L’automobile et l’électronique : des accessoires de plus en plus indispensables

Ce système permet de conserver automatiquement la distance programmée entre votre voiture et celle qui vous précède.

Jusqu’au début des années 80, les composantes électroniques étaient pratiquement introuvables dans les automobiles, même sur les modèles de luxe. Tout était mécanique, de l’odomètre aux commandes de climatisation. C’est à peine si les radios d’auto étaient à transistors. Puis, les constructeurs ont été obligés de raffiner la technologie de leurs produits pour ce qui est des moteurs et des transmissions afin de respecter les nouvelles normes environnementales imposées par les gouvernements. Il fallait également trouver le moyen de réduire la consommation de carburant.


Ce furent les débuts de l’injection électronique de carburant, de l’allumage électronique et de la gestion par ordinateur du moteur. Puis, les choses ont progressé tant et si bien que la climatisation est passée sous le diktat d’un système de commande électronique. Plusieurs automobiles plus luxueuses ou certaines voitures sport étaient même dotées de suspensions dont le réglage était géré par ordinateur. Au point que la puissance de computation d’une Cadillac 1990 était plus grande que les ordinateurs que la NASA avait utilisés pour envoyer un homme sur la lune.


De nos jours, l’électronique gère tout : le freinage, le comportement routier, la détection d’obstacles derrière le véhicule pour en arriver même à des voitures qui se stationnent toutes seules ou qui gèrent automatiquement la distance qui sépare votre véhicule de celui qui vous précède!


Les indispensables


Comme dans tout autre domaine, il existe des accessoires qui sont devenus indispensables pour la sécurité et d’autres dont on peut facilement se passer. Dans la première catégorie, on retrouve les freins ABS ou antiblocage. Ceux-ci empêchent les roues de se bloquer au freinage et de provoquer une perte de contrôle. Un capteur détecte la vitesse de rotation des roues et lorsque l’une ou plusieurs d’entre elles tournent moins rapidement, les freins sont alors modulés plusieurs fois par seconde afin que toutes retrouvent la même vitesse de rotation. L’ABS permet également de changer de direction en freinant et ainsi éviter un obstacle. Ces freins sont apparus au début des années 80 sur notre marché.


Quelques années plus tard, les constructeurs ont mis au point le système de stabilité latérale ou ESC pour « Electronic Stability Control ». Cette fois, des capteurs calculent la vitesse de l’automobile, la position du volant, la pression du pied sur l’accélérateur et les forces latérales de virage. Dès que la voiture commence à déraper, l’ordinateur de bord actionne les freins de manière sélective, provoquant la même réaction qu’un contrebraquage. En plus, la puissance du moteur et la vitesse sont réduites.


À eux seuls, ces deux systèmes ont permis de sauver bien des vies. Ensuite, les systèmes d’aide à la conduite sont devenus encore plus sophistiqués. Par exemple, chez Mercedes, certains modèles sont équipés d’un détecteur d’endormissement qui vous prévient en cas de perte d’attention. Chez Volvo, un radar urbain passablement complexe immobilise la voiture avant que celle-ci ne frappe un obstacle métallique.


Au fil des années, de plus en plus de véhicules sont munis d’une caméra de recul qui permet au conducteur de voir derrière le véhicule pendant la marche arrière. On a aussi équipé plusieurs modèles de radar de proximité qui avertit le pilote d’un obstacle imminent. Chez Ford, on fait également appel à des capteurs de détection latérale. Et même sur des modèles sous-compacts, il est possible d’équiper son auto d’un détecteur électronique de présence dans l’angle mort.


Toutes ces aides électroniques facilitent la tâche du conducteur. Il ne faut pas oublier non plus les régulateurs de vitesse qui gèrent automatiquement la distance qui sépare un véhicule de l’autre; distance établie par le conducteur au préalable. Enfin, tout récemment, certains modèles de luxe sont dotés d’un mécanisme de détection de chevauchement des lignes blanches qui ramène automatiquement l’auto dans la bonne voie. Nous ne sommes pas loin de la voiture à pilotage automatique.


Les gadgets superflus


Tous les accessoires électroniques ne sont pas indispensables cependant. Même si cela peut s’avérer éminemment pratique pour certaines personnes, les systèmes de stationnement parallèle automatiques ne sont pas essentiels. Pourtant, il ne faudrait pas se surprendre s’ils devenaient de plus en plus populaires, car ils ne sont plus l’apanage des voitures de luxe puisque Ford le propose dans plusieurs de ses modèles de grande diffusion, notamment la Focus. Bien qu’ils soient efficaces, ils ajoutent à la complexité mécanique de la voiture.


Un autre accessoire de gestion électronique qui est loin d’être indispensable est le système de gestion des fonctions de la voiture à l’aide d’un écran tactile ou d’un bouton de genre joystick. Il est vrai que cette approche permet de réduire considérablement le nombre de boutons de commande sur le tableau de bord, mais ce dispositif oblige le conducteur à quitter la route des yeux pour effectuer un réglage. C’est son plus grand défaut. Il existe bien des systèmes à commandes vocales, mais il faut admettre que cela n’est pas encore au point.


Au fil des années et des modèles, le nombre d’accessoires à commande électronique ne cesse de croître. Il y en a qui améliorent la sécurité et c’est tant mieux. D’autres voient leur utilité contestée. Malgré cela, ils continueront de proliférer et même d’être installés sur des voitures vendues à prix modique.