La fin est proche: l’ordinateur Watson plante les humains à Jeopardy!

Ordinateur WatsonEn tant qu’ancien double champion de Jeopardy! (non, je ne me lasse pas de le répéter!) j’ai eu un petit pincement au coeur en voyant les deux plus grands joueurs de l’histoire se faire planter par une machine. Mais en tant que nerd et ancien spécialiste de l’intelligence artificielle, c’était autre chose: rien n’a encore pu effacer le sourire béat que j’ai au visage depuis la fin du match d’hier.

Enfin: match, il faut le dire vite. Massacre à la tronçonneuse, plutôt.

Parce que si l’ordinateur Watson d’IBM était à égalité avec l’un de ses adversaires après la première demie (présentée lundi), l’illusion n’a pas duré bien longtemps. Une séquence d’une bonne dizaine de réponses correctes consécutives, deux “Daily Double” réussis avec des paris étranges genre 6435$, et les carottes étaient cuites pour Brad Rutter (le super-champion de tous les tournois de super-champions et le plus riche boursier de l’histoire de l’émission) et pour Ken Jennings (dont les 74 victoires consécutives ne seront sans doute jamais égalées.)

Au final, Watson avait quelque 34 000$ en banque, et les humains, des grenailles. Auront-ils l’occasion de se venger lors du deuxième et dernier match de la série, ce soir? J’en doute, mais pas question de rater l’émission quand même!

QUI EST WATSON? 

Récapitulons les faits: Watson est un superordinateur formé d’une centaine de serveurs Power7 d’IBM et doté de quelque 14 To de mémoire vive. Grosso modo, il a la puissance de 2 800 PC costauds. Mais pour les besoins du match, il n’est pas connecté à Internet: pas question de tricher en fouinant sur le Web pour trouver des réponses, il faut se contenter de ses connaissances acquises.

Watson reçoit les questions en format électronique. On ne lui demande pas de comprendre la voix d’Alex Trebek, ce qui simplifie quelque peu la tâche - autrement, il se pourrait que Watson ne puisse pas reconnaître certains mots, ce qui rendrait ses recherches drôlement plus aléatoires. Watson doit quand même interpréter le contenu de la question, trouver les mots-clés (et comprendre les jeux de mots) pour savoir ce qu’il faut faire. Puis, s’il est suffisamment confiant d’avoir la bonne réponse, il tente d’appuyer sur un déclencheur comme n’importe quel autre joueur - et il s’est fait battre de vitesse à quelques reprises.

Le plus impressionnant dans la performance de Watson? Il connaît des personnages de Saturday Night Live. Le plus bizarre? Comme il ne sait pas ce que les autres concurrents ont répondu, il lui arrive de répéter une mauvaise réponse. Et parfois, il dérape complètement s’il est obligé de donner une réponse envers laquelle il n’a pas du tout confiance, comme lors du Final Jeopardy d’hier où il a répondu “Toronto” à une question demandant une ville américaine. (C’est Stephen Harper qui va être content!)

En attendant la suite des événements ce soir, voici une vidéo qui décrit les grandes lignes du projet Watson: