Le F-150 soumis à des tests extrêmes

Le F-150 (à l'avant) se mesure au Toyota Tundra 2014, au RAM 1500 et au Chevrolet Silverado 2014

Récemment, Ford conviait les médias à son centre d’essais de Romeo au Michigan. Ce complexe, surnommé MPG (Michigan Proving Ground) par les employés de Ford, sert de terrain de jeux au constructeur américain afin de tester les nombreux véhicules de la compagnie, notamment le F-150. Bien entendu, le Guide de l’auto n’allait pas manquer ça!

L’horaire chargé de la journée nous force à nous lever dès 5 h 30 pour engloutir rapidement un copieux déjeuner et embarquer aussitôt dans l’autobus nolisé qui nous mènera de Pontiac à Romeo, un trajet d’environ 45 minutes. Le soleil est à peine levé et le brouillard intense ajoute une légère touche de mystère à l’événement. Il semble clair que chez Ford, on ne rigole pas avec les activités qui se déroulent au centre, ce que nous confirmera d’ailleurs plus tard le responsable de la visite en nous lançant le traditionnel : « What goes on at MPG, stays at MPG! » (Ce qui se passe au MPG demeure au MPG!).

Une fois l’entrée du site atteint, on remarque l’accès sécurisé, le poste de garde et la clôture avec barbelés qui donnent des allures de base militaire à l’endroit. La brume commence à se dissiper sur les 4 000 acres du site (la superficie de 3 000 terrains de football). On nous conduit ensuite à l’intérieur, dans une grande salle où des tables ont été aménagées temporairement pour l’occasion. On se croirait dans la cale d’un porte-avion américain! L’endroit est étonnamment propre et très bien aéré malgré les nombreux barils d’huile et la présence de plusieurs véhicules. Certains corridors sont cachés par un rideau alors que d’autres voient fièrement se dresser devant eux un agent de sécurité. Après une présentation rapide du F-150, du centre d’essais et des épreuves que nous devrons affronter, le responsable de la sécurité nous bombarde d’une quantité incroyable de consignes et de recommandations, toutes très strictes afin d’éviter les accidents.

Afin de prouver que le F-150 reste la camionnette la plus endurante sur le marché, les responsables de l’événement avaient organisé trois activités très représentatives des essais qui s’effectuent régulièrement au MPG. On avait même invité les trois principaux concurrents du F-150, le Chevrolet Silverado 2014, le RAM 1500 et le Toyota Tundra 2014.

Dérapages contrôlés


Les premiers essais débutent sur la piste gorgée d’eau située à l’intérieur du grand ovale. Pour l’occasion, des cônes, placés à des endroits stratégiques, nous permettent de simuler un changement de voie à grande vitesse et un freinage d’urgence. Ce premier exercice, bien que très instructif, ne permet toutefois pas de départager facilement les quatre véhicules. On remarque cependant que le F-150 et le RAM 1500 offrent une bonne garde au sol et un châssis très solide en plus d’être très bien insonorisés. À côté de ces deux camionnettes, la conduite du Chevrolet Silverado s’apparente davantage à celle d’une voiture, alors que le Toyota Tundra propose des suspensions beaucoup trop molles. Évidemment, on aurait aimé déraper un peu plus et faire quelques « 360 », contrôlés bien sûr, mais on nous avait bien à l’œil!

