L'incroyable histoire du « caca-train » de New York

par Véronique Champagne - 37e AVENUE le 13 août 2015

Il fut une époque, pas si lointaine, où New York envoyait par wagons entiers les déchets solides de ses citoyens dans les campagnes à des fins de fertilisation... Attention aux déraillements!

 

Que fait-on avec les rejets de 7 millions d’habitants? Brutalement: c’est 1200 tonnes de matières fécales à gérer chaque jour pour l’île de New York. Jusqu’en 1988, la ville les faisait disparaître dans l’océan. Toute une mer de caca quotidienne… dans un écosystème qui n’en demandait pas tant.

Autre stratégie retenue sur la base que les déchets des uns sont les trésors des autres: filer les déchets via un « caca-train » jusque dans l’Ouest, où les déchets organiques (ou « biosolides »… bref, la merde) trouveront une utilité en agriculture. Le fameux fumier, ça vous dit quelque chose?

Sans surprise, au tout début du projet, en 1992, peu de fermiers ont levé la main pour recevoir un « char de merde » sur leur terre. Mais, rapidement, les bénéfices sur les récoltes ont été tels que plusieurs autres agriculteurs ont manifesté leur intérêt.

Résultat, le « caca-train » faisait deux voyages mensuels à travers le pays pour livrer sa précieuse marchandise. Jusqu’en 2012.

Les raisons de la disparition du train nauséabond? Purement financières: le transport était trop cher. Depuis, la moitié des « biosolides » sont toujours recyclés. Le reste va au site d’enfouissement.