L’Internet a-t-il détruit les marchés du film, de la musique et des journaux?

C’est ce que laisse entendre Robert Levine, l’auteur de Free Ride, dans le journal The Guardian. Pour Levine, elle est belle et bien terminée l’époque où un réseau de télé, comme NBC dans les années 80-90, occupait toute la place sur le marché américain de la télévision et engrangeait des fortunes avec des contenus originaux (The Cosby Show, Hill Street Blues, Seinfeld, etc.).

Logo NBCDans le domaine de la musique, il cite en exemple EMI, la maison de Pink Floyd et des Beatles qui a grandement réduit le nombre d’artistes de son écurie et couper des milliers d’emplois dans ses bureaux au cours des dernières années; au cinéma, le vénérable studio MGM qui a évité la faillite de justesse à la fin de l’année dernière.

 

Logo Apple RecordsCes entreprises productrices de contenus ont toutes le même problème : elles ne profitent pas suffisamment des revenus générés par leur propre ouvrage. Et selon Robert Levine, c’est la faute d’Internet et des entreprises du secteur des technologies qui ont bénéficié, légalement ou pas, de la valeur engendré par la musique, les films ou les journaux. Le site The Pirate Bay, par exemple, fait son argent en offrant illégalement la musique des grands studios; YouTube a bâti son modèle d’affaire en distribuant gratuitement des extraits d’émissions de télé financées par d’autres; Google a monté son empire en dirigeant les internautes vers des contenus qui ne lui appartiennent pas, etc.

Logo Pirate BayBref, les distributeurs et les créateurs de contenus n’ont plus les mêmes intérêts. Les coûts de distribution sont presque nuls, alors que les coûts de production d’une chanson ou d’un film n’ont pas changés.

L’auteur conclut qu’à long terme, les producteurs de contenus auront moins d’argent à investir pour faire connaître de nouveaux artistes, produire des émissions de télé ambitieuses ou encore des films plus originaux.

On pourrait rappeler à monsieur Levine que bien des entreprises de divertissement ont investi des sommes d’argent considérables au cours de la dernière décennie pour traîner en justice des utilisateurs, des sites web et toutes sortes d’entreprises pour vol de propriétés intellectuelles, mais qu’elles ont dépensées bien peu d’argent pour développer des modèles d’affaires et des services numériques qui seraient attrayants pour les utilisateurs.

Le livre de Robert Levine - Free Ride: How the Internet is Destroying the Culture Business and How the Culture Business can Fight Back – est disponible, en anglais, sur amazon.ca.

(Source: guardian.co.uk)