La 5G c'est pour 2020, mais les professionnels y investissent déjà des millions

Télécharger un film en une seconde sur son mobile sera possible dès 2020 grâce à la technologie 5G. Et même si cet horizon apparait bien lointain à l'heure où la 4G se déploie à peine, le secteur s'y prépare déjà.
 
La 5G sera avant tout pour l'utilisateur une révolution en terme de vitesse: alors que les standards actuels permettent au mieux des pics de débit 150 megabits/seconde, la technologie de 5e génération ira "au-delà du gigabit", expliquent des experts réunis mercredi et jeudi à Montpellier au colloque annuel de l'Idate.
 
"La 2G faisait de la voix, la 3G a introduit l'échange de données et donc de nouveaux usages, et la 4G est dans cette continuité. Mais la 5G sera une rupture car elle devra intégrer une masse énorme d'objets connectés, qui pourraient être 50 milliards en 2020", indique à l'AFP Viktor Arvidsson, directeur de la stratégie d'Ericsson France.
 
Il s'agira ainsi "d'inclure les besoins de dialogue différents" de ces machines - véhicules, appareils médicaux ou électroménager - alors que la 4G "cherche avant tout à satisfaire les besoins des téléphones intelligents et des tablettes", renchérit Frédéric Pujol, responsable du Haut débit mobile à l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate).
 
Quelque dix ans séparent chacune de ces technologies mobiles: "jusqu'à 2015 on sera en phase exploratoire, puis viendront trois années de pré-standardisation pour poser les concepts, puis deux ou trois ans de standardisation", explique le responsable d'Ericsson.
 
L'équipementier télécoms suédois est un des chefs de file du projet Metis, qui regroupe vingt-neuf acteurs du monde des télécoms et est doté de 27 millions d'euros de budget (une partie en provenance de la Commission européenne qui a consacré un total de 50 millions d'euros en 2013 à la 5G via des subventions).
 

Un standard mondial ?

 
Les membres de Metis sont majoritairement européens, mais on retrouve aussi le Japonais Docomo et le chinois Huawei.
 
Ce dernier a annoncé début novembre qu'il allait consacrer un total de 600 millions de dollars d'ici 2018 à la recherche sur la 5G.
 
Dès 2020, "les gens pourront télécharger des films en haute définition en une seconde" sur leur mobile, avait souligné à cette occasion Eric Xu, directeur général du géant chinois des télécommunications, qui table sur des débits moyens de 10 gigabits par seconde.
 
"Ce qui est important dans Metis, c'est l'harmonisation et la standardisation mondiales de la 5G. C'est pour cela qu'il ne regroupe pas que des Européens. Il y avait beaucoup de technologies concurrentes en 1G, 2G et aussi un peu en 3G, ce qui constitue un frein au déploiement. Il faut fédérer tout le monde autour d'un standard", résume M. Arvidsson.
 
Et devant la croissance exponentielle des données échangées par mobile - qui doublent chaque année -, la 5G aura aussi besoin de nouvelles bandes de fréquences pour acheminer ce trafic.
 
"Certaines fréquences hertziennes actuellement allouées à l'aéronautique et à la recherche spatiale devraient se libérer dans les prochaines années grâce à l'évolution des technologies. La 5G aura besoin de fréquences hautes, qui induisent aussi une portée réduite, mais ce sera parfait pour les objets connectés à l'intérieur d'une maison ou les flux vidéo dans une salle de conférence", explique M. Pujol.
 
Mais attention, "on n'est qu'au début de l'aventure 5G, et il est difficile de dire aujourd'hui , ce sera comme cela en 2020 ", prévient Viktor Arvidsson.