à imposer sa présence à travers le long-métrage. On apprécie également la présence de Victor Garber (Argo).
 
I’ll Follow You Down est une œuvre un peu plus cérébrale que le menu habituel de Fantasia, mais en dépit d’une certaine lenteur, ce film risque de plaire à ceux et celles qui apprécient une dose de philosophie dans leur science-fiction. 
 

I’ll Follow You Down est présenté dimanche le 28 juillet à 19h dans le cadre du Festival Fantasia