Remorquage extrême


Ce premier atelier terminé, on nous transporte ensuite au deuxième site, où chaque camionnette doit tirer une remorque de 9 000 livres (4 082 kg) tout en escaladant une pente inclinée à 7 %. Puis, en descente, on devra évaluer le système d’aide au freinage qui équipe les quatre véhicules. Cet exercice démontre à la fois la puissance du véhicule et sa facilité à gérer une charge aussi importante. Contrairement au premier exercice, il est facile de qualifier les capacités de chacun des concurrents. Sans trop de surprise, c’est le F-150 qui réussit le plus habilement l’exploit. Il atteint le sommet le plus rapidement et à une plus grande vitesse que ses concurrents. On remarque également une très bonne insonorisation, très appréciée lorsque la motorisation est poussée à la limite. Pour ce qui est du Chevrolet Silverado, il développe un peu moins d’énergie et semble très essoufflé dès le début de l’ascension. Il parvient tout de même à atteindre le sommet sans trop de problèmes. Quant au Toyota Tundra, il effectue une bonne montée grâce à ses 381 chevaux mais les suspensions molles et sa puissance mal répartie donnent l’impression de ne pas bien contrôler le véhicule. En descente, il ne fait aucun doute que le F-150 possède le meilleur système de freinage. Il est facile à activer (par une légère pression sur la pédale de frein) et garde les révolutions du moteur à un niveau sécuritaire et rassurant. Curieusement, le RAM 1500 ne prenait pas part à cet exercice, et espérons que cette absence n’était pas intentionnelle de la part de Ford puisqu’avec ses 395 chevaux, il aurait été un adversaire coriace…

Silver Creek 1


Le clou de la journée reste toutefois le parcours servant à tester la solidité du châssis et la robustesse des suspensions. Quatre sentiers de revêtement différent que l’on doit attaquer à des vitesses bien précises afin d’éviter la catastrophe. Sur le premier, on a installé des dos d’âne surdimensionnés (comme ceux des stationnements de centre d’achat) les uns à la suite des autres sur environ 200 mètres. À plusieurs reprises, l’instructeur nous mentionne qu’il faut garder une vitesse de 35 km/h et pas un seul kilomètre de plus. Pas très rassurant! Et dès les premières bosses, on compatit avec les pilotes d’essai qui effectuent ces tests à longueur de journée, c’est pratiquement inhumain! On se fait secouer autant qu’un pot de peinture dans une machine à brasser. Les trois autres trajets sont plus dociles et proposent des revêtements différents, dont de gros cailloux, des lignes creuses rapprochées et des crevasses assez profondes, atteignant parfois même 10 centimètres. Après quelques minutes au volant – et faites-moi confiance, c’est bien suffisant – les quatre concurrents se sont bien débrouillés. Outre le Toyota Tundra qui semblait vouloir tomber en morceaux et la suspension du Chevrolet Silverado qui gérait mal son débattement, le gagnant de l’épreuve fut évidemment le F-150 avec un châssis extrêmement rigide et un habitacle exempt de craquements.

Heureusement, il y a pire!


Bien que ces tests nous semblent extrêmes en comparaison à ce que l’on expérimente sur nos routes, les responsables de l’endroit nous ont confirmé qu’il existe des parcours encore plus éprouvants qui permettent de connaitre les limites physiques des véhicules. Ces tests sont tellement rudes que la compagnie restreint le temps d’essais des pilotes. D’ailleurs, le besoin constant d’effectuer des tests de plus en plus robustes a nécessité la création d’un programme de conduite robotisée. Prenant la place du conducteur, un module prend en charge la direction, l’accélération et le freinage du véhicule. Sa configuration lui permet de suivre un parcours bien précis en se basant sur les coordonnées GPS, obtenant ainsi une précision de quelques centimètres. Les ingénieurs suivent évidemment à distance le véhicule et peuvent le replacer sur le parcours ou tout simplement l’arrêter. Selon Ford, l’utilisation de robots pour les tests représente environ 70 % de tous les essais de robustesse faits au MPG.

Somme toute, une dure journée mais très instructive qui nous a surtout permis de constater que le Ford F-150 est en avance sur la concurrence au niveau de la robustesse, se classant même devant des modèles fraichement remaniés comme le Toyota Tundra et le Chevrolet Silverado. Il faut toutefois mentionner que plusieurs paramètres viennent influencer les différents tests et que dans l’ensemble, il s’agit de quatre camionnettes très compétentes et très robustes dont les performances satisferont pleinement la plupart des utilisateurs.