Le prix des voitures électriques appelé à baisser?

Non, le titre n’est pas un souhait de l’auteur de ces lignes. Si c’était aussi simple que ça, je passerais mes nuits à écrire des blogues pour que baisse le prix des Ferrari, des maisons, de l’épicerie, des cellulaires… Non, ce n’est pas un souhait, c’est une réalité. Parce que tant que le prix des voitures électriques et électriques à autonomie prolongée ne baissera pas, il n’y aura pas de réelle augmentation des ventes.

Oh, elles augmentent ces ventes. Aux États-Unis, par exemple, il s’est vendu, entre janvier et octobre 2012, 38 145 voitures électriques et électriques à autonomie prolongée contre 13 156 pour la même période en 2011. C’est trois fois plus, certes, mais cela ne représente à peine que 0,3 % du marché! Au Canada, en 2011, moins de 500 de ces voitures sans pétrole ont été vendues dans un marché qui a écoulé plus de 1 500 000 véhicules…
 
 

Voiture électrique et électrique à autonomie prolongée

Mais, avant d’aller plus loin, précisons qu’une voiture électrique est propulsée (le mot est un peu fort…) par un ou des moteurs électriques alimentés par une batterie. Lorsque cette dernière est déchargée, la voiture s’immobilise, tout simplement. Une voiture électrique à autonomie prolongée est dotée d’un ou de moteurs électriques aussi alimentés par une batterie, toutefois quand cette batterie perd trop de sa charge, un moteur à essence, qui agit comme un générateur, vient la recharger. Présentement au Canada, il y a peu de ces voitures. Parmi les modèles purement électriques, on compte la Nissan Leaf, la Mitsubishi i-MiEV et la Ford Focus EV. On peut aussi compter la Tesla, mais cette sportive ne sera vendue qu’en si petite quantité et à des prix si élevés que nous n’en tiendrons pas compte aujourd’hui. Quelques modèles s’en viennent : la smart Fortwo ED et la Honda Fit EV, entre autres. Pour le moment, une seule voiture électrique à autonomie prolongée est proposée. Il s’agit de la Chevrolet Volt. 
 
Les raisons pour se procurer une voiture électrique sont nombreuses : consommation d’essence et rejets polluants nuls, mécanique simple, silence de roulement, etc. Cependant, les raisons pour ne pas s’en procurer une sont tout aussi nombreuses : autonomie restreinte, temps de recharge trop long, cout d’achat, valeur de revente moindre.
 

De gros sous

Au moment d’écrire ces lignes, une Ford Focus EV se détaille 42 849 $. Une Focus Titane (dotée d’un bon vieux moteur à essence), équipée au bouchon se négocie pour 27 450 $. Ceci n’inclut pas les incontournables taxes ni les diverses réductions du constructeur ou, dans le cas du modèle électrique, du rabais gouvernemental de 8 000 $. Néanmoins même à 34 849 $ avant les taxes, la Focus EV demeure très chère. Et encore plus quand on considère qu’elle est une voiture strictement urbaine avec une autonomie théorique de 160 kilomètres. Il en faudra des coins de rue pour rentabiliser une Focus EV!
 
Mais pourquoi ces voitures sont-elles si dispendieuses? Elles sont fabriquées en très petite série et leurs batteries sont chères, ou plutôt le lithium qui les compose est cher. Très cher parce que très demandé : cellulaires, ordinateurs portables et, bien entendu, batteries de voitures hybrides, électriques et électriques à autonomie prolongée.
 
Pour le moment, la technologie des batteries avance à petits pas et il y a peu de chances que le prix de ces précieuses alliées diminue dans un avenir proche. La recherche dans ce domaine ne se fait pas sans heurt. Un très important fabricant de batteries du Massachusetts, très actif dans le développement, A123 Systems, s’est récemment placé sous la loi de la protection de la faillite (Chapter 11). Selon bloomberg.com, Hydro-Québec avait investi 1,5 million de dollars dans l’aventure... Même supportée par les millions de dollars du gouvernement américain, l’entreprise a été victime du marché. Alors que les prévisions parlaient d’un million de voitures électriques (et hybrides) vendues entre 2011 et 2015 aux États-Unis, à peine 10 % de ce chiffre a été atteint.
 
 

L’œuf ou la poule?

L’économie est une roue qui tourne (pas toujours à l’électricité, par contre!). Plus il y aura de voitures électriques, plus les prix diminueront. En revanche, pour qu’il y ait plus de voitures électriques, il faut que les prix soient bas…
 
Présentement, les divers gouvernements subventionnent l’achat de tels véhicules. Mais cette situation ne saurait durer plusieurs années encore. De leur côté, les constructeurs d’automobiles investissent de jolies sommes en recherche (Toyota et Ford, entre autres), mais, il ne faut pas se le cacher, la voiture électrique n’est pour eux qu’un outil promotionnel servant à démontrer au public leur intérêt envers la planète. Intérêt commercial, bien entendu… Et ils savent très bien que le public « vert » est prêt à mettre le prix, trop élevé fut-il, pour faire leur part pour l’environnement. Cependant, là où les gouvernements peuvent aider la cause de l’électricité, c’est au niveau des lois sur l’environnement. Plus elles seront serrées, plus les constructeurs devront s’ingénier à trouver des solutions.
 
Et c’est à ce moment-là que des sommes vraiment importantes, dans les milliards de dollars, seront investies dans la recherche sur les batteries. S’ils n’y sont pas obligés, les constructeurs ne le feront jamais. Après tout, ces entreprises sont là pour faire de l’argent, pas pour en dépenser.
 
La voiture électrique est là pour rester. Gagnera-t-elle en popularité parce qu’elle sera moins chère ou sera-t-elle moins chère parce qu’il y en aura davantage? Seul l’avenir nous le dira mais, un jour ou l’autre, son prix diminuera.