Festival Fantasia : Critique The Conjuring

The Conjuring prend l’affiche aujourd’hui dans les salles à travers la province. Inspiré d’une histoire vraie provenant des dossiers paranormaux d’Ed et Lorraine Warren, ce film confirme la place que s’est taillée James Wan parmi les grands du cinéma d’horreur.
 
La plupart des gens qui s’intéressent de près ou de loin aux questions de hantise et de possession ont déjà entendu parler d’Ed et de Lorraine Warren. Qualifiés de démonologues par certains, de charlatans par d’autres, c’est grâce à leurs enquêtes que le grand public a pu prendre connaissance des histoires surnaturelles les plus célèbres des cinquante dernières années, dont celle de la maison d’Amityville, ou encore celle de la famille Snedeker, racontée dans le film The Haunting In Connecticut. Présenté hier soir au Festival Fantasia, The Conjuring s’inspire du cas le plus terrifiant auquel le couple a été confronté durant sa longue carrière.
 
The Conjuring
 
Dans les années ’70, Carolyn et Roger Perron déménagent avec leurs cinq filles sur une ferme isolée du Rhode Island, sans se douter que l’endroit qu’ils viennent d’acheter possède un lourd passé. Dès son arrivée, la famille est la proie de phénomènes inexpliqués se faisant de plus en plus menaçants. Au début, ce ne sont que des portes s’ouvrant d’elles-mêmes, ou les horloges de la maison qui s’arrêtent toutes à la même heure, mais les fillettes en viennent rapidement à être tirées du lit par une main invisible, et la mère se réveille chaque matin avec des ecchymoses mystérieuses sur le corps. Désespérés, ils demandent alors l’aide des Warren pour chasser les esprits maléfiques de leur demeure.  
 
The Conjuring marque la première incursion de James Wan dans le drame basé sur des « faits vécus ». Il n’est pas évident de résumer dix années de persécution surnaturelle en moins de deux heures, mais le montage final a reçu l’approbation de la famille Perron, qui considère que le film de Wan est fidèle à leur expérience. Même si ce récit de hantise est somme toute assez traditionnel, avec une panoplie de manifestations paranormales qu’on a déjà vues ailleurs, le réalisateur de Saw et d’Insidious livre ici un long-métrage d’une redoutable efficacité, qui maintient le spectateur sur le bord de son siège du début à la fin, le faisant continuellement alterner entre appréhension et sursaut.
 
 
The Conjuring
 
En plus d’être dirigé de main de maître par un cinéaste qui connaît bien les ficelles de l’horreur, The Conjuring compte aussi une excellente distribution. Difficile de trouver mieux pour incarner le mythique couple Warren que Patrick Wilson (Insidious, Watchmen) et Vera Farmiga (Bates Motel, The Orphan). Le duo d’acteur fait preuve d’une chimie visible à l’écran. Lili Taylor impressionne par son interprétation de Carolyn Perron. La déchéance physique et morale de la mère de famille transparaît graduellement à travers le jeu de la comédienne. La direction artistique puise subtilement dans l’esthétique de l’époque, sans verser dans la reconstitution.
 
Que s’est-il vraiment passé sur cette ferme d’Harrisville? Seuls les membres de la famille Perron et le couple Warren le savent vraiment. Qu’on croie leur histoire ou non, The Conjuring est un divertissement qui possède toutes les qualités des films classiques de possession, comme The Exorcist ou The Amityville Horror