Le “gold farming”: une mine d’or (virtuelle) pour les économies émergentes

Les “gold farmers”, ces joueurs que l’on paie en véritable argent pour qu’ils ramassent de l’or virtuel à notre place dans les jeux en ligne, sont traités à peu près comme la bactérie mangeuse de chair par la majorité des citoyens de mondes virtuels, qui les considèrent comme une nuisance pour l’équilibre du jeu. Sans parler des éditeurs, qui les accusent d’usurper des revenus qui devraient être à eux. Mais ils ont au moins un allié en haut lieu, et pas le moindre: la Banque Mondiale. Rien que ça!

C’est qu’un rapport sur l’économie virtuelle rédigé pour le “programme InfoDev” de la Banque Mondiale, l’une des plus importantes institutions économiques sur la planète (et pas toujours exactement une amie de la gauche altermondialiste, disons), affirme que l’économie virtuelle est plus rentable pour les pays en voie de développement que l’économie physique.

Selon le rapport, le “gold farming”, une activité concentrée en Chine et au Vietnam qui compte pour 75% de toute l’économie virtuelle mondiale, emploie l’équivalent de 100 000 personnes à temps plein, surtout des jeunes, et génère des retombées de l’ordre de 3 milliards$ par année dans les économies émergentes. Mieux: l’argent de l’économie virtuelle se rend vraiment à destination, tandis que la majorité des revenus du commerce de produits agricoles, par exemple, est interceptée par des multinationales et ne se retrouve jamais dans les poches des producteurs.

L’étude prévoir aussi un bel avenir au “microtravail”: embauche d’Internautes pour identifier des images ou transcrire des bouts de livres numérisés qu’un ordinateur n’est pas capable de lire correctement.

Source photo par Julien Jorge, Wikimedia Commons