Jaguar XJ AWD 2013

Jaguar XJ AWD dans les Laurentides

Jaguar arrive en retard, très en retard, au bal des berlines de luxe à traction intégrale. Mais puisqu’elle est classe et qu’elle sait faire les choses, elle débarque avec panache! En effet, cette catégorie est dominée par les Mercedes-Benz Classe S, BMW Série 7, Audi A8 et Lexus LS, toutes des voitures offertes avec le rouage intégral, si populaire en notre nordique contrée. La Jaguar XJ a beau être belle, elle ne pouvait plus se faire justice. Pour reprendre l’image d’un collègue à l’imagination fertile, la XJ avait le physique de Mitsou avec les jambes de la Poune! Désormais, les jambes sont aussi fort attirantes…

J’ai été plutôt surpris d’apprendre que la XJ de nouvelle génération, apparue en 2011, n’avait pas été dessinée pour recevoir un rouage intégral. Ce qui m’apparait un extraordinaire manque de vision. Cependant, lorsqu’elle a été développée, Jaguar venait d’arriver dans le giron de Tata, le constructeur indien. Peut-être que les fonds n’étaient pas suffisants à ce moment. Toujours est-il qu’il a fallu apporter plusieurs changements aux suspensions et au châssis pour parvenir à insérer un rouage intégral. Quant au rouage lui-même, Jaguar n’a pas eu à chercher l’expertise bien loin : Land Rover, maitre des 4x4, appartient aussi à Tata…

 

Normal, neige ou dynamique?


Les ingénieurs de Jaguar ont effectué un excellent boulot. En temps normal, la XJ se comporte comme une propulsion. Selon le mode choisi (Normal, Snow ou Dynamic), l’accélération et le coefficient de friction, le pourcentage de couple expédié aux roues avant passe de 0 à 100 %. Par exemple, sur une route parfaitement sèche à vitesse de croisière en mode Normal, tout le couple est expédié à l’arrière. Lors d’un départ, entre 5 et 10 % sont transférés à l’avant. Par contre, une accélération en mode Neige, répartit le couple 30/70, donc 30 % à l’avant. Mais lors d’une accélération, peu importe le mode, alors que les roues avant reposent sur pavé sec et que les roues arrière sont sur de la glace vive, 100 % du couple ira aux roues ayant la meilleure traction.

Tout ceci peut sembler très « chiffré » mais, sur le circuit de Mécaglisse où nous avons pu pousser les voitures dans un environnement sécuritaire, nous avons constaté que les différents modes influent beaucoup sur le comportement de la voiture. Ainsi, sur l’anneau de glace, tandis que nous nous amusions à « drifter » en mode Neige, le rouage intégral et l’électronique replaçaient toujours la voiture dans la bonne direction. Lorsque le mode Neige est activé, la XJ s’élance à partir du deuxième rapport, réduisant encore davantage le patinage des roues. En mode Dynamic, réservé à un usage sur piste, alors que tous les systèmes électroniques sont désactivés et que la puissance est dirigée aux roues arrière seulement, il fallait user de doigté pour que la voiture demeure dans une trajectoire à peu près correcte. Un collègue américain, un peu trop fougueux avec l’accélérateur, l’a appris à ses dépens… et aux dépens du coffre d’une XJ, passablement enfoncé!

Nous avons même pu jouer au Land Rover en faisant du hors route avec des Jaguar! Mécaglisse avait prévu un parcours fait de terre meuble (quoique durcie un peu par le froid), et c’est avec un plaisir certain que nous nous sommes amusés à mettre des XJ en travers du circuit. Là, le rouage intégral prenait tout son sens! Mais je serais curieux de savoir si les propriétaires de XJ de 90 000 ou 100 000 $ vont s’amuser d’une telle façon!

En fait, il existe un réglage pour à peu près toutes les conditions. Toutefois, la plupart des gens laisseront les réglages de base s’occuper de tout et en seront parfaitement heureux.

 

Un nouveau V6


Mais la XJ 2013 ne compte pas que sur un rouage intégral sophistiqué pour se faire une place au soleil. Elle peut aussi compter sur un nouveau V6 suralimenté de 3,0 litres, fortement dérivé du V8 de 5,0 litres qu’il remplace. On retrouve déjà ce V6 dans les versions Ultimate. Certains collègues l’ont trouvé plus rugueux que le V8 mais, franchement, je n’ai pas remarqué. Sans doute que s’ils n’avaient pas su qu’il y avait un V6 sous le capot, ils n’auraient rien dit… En accélération, les 340 chevaux et 332 livres-pied de couple déboulent très linéairement dans une sonorité que seul un moteur suralimenté peut créer. Ce moteur, plus compact – donc plus léger que le V8 – consomme, selon Jaguar, 15 % de moins. À noter que les V8 5,0 litres surcompressés (470 et 510 chevaux) continuent à être offerts mais seul le V6 peut recevoir la traction intégrale. L’automatique ZF à huit rapports est optimisée pour réduire, aussi, la consommation d’essence.

Jaguar a également profité de l’occasion pour nous faire conduire des prototypes XF AWD. Mal leur en prit… à la fin des neuf vagues successives de journalistes (oui, oui, au lieu que nous allions assister à un lancement international en Europe, c’est l’Europe qui s’est rendue dans les Laurentides!), deux XF avaient été passablement amochées… Le rouage intégral est du même type que celui de la XJ et son comportement, pour le peu que nous ayons pu en faire l’essai, est très similaire. Tout au plus ai-je noté un accélérateur un peu moins progressif sur la XF. Mais, rappelons-le, il s’agissait de prototypes… et de prototypes malmenés en plus! Le moteur est le même, soit le V6 suralimenté et sa puissance et son couple sont identiques à ceux du 3,0 litres de la XJ.

 

Sur la route…


Pour en revenir à la XJ AWD, son comportement général est celui de la berline à propulsion. Puissance, souplesse et silence de roulement sont au rendez-vous. Si vous vous sentez à l’étroit dans une XJ (et à plus forte raison dans une XJL – à empattement allongé), l’achat d’un autobus serait à considérer. La tenue de route est relevée, encore plus avec le rouage intégral lorsque le sol est recouvert de neige ou de glace, les accélérations sont hop la vie (Jaguar prédit un 0-100 km/h en 6,4 secondes en route pour une pointe à 250 km/h, limitée électroniquement) et les freins sont à la hauteur des performances.

Bien entendu, l’habitacle d’une XJ (et d’une XF) est bourré de cuirs, et de bois, et de chrome, et de noblesse… et de découragement quand on pense qu’on n’aura jamais les moyens de posséder une telle bagnole…