Le futur selon Toyota

Au récent Salon de l’auto de Los Angeles, l’invité d’honneur qui prononçait le discours d’ouverture était Jim Lentz, président de Toyota USA. Au lieu de ressasser de vieux et pénibles souvenirs (les nombreuses et couteuses campagnes de rappel…), Lentz a plutôt préféré parler de l’avenir. Et sa vision est intéressante…

Il a abordé trois points : la consommation d’essence, la connectivité et la sécurité. Reprenons les grandes lignes de son propos, assaisonnées de quelques commentaires personnels.
 

La consommation d’essence à la baisse

 
Le président de Toyota amorçait son discours en rappelant à l’audience que le nombre de modèles pouvant atteindre une consommation de 30 mpg (7,8 litres /100) avait progressé de 330 % en six ans. Cela inclut les véhicules à moteur à essence mais aussi les diésels, les voitures électriques et les hybrides. D’ailleurs, d’ici la fin de 2015, Toyota/Lexus prévoit lancer pas moins de 21 nouveaux modèles hybrides. De ce lot, toutefois, certains ne seront que des modèles redessinés. 
 
Même si les moteurs thermiques habituels s’avèrent de plus en plus efficaces et consomment de moins en moins, Lentz est convaincu que les hybrides ont toujours leur place. Soit dit en passant, les voitures hybrides, qui comprennent un moteur à essence et un moteur électrique, profitent, elles aussi, des avancées sur les moteurs à essence. Si ces autos ne représentent que 0,3 % du marché américain, ce pourcentage augmente à 14 chez Toyota/Lexus. C’est donc dire qu’elles occupent une place de choix pour certains constructeurs et que leurs investissements seront un jour rentabilisés. 
 
Même s’il n’a pas voulu s’avancer au niveau technique, Lentz a déclaré que Toyota travaillait à des « batteries avancées » (advanced batteries), plus performantes et sans aucun doute plus petites. Quant aux voitures électriques, le président de Toyota les trouve trop peu autonomes tandis que leur temps de recharge est trop long. Tout en poursuivant ses efforts pour promouvoir l’hybridation, Toyota se tourne un peu du côté des voitures à hydrogènes (fuel cell) et un modèle devrait être mis en marché en 2015. 
 
D’un autre côté, les voitures électriques branchables (plug in) ne sont plus une utopie. Mais, comme pour les voitures électriques tout court, le temps de recharge est un problème. Les stations de recharge sans fil sont de plus en plus demandées par les consommateurs mais leur réalisation tarde. Il s’agit de plaques sur lesquelles le propriétaire laisse sa voiture et qui rechargent les batteries sans autre forme de connexion.
 
Pour sauver des sous à la pompe, Lentz mentionnait également que les programmes de covoiturage prenaient de plus en plus d’ampleur aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Il s’agit d’un changement de mentalité important et peut-être qu’un jour, le covoiturage deviendra aussi populaire que la récupération l’est aujourd’hui, elle qui était honnie il n’y a pas si longtemps!
 
  

Connectés en tout temps!  

 
Au niveau des technologies de l’avenir, Lentz expliquait que lorsque les gens étaient à l’intérieur de leur voiture, ils désiraient être connectés en tout temps au monde extérieur. Ford propose son SYNC, GM son OnStar et Toyota son Entune. Ces technologies deviendront de plus en plus faciles à manipuler et à comprendre. Dans ce sens, Toyota travaille à une technologie d’aide à la conduite où le conducteur n’aurait qu’à bouger la main pour faire ralentir ou faire accélérer la voiture. Ce système pourrait fonctionner en collaboration avec un système de reconnaissance de la voix. Par exemple, la même main pourrait aussi faire monter ou descendre le volume de la radio. Un projet est déjà en cours. Une planche de skate sert de banc d’essai. Elle est dotée d’une tablette Windows 8 et de la technologie Windows Kinect. Je n’ai pas tellement hâte de voir cette technologie débarquer, moi qui ai déjà toutes les difficultés du monde à utiliser les fonctions de base de son BlackBerry…
 
Au Salon de l’auto de Tokyo, en septembre 2011, Toyota révélait un véhicule-concept baptisé Insect. Cette petite bête incorpore les toutes dernières avancées techniques dans le domaine des communications. Lorsque le système de détection des mouvements et de la figure détecte le propriétaire de la voiture, les phares clignotent. La personne n’a qu’à bouger la main pour que les portières s’ouvrent toutes seules. Une voix l’accueille (la personne pas la main!) par une phrase prédéterminée. Par la voix, le conducteur contrôle sa destination ou la station de radio.
 
 

Et la sécurité, elle?

 
De telles technologies semblent encore inaccessibles mais au moment où vous lisez ces lignes, nos voitures sont déjà dotées de freins ABS, de systèmes de contrôle de la traction et de la stabilité latérale, de systèmes de détection des collisions ou de la climatisation/chauffage automatique, bizone dans bien des cas.
 
Mais toute cette technologie a ses revers. Désormais, la plupart des provinces canadiennes et des États américains ont voté des lois pour régir l’utilisation des téléphones intelligents au volant. Il est à prévoir que cet étau se resserrera ou que les constructeurs trouveront une façon de bien intégrer conversations et textos à la conduite automobile sans que cela affecte la sécurité.
 
La sécurité devient aussi de plus en plus importante. Après les caméras de recul, Toyota pense à carrément voir à travers la voiture. En effet, lors du plus récent Digital Content Expo de Tokyo, Toyota présentait sa See-Through-Prius. Grâce à une technologie de « camouflage optique » (des matériaux qui reflètent des images prises par des caméras), il est possible de voir à travers la banquette arrière. 
 
Les technologies du futur sont nombreuses. Le discours de Lentz a quand même duré une bonne demi-heure! Toyota, comme tous les autres constructeurs automobiles, travaille d’arrache-pied à façonner le futur, autant au niveau mécanique que technologique. Les défis actuels et à venir sont grands mais les investissements en valent certainement la chandelle